Aujourd’hui, la France vote. Toute la France ? Non ! Une poignée d’irréductibles « Grands électeurs » vont décider du sort démocratique de notre pays. Et selon toutes les prévisions, le Sénat devrait basculer à droite. Suite à ce scrutin, la Haute Assemblée élira son nouveau président. Or celui-ci, de par la Constitution, remplacera le Président de la République dans le cas où ce dernier serait dans l’impossibilité de gouverner. Après avoir voté à gauche en 2012, les français verraient alors un président de droite prendre le pouvoir en toute légitimité.
Chronique d’un coup d’état annoncé
En pleine décomposition, emmêlée dans des affaires de justice, une guerre des chefs et une faillite virtuelle, l’U.M.P. devrait pouvoir s’emparer du Sénat aujourd’hui. L’U.M.P. ne pourra jamais assez remercier François Hollande et sa cohorte d’élus socialistes pour sa victoire à la Pyrrhus.
Castor et Pollux de la politique à droite, Nicolas Sarkozy devrait permettre à Jean-Pierre Raffarin de s’emparer enfin de la présidence du sénat.
Selon l’article 7 de la Constitution, seul le très viril Conseil Constitutionnel, ancré à droite, peut déclarer définitif l’empêchement du président.
Toutes les clés du scénario sont dès lors réunies pour envisager un coup d’état en douceur.
L’opinion publique a même déjà été préparée à cette éventualité.
De très scientifiques sondages effectués par des instituts encore plus à droite que Manuel Valls nous expliquent tous les jours que François Hollande n’est plus soutenu que par les élus socialistes, soit moins de 1% des électeurs. La presse people, qui sert de référent intellectuel à la droite, nous révèle que François Hollande est même délaissé par ses femmes. Comment pourrait-il donc continuer à être notre président ?
Il ne manque plus que l’avis de médecins spécialistes dont la sensibilité politique n’est plus à démontrer. Des Diafoirus de circonstances nous apprendront alors la maladie cachée du président : une déprime à laquelle on aura attribué des mots grecs pour faire plus savant.
Ainsi, lorsque le président du sénat prendra le pouvoir, ce sera presque pour nous rendre service. Et un sauveur pouvant en cacher un autre, Castor Raffarin nous désignera Pollux Sarkozy comme l’homme providentiel dont la France a besoin.
Il se peut cependant qu’une femme triomphe de ce complot machiste. Sortie du même œuf que Pollux, fille du même Jean-Marie Zeus, dont les amis d’Algérie ont créé notre Constitution, Hélène de Troie, appelée ici Marine d’Hénin-Beaumont pourrait achever de convaincre les électeurs les plus récalcitrants.