Tempête dans un bénitier parlementaire

Article publié en 2015

Comment la démocratie française est-elle tombée si bas ?

D’un coté, un premier ministre décide de se comporter en monarque absolu et fait passer une loi parce que tel est son bon plaisir.

Rappelons à toutes fins utiles que ce premier ministre a été nommé par un président élu grâce aux électeurs de Gauche.

Rappelons à toute fins utiles que la Gauche est née de l’opposition au veto du roi.

Et c’est de cela dont il est question ici. De plus en plus de députés agissent non dans l’intérêt du progrès social ni même de leurs électeurs. Ils ne gesticulent que pour se faire remarquer, donner l’impression qu’ils existent. Alors ils préfèrent les actions inutiles, les tempêtes dans un bénitier parlementaire.

C’était l’idée de Manuel Vals, alors député de l’opposition, quand il dépose un amendement pour supprimer le 49-3 quand il sait pertinemment que cet amendement n’a aucune chance de passer.

C’est aujourd’hui l’idée derrière la motion de censure déposée par l’UMP et l ‘UDI. Sur le fond, ils accueillent la loi Macron avec un plaisir qu’il leur est difficile de dissimuler.

Thierry Mariani, ce que l’ont fait de plus à droite à l’UMP, convient qu’il voulait voter la loi Macron. En politicien de (trop longue) carrière, il prétend aujourd’hui qu’elle ne va pas assez loin. Et il est tout content d’avoir un reproche à lui faire sur le recours à la sous-traitance en matière de défense. Mais au fond de lui-même, il se réjouit de cette loi que la droite n’aurait pas eu les moyens de faire passer.

Les députés UMP et UDI ont déposé cette motion pour la simple raison que, mathématiquement, elle n’a aucune chance de passer.

  • L’objectif de l’UMP est de faire croire à leurs électeurs qu’ils représentent une opposition crédible, malgré Sarkozy, Bigmalyon, Tapie, Bettencourt, Karachi, Paul Bismuth, etc….
  • Quant à l’UDI, il ne s’agit que d’exister car personne ne les prend vraiment au sérieux. Dans leur cas, ce n’est plus la girouette qui tourne, ni même le vent, c’est bien l’UDI.

Le plus grave est qu’il en est de même à la gauche du P.S., ce no man’s land sans avenir.

Certains présentent une motion de censure tellement « alternative » qu’elle ne sera pas déposée faute de combattants. L’efficacité est un gros mot au Parlement.

D’autres, tel Serge Coronado, se joignent aux critiques mais ne voteront pas la motion de censure. Ils ne veulent pas voter avec la droite. C’est pourtant ce qu’ils ont demandé dans le Doubs.

Quelqu’un peut-il leur dire que la droite est déjà au gouvernement ?

Que leur faut-il de plus ? Hollande doit-il épouser un top model ?

Alors cette tempête dans un bénitier parlementaire ne fait qu’ajouter au sentiment d’incompétence et d’inutilité de ces pantins politiques. S’en rendent-ils compte seulement ? Le réveil risque d’être dur en 2017.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.