Droit de réponse à Thierry Mariani

Thierry Mariani m’a violemment attaqué dans un article du petit Journal, édition de Bangkok. Voici mon Droit de réponse.

Droit de réponse à Thierry Mariani © Français du Monde Thailande

La France a changé. Lorsqu’il a commencé sa carrière de député, il y a 23 ans, Thierry Mariani faisait pratiquement ce qu’il voulait. Il n'y avait peu ou pas de contrôle.

Aujourd’hui, suite aux affaires Cahuzac et Fillon, nous sommes plus exigeants, nous sommes moins indulgents : Nous voulons la transparence.

En homme du passé, Thierry Mariani ne comprend pas le nouveau rôle citoyen des réseaux sociaux.

Via internet, je lui ai effectivement posé trois questions. Il a préféré ne pas répondre et s’emporter.

Ces questions, quelles étaient-elles ?

  • Combien rémunère-t-il chacune de ses assistantes ?
  • Que fait-il du reliquat du crédit collaborateur ?

Je lui ai aussi demandé :

  • Qui a payé son voyage chez Bachar al Assad ?

On l’a vu. Thierry Mariani a préféré se mettre en colère plutôt que de répondre.

Alors je relève le challenge :

Thierry Mariani, acceptez-vous de débattre avec moi sur le rôle du député ?

Le débat portera sur trois aspects de la fonction de député :

  1. L’élection du député et son caractère démocratique… ou non ?
  2. Le rôle du député… selon l’article 24 de la Constitution Française
  3. La rémunération du député 

L’élection pourquoi ?

Cette année, 14 candidats se présentent dans notre circonscription. Ont-ils les mêmes chances de gagner ? Non ! Malheureusement Non, évidemment Non !

Il y a en effet deux types de candidats :

-          Ceux qui se contentent de faire acte de présence

-          Ceux qui sont là uniquement pour des raisons financières

Les candidats, qui ne sont là que pour des raisons financières, ont pour mission d’enrichir leur parti. Leur objectif : Réaliser 1% des suffrages exprimés. En échange, leur parti recevra 1,42 euros par voix pendant 5 ans. On parle ici de millions d’euros par an.

Les autres candidats n’ont même pas les moyens de faire imprimer leurs affiches ni leurs bulletins de vote.

Il fait dire qu’une campagne coûte cher. Pour gagner, il faut au minimum 100 000 euros : 50 000 euros pour la campagne et autant pour les frais de transport.

Thierry Mariani me reproche de ne pas être candidat. Ce n’est pas une question de courage. C’est une simple question d’argent. Je n’ai pas 100 000 euros à dépenser de cette manière. Il lui a fallu plus de 106 000 euros pour être élu en 2012.

Actuellement, il n’y a que 3 possibilités :

-          Soit on est suffisamment riche et prêt à risquer 100 000 euros.

-          Soit on est investi par un grand parti sûr de faire au moins 5% des suffrages exprimés, et on se fait rembourser.

-          Soit on ne se présente pas.

Compte tenu de mes moyens financiers, j’ai choisi la troisième solution.

J’ai pourtant des idées très précises sur ce que je ferais si j’étais député. Mais n’ayant pas les moyens de les mettre en pratique, et ne me reconnaissant ni chez les Socialistes ni chez les Républicains, je me contente d’écrire mes idées sur mon blog Mediapart.

Aujourd’hui, les français ont exprimé une demande de renouvellement du corps politique. Sans argent, c’est impossible !

Je peux déjà vous assurer que les deux candidats qui seront au second tour seront les deux qui auront le plus dépensé.

La seconde partie du débat portera sur le rôle du député :

Thierry Mariani aime à raconter qu’il est un excellent député puisque le journal Capital le dit.

Il est même l’un des plus actifs, nous dit-il : « je suis 19 jours sur 30 à l’étranger. » Mais qui le lui demande ?

L’article 24 de la Constitution Française est clair : Un député vote la loi, contrôle l’action du gouvernement, évalue les politiques publiques. C’est tout !

Et le même article précise que ce sont les sénateurs qui représentent les collectivités territoriales, non les députés !

Thierry Mariani n’est pas sénateur. Il n’a pas à dépenser l’argent des contribuables en voyages inconsidérés.

Un député n’est pas un élu local.  Il n’est pas une agence de tourisme. Son but n’est pas d’obtenir le maximum de miles pour en faire bénéficier je ne sais qui.

Son rôle est de voter la loi. Et on aurait préféré entendre Thierry Mariani nous dire quelles furent ses positions de vote au moment du vote des lois fondamentales qui ont égrené la dernière législature : CICE, mariage pour tous, refondation de l’école, transparence de la vie publique, nouvelle délimitation des régions, loi travail, loi sur la transition énergétique et la croissance verte, état d’urgence, fin de vie, déchéance de nationalité,….

Mais de ces sujets, il n’est étrangement jamais question.

Au lieu de cela, Thierry Mariani croit que son rôle député est de « faire avancer les dossiers ». Là, nous sommes en plein clientélisme. Le rôle d’un député serait donc d’interférer dans le travail des administrations locales. Mais un député n’est pas élu local. D’ailleurs, à partir de juillet, il sera interdit à un député d’exercer un mandat local.

Le troisième et dernier volet dans notre débat porterait sur la rémunération du député :

  • Faut-il baisser le salaire du député, aujourd’hui 5400 euros ?
  • Doit-il donner chaque année le détail de ses Frais de Mandat ? ( Cette dépense représente l’équivalent de son salaire )
  • Faut-il aligner le régime de retraite des députés sur celui des salariés du privé comme le parti de Thierry Mariani le réclame pour les autres fonctionnaires ? Et d’ailleurs, après 6 mandats, quel serait la retraite de Thierry Mariani ? 6000 euros ?

Et je demanderais à Thierry Mariani s’il a jamais financé son groupe politique avec le reliquat du budget alloué pour payer ses assistantes ?

Enfin, désolé d’insister, mais nous aimerions savoir qui a payé son voyage chez Bachar al Assad.

Voilà ce qu’à peu près je demanderai au député depuis 1993, Thierry Mariani, si nous avions à débattre face à face.

 

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