Jamais les français n’ont donné aux députés le mandat de former un gouvernement.
Un député relève du pouvoir législatif. Le gouvernement du pouvoir exécutif.
C’est donc au sein du pouvoir exécutif qu’il est pertinent de trouver nos futurs ministres. Et non pas au sein du pouvoir législatif.
Le pouvoir législatif est le lieu du débat.
Il est logique qu’il se décline en différentes visions et approches politiques.
Il serait même préférable d’y interdire la majorité absolue, qui empêche le débat.
Une assemblée démocratique est une assemblée où l’on discute, une assemblée où l’on se doit de faire des compromis pour assurer l’établissement démocratique de la loi.
Le pouvoir exécutif est le lieu de la décision.
Son rôle est de percevoir les recettes fiscales et d’assurer les dépenses publiques. Pour entrer au gouvernement, il est préférable d’avoir une certaine expérience de gestion d’un budget public évalué en milliards d’euros.
L’élection législative, comme son nom l’indique, a donné aux député.e.s le mandat de contrôler l’action du gouvernement, non de se substituer à lui. On ne peut être juge et parti.
Une fois compris le rôle de chacun alors oui, la France est gouvernable. Et d’ailleurs, elle l’est déjà : En France, le pouvoir exécutif est aussi exercé en région par les conseils régionaux et les préfets. Et il existe 18 régions en France.
L’urgence démocratique impose au président de nommer un tout autre gouvernement de la France afin de respecter le message envoyé par les français lors des dernières élections législatives.
Compte tenu de l’urgence économique, le président de la République pourrait dès demain nommer ces 18 président.e.s, ministres en charge de la gestion du pays.
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Suite à ces élections, les français ont érigé 4 courants politiques :
- L'Abstention
- Les Partis xénophobes
- La Gauche
- La Droite
On retrouve deux de ces nuances au sein des Conseils Régionaux :
5 femmes et 13 hommes, président.e.s de Région, représentent les nuances politiques suivantes :
- 7 élus de droite (5LR et 2 DVD)
- 5 élus de gauche (PS)
- 5 élus régionalistes (Outremer)
- 1 élu centriste
Ces présidents de région sont déjà Macron compatible. Ils et elles sauront travailler avec le président de la république.
Le budget des 18 régions françaises est certes dix fois inférieur au budget de l’état. Il reste qu’un président de région a l’expérience de l’exécution d’un budget établi en milliards d’euros.
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Président d’une assemblée composée de différents courants politiques, le président de région a l’expérience des compromis nécessaires pour assurer une ordonnance démocratique des deniers publics.
Élu d’abord au suffrage universel puis par ses pairs, le président de région possède la légitimité démocratique.
La proposition de nommer Huguette Bello, présidente du Conseil Régional de La Réunion était donc une proposition pertinente.
Seule, sa nomination ne pouvait pas être acceptée par le Président de la République; la nomination d’Huguette Bello manquait de soutien, même dans son propre camp.
Associée aux 17 autres présidents, sa nomination devient une évidence.
Un Directoire composé de l’ensemble des 18 présidents de région obtiendrait le soutien de la majorité de l’Assemblée nationale.
Un gouvernement des régions pour pallier la non-représentativité de la France périphérique.
On le sait, la France est une colonie de l’île de France. Dans les médias, la région Hauts-de-France et la région PACA se disputent parfois les miettes de la représentativité politique française. Mais rien pour les autres régions.
L’idée du directoire n’est pas nouvelle. Elle est même à l’origine de l’idée républicaine :
Lors de l’établissement de la Première République, le 21 septembre 1792, le pouvoir exécutif était aux mains du pouvoir législatif : le Comité de Salut Public au sein de la Convention Nationale. Cette confusion des pouvoirs a mené aux excès de la Terreur.
Lorsqu’il s’est agi de redonner de la stabilité à la jeune république après des années de monarchie, l’idée d’une séparation stricte des pouvoirs s’est imposée. Et naturellement celle d’un Directoire.
En 1795, le Directoire était composé de 5 codirecteurs.
En 2024, il en compterait 18, les 18 président.e.s de région.
Un Premier Ministre, combien de divisions ?
Aujourd’hui pas suffisamment de toute évidence.
L’avantage du Directoire est justement de les posséder toutes.
Toutes ? Non.
Le Rassemblement National ne serait pas représenté au sein de ce Directoire.
Et c’est exactement le message des français lors des dernières élections législatives :
- Au premier tour, un oui massif pour un Rassemblement National, force d’opposition.
- Au second tour, un non massif pour un Rassemblement National, chef de gouvernement.
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En fait, la dissolution d’Emmanuel Macron aura eu pour effet de transformer le parti de Marine Le Pen, en parti le plus riche de France dès l’année prochaine.
Et seul l’incompétence de ses dirigeants empêchera le Rassemblement National de s’emparer de la Présidence de la République lors de la prochaine élection présidentielle en 2027.
Le RN est certes le premier parti politique à l’Assemblée Nationale, avec 129 députés. Mais il a refusé d’endosser le rôle de parti d’opposition du gouvernement d’Emmanuel Macron. Préférant les marchandages avec le parti du président de la République, le RN a laissé cette place à La France Insoumise, qui aujourd’hui préside la Commission des finances, véritable organe de contrôle de l’action du gouvernement.
En fait, le rapport de forces nous a été donné lors du premier tour de l’élection de la Présidente de l’Assemblée Nationale :
- Nouveau Front Populaire : 200 députés
- Rassemblement Nationale : 142 députés
- Ensemble pour la République : 124 députés
- Les Républicains : 48 députés
- Horizons : 38 députés
- LIOT : 18 députés
Par le jeu des alliances des uns et des défiances des autres, la troisième force politique du pays a emporté le perchoir.
Un gouvernement est un rapport de forces. C’est d’ailleurs tout l’objet du débat. Le Directoire bénéficierait d’un rapport de forces favorables.
Quel député voterait la censure de président.e.s de région de son propre parti ?
18 directeurs pour 18 lignes budgétaires sonnent aussi comme une évidence face au marasme politique actuel.
Il reviendrait au président de la république de définir les rôles de chacun.
Certains présidents de région ont déjà été ministres. On peut imaginer Xavier Bertrand retrouver le ministère de la Santé et Hervé Morin celui de la Défense.
Ce qui définit un ministre, c’est sa capacité financière. Plus il peut dépenser, plus il est important.
Et il appartient au ministre des finances de définir les recettes fiscales et non-fiscales qui permettent ces missions de dépense publique pour chaque ministère.
Cette année, l’article 167 de notre dernière loi de finances a fixé les crédits de paiement pour l’ensemble des ministères à un peu plus de 582 milliards d’Euros.
Évidemment, nous ne possédons pas ces 582 milliards.
Mais ce sujet semble n’intéresser personne.
Le sujet du moment est juste de savoir qui pourra dépenser ce chèque sans provisions et devenir notre prochain Mozart de la finance.