Questions à Laurent Mucchielli (et à la sociologie conspirationniste)

Laurent Mucchielli est un sociologue pour lequel j’ai toujours eu beaucoup de respect.
Il est spécialiste des questions de délinquance/criminalité, et des politiques de sécurité qui leur répondent.

Pour moi, il est une référence dans ce domaine, c’est à dire que quand j’ai besoin de savoir/comprendre un truc  qui a trait à ces questions, je vais voir ce qu’il en dit, pour me nourrir d’un avis compétent.  Ce n’est pas le domaine qui me préoccupe le plus – par rapport aux OGM, aux relations entre science et politique, ou à la New Wave of British Heavy-Metal, par exemple-,  je ne lis pas beaucoup de choses sur ces sujets, mais ce que je lis de lui me donne toujours l’impression d’avoir affaire à quelqu’un qui prend en compte la complexité des problèmes et qui avance des explications de manière raisonnée en s’appuyant sur l’ensemble des faits disponibles, qu’il connaît et maîtrise bien. Il le fait notamment en opposition à la démagogie populiste des politiques « sécuritaires » qui sont mises en avant par les politiciens qui veulent faire croire qu’on peut soigner les maux de la société sans soigner le cancer qui ronge cette société à la base [là, je fais référence à l’économie capitaliste. Je le précise pour les conspis qui à ce moment ont pensé en hochant la tête que je parlais des juifs, des franc-maçons, des illuminatis, des extra-terrestres lézards à forme humaine, des communistes ou des fonctionnaires].

Par exemple, je me suis beaucoup  nourri l’an dernier d’un texte qu’il a relayé –  et comme c’est lui qui le relayait, j’avais a priori confiance -, parce qu’il savait résister à la pression ambiante et garder la tête froide et coller aux faits, à propos des dits « féminicides » (j’écris toujours ce mot entre guillemets, comme  à chaque fois que j’utilise un mot qui s’est imposé dans le langage bien qu’il n’ait aucun sens). En effet, comme j’étais très surpris d’une supposée flambée de meurtres de femmes au sein des couples - une idée qui s’était imposée essentiellement via des comptages militants sur des réseaux sociaux et dont je ne voyais pas à quelle évolution de fond cela pouvait correspondre dans des sociétés où les droits des femmes progressent vraiment et malgré tout -, je me suis tourné vers Laurent Mucchielli, en tant que spécialiste. Et j’ai trouvé via son intermédiaire une mise au point bien plus scientifique que militante, un texte de Laurent Puech  qui montre que les meurtres au sein du couple, en gros comme toutes les autres formes d’homicides, sont sur la longue durée en recul dans un pays comme la France.

Ce texte incarne bien l’idée selon laquelle la science vaut mieux que l’idéologie pour fonder nos action, et qu’il faut d’abord voir ce qu’il en est réellement avant de dessiner une politique que l’on espère efficace. Ce texte a aussi l’avantage de nourrir, sur la question des meurtres conjugaux, des considérations « zététiciennes » qui me titillaient, comme par exemple celle-ci : si vous voulez connaître la réalité de l’évolution d’un phénomène, ne comparez pas les données d’un mois d’une année X, ni même de toute l’année X à leurs équivalents de l’année X+1 . Certes, ça permet de dire des trucs du genre : « Les féminicides ont augmenté de 40% entre mars 2021 et mars 2022, c’est une flambée inquiétante », mais ça risque de se retourner lors de l’année X+2 où l’on aura constaté une évolution inverse  entre ces deux données isolées.  Non, si vous voulez avoir une idée un peu exacte de l’évolution d’un phénomène, ne faites pas ce genre de cherry-picking en sélectionnant deux données isolées, mais regardez une suite de chiffres globaux sur le long terme. Et donc, sur la durée, les meurtres au sein du couple sont en recul  assez net en France depuis 2006, c’est comme ça, et c’est tant mieux. Merci Laurent Puech via Laurent Mucchielli, on peut à partir de là sur des bases solides réfléchir à comment améliorer encore cette situation, voir quels moyens supplémentaires sont nécessaires  dans les structures qui ont permis ce recul, voir quelles évolutions de la société en arrière-plan ont permis cela et qu’il faudrait donc encore approfondir, etc.

Bref, Laurent Mucchielli est pour moi une référence. Surtout dans son domaine de compétences.

J’ai donc été assez halluciné de découvrir que le même Laurent Mucchielli – oui, oui, le même, pas un autre, c’est ça qui est dingue – a publié le 29 mars dernier sur son blog un texte d’Ella Roche intitulé « Pour soigner en France faut-il faire autant de Raoult ? », qui est une pure et simple reprise du discours conspi de Raoult et de sa tribu de supporters fanatiques, sur le thème : « On nous ment, le médicament dont on a besoin existe et il marche très bien à Marseille, c’est Big Pharma qui est derrière le gouvernement et qui empêche la diffusion de la vérité parce que le médicament est peu cher, et bla bla bli et bla bla bla ». On aurait à stade encore pu penser que le sociologue rigoureux Laurent Mucchielli publie ce texte en tant que document qu’il va exhiber pour montrer la manière dont se forgent des croyances, la façon dont les logiques complotistes se construisent dans un contexte précis, dans un groupe particulier, etc. Mais non, même pas : le texte est précédé de commentaires élogieux du sociologue, qui  estime que tout ça c’est du vrai journalisme d’investigation (sic), et qui intitule l’ensemble « Derrière la polémique Raoult, médiocrité médiatique et intérêts pharmaceutiques » et en rajoute encore une couche dans la complotisme anti « Big Pharma », comme un vulgaire militant antivaxx.

 Le texte de Laurent Muchielli commence par : « Je ne suis pas infectiologue ni microbiologiste, et je n'ai rien d'un complotiste. ».

Après lecture de son billet, on restera fermement convaincu de la première partie de son assertion, beaucoup moins de la deuxième.  Et on se dira que si le sociologue avait voulu illustrer jusqu’à l’absurde ce que développe Etienne Klein dans son tract  "Je ne suis pas médecin mais...", il ne s’y serait pas pris autrement. Non vraiment, je me demande encore parfois, plein d’espoir, si ce texte de Laurent Mucchielli n’est pas en fait un canular, une expérience qu’il aurait décidé de faire pour voir je sais pas quoi. [si c’est le cas, je trouve que c’est vraiment pas le moment, et que dans le contexte actuel c’est même de mauvais goût]

Le 29 mars, Laurent Mucchielli osait donc écrire ces quelques lignes qui montrent qu’effectivement non seulement il n’est pas infectiologue ni microbiologiste, mais qu’en plus il n’a pas beaucoup réfléchi aux enjeux liés à la recherche scientifique et à son développement en période de crise sanitaire :

« Nous sommes dans une situation de médecine d'urgence. Il faut trouver des parades mêmes imparfaites tout de suite, pas dans 3 mois quand tout sera fini. Les médicaments contenant cette molécule (l'hydroxychloroquine) existent depuis longtemps, des dizaines de milliers de personnes l'ont utilisé rien qu'en France ces dernières années, ils peuvent être efficaces à certains stades de l'infection (au début) et chez au moins une partie des malades. C'est ce qu'une équipe de spécialistes de réputation mondiale crie à qui veut l'entendre depuis plusieurs semaines. Et nous n'avons rien d'autre à proposer aux malades ! Il n'y a donc pas à hésiter une seconde, il faut autoriser tous les médecins à s'en servir. »

Ainsi donc, un sociologue de renom, qui a plutôt la tête froide et sur les épaules, participe à l’hystérie collective pour faire administrer massivement un médicament qui n’a pas fait ses preuves – il ne l’avait pas fait à la date du 29 mars, et d’une certaine manière il l’a encore moins fait aujourd’hui 29 avril –,  mais qui est à coup sûr susceptible de produire des effets secondaires sérieux (surtout dans l’association proposée par l’équipe du docteur Raoult). Ainsi un sociologue de gauche, connu pour tempérer les hystéries face à des paniques collectives en matière de délinquance, en est-il réduit à raconter sur ce sujet la même chose que la fachosphère ou qu’un Donald Trump, lui aussi grand prosélyte de la chloroquine et admirateur des travaux du bon Docteur Raoult. Ceci dit, face à la résistance de ses autorités de santé publique et face aux premiers résultats décevants voire inquiétants de certaines études non raoultiennes, Trump a changé son fusil d’épaule et semble désormais privilégier face à la COVID-19 la piste de l’injection de désinfectant  associée à une cure d’irradiation d’UV. Ben oui, comme le dit (en gras) Laurent Mucchielli , « Et nous n'avons rien d'autre à proposer aux malades !" ; et il faut bien d’urgence injecter quelque chose aux patients, ça peut pas faire de mal, injecter un truc…

Le texte de Laurent Mucchielli se conclut par un paragraphe encore plus consternant, en ce qu’il ne témoigne plus seulement de son inconséquence en matière de gestion d’une épidémie (il n'est pas épidémiologiste, mais...), mais parce qu’il touche là plus nettement au domaine de compétences qui est le sien. Et il le fait en révélant malheureusement une  propension à réduire l’approche sociologique à une vulgaire grille de lecture conspirationniste, ici croisée avec les errements de la sociologie relativiste des sciences - celle pour qui toutes ces querelles d’expert ne concernent pas la réalité et la manière de l’approcher au plus près grâce aux méthodes scientifiques les plus rigoureuses, mais ne sont en fait que le reflet de querelles de réseaux, alors que les thèses en présence ne sont que le camouflage théorique d’intérêts divergents : 

« 4- Les querelles d'experts à ce sujet sont tout aussi choquantes. Elles cachent non seulement quelques probables rivalités égotiques entre "grands pontes" de la médecine française (et il est clair que D. Raoult pratique depuis longtemps le mépris et la provocation envers ses collègues), mais probablement aussi des enjeux financiers pour l'industrie pharmaceutique et des conflits d'intérêts chez nombre de ces savants. Et ceci n'est pas une surprise. Nombre d'enquêtes de chercheurs et de journalistes d'investigation l'ont longuement documenté depuis une vingtaine d'années, au fil des polémiques sur l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS) devenue l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) en 2012, et sur son rôle dans les scandales du Mediator, de la Depakine on encore du Levothyrox, pour ne citer que les cas les plus connus du grand public. »


Comment réagirait Laurent Mucchielli, si quelqu'un qui n'est pas sociologue de la délinquance mais... venait expliquer que dans la situation de crise dans laquelle on est, avec tous ces meurtres et autres horreurs que l'on voit sur BfmTV, les querelles entre experts comme lui sont choquantes, et qu'il faut absolument rétablir la peine de mort, qui est immédiatement disponible et dont il est évident qu'elle va faire diminuer la criminalité ?

Par ailleurs, c’est une bonne idée d’évoquer le Médiator, M. Mucchielli. N’y a-t-il pas à son sujet des leçons à tirer sur le danger qu'il y a à donner largement un médicament même ancien mais mal évalué pour son nouvel usage, ou aux évaluations éventuellement bidouillées par ceux qui en font la promotion ?

Je n’entrerai pas plus ici dans le détail de la déconstruction de ce que Laurent Mucchielli dit (par sa plume ou via celle de l’auteure qu’il relaie) de la polémique autour de Didier Raoult. Je renvoie à ce propos à deux démonstrations plus larges :

- mon billet de mise en perspective sur  le populisme scientifique  appliqué au cas de Didier Raoult

- et surtout, à propos du fond scientifique de l’affaire,  et je renvoie pour cela à ce très gros travail d’Odile Fillod sur son blog intitulé "Je ne suis pas complotiste, mais...". C’est précisément une réponse au billet publié par Laurent Mucchielli, et pour cela elle détaille point par point tout ce qu’il y a à dire et à savoir à ce sujet, en renvoyant à toutes les études dont il faut connaître le contenu et la méthode pour se faire une opinion et commencer une phrase par « je ne suis pas épidémiologiste mais… ». Enfin, si tant est que ce genre de considérations scientifiques ait la moindre importance aux yeux du sociologue, qui balaiera peut-être tout ça d’un trait de souris en disant qu'« il n’y a là que querelle d’experts aux intérêts divergents, on ne me la fait pas, à moi », position qui permet de se donner des airs de « sachant », comme on dit sur l’excellente page Facebook Complots faciles pour briller en société  , et d'adopter une posture de penseur critique alors qu’on est juste en position de grosse paresse intellectuelle.

comlots-faciles

 

Je voudrais simplement poser deux questions à Laurent Mucchielli, et à travers lui à tous les conspis plus ou moins sociologues qui sachent et à qui on ne la fait pas, parce qu’ils connaissent l’expression « Big Pharma » et que la placer d’un air entendu est un argument autosuffisant à leurs yeux.

Question numéro 1 :

Laurent Mucchielli, quand vous dites à propos des querelles d’experts qu’ « elles cachent non seulement quelques probables rivalités égotiques entre "grands pontes" de la médecine française (et il est clair que D. Raoult pratique depuis longtemps le mépris et la provocation envers ses collègues), mais probablement aussi des enjeux financiers pour l'industrie pharmaceutique et des conflits d'intérêts chez nombre de ces savants », faites-vous allusion au fait que la fondation liée à l’institut de recherche du Docteur Raoult, l’IHU Méditerranée, a reçu selon Médiapart une contribution de 50 000 euros (voire 150 000 selon Raoult lui-même) de la part du laboratoire Sanofi [laissez-moi, traduire, amis conspis  : Sanofi, c’est « Big Pharma », justement ]. Or, Sanofi est le fabricant du Plaquénil, autrement dit de l’hydroxychloroquine que recommande Didier Raoult - et vous-même, Laurent Mucchielli, qui n’êtes ni épidémiologiste, ni complotiste, mais…

Vous la sentez monter en vous, la bonne grosse théorie conspirationniste en sens inverse ?

Non ?

Et pourquoi pas ?

Pourquoi vous n’appliquez pas la même grille de lecture facile au cas Didier Raoult comme à celui de ses opposants ?
Pourquoi « derrière la polémique » [comme le dit Laurent Mucchielli] n’y aurait-il des « intérêts pharmaceutiques » [comme le dit Laurent Mucchielli] que du côté des opposants à Raoult, qui refusent de distribuer massivement aux patients un médicament insuffisamment testé et à la balance bénéfices/risques potentiellement négative, plutôt que du côté de Raoult lui-même, qui est pourtant à la tête d’un institut de recherche dont le modèle de financement repose largement sur le privé comme le rapporte Médiapart, ou sur la course à la publication, comme le rappelle une camarade de la CGT-CNRS  ?

Pourquoi cette dissymétrie étrange ?

N’y a-t-il pas là une forme d’incohérence, voire de « médiocrité » (pour reprendre les mots de Laurent Mucchielli) ?

 

Question numéro 2 :

Donc, Sanofi est le principal laboratoire français à commercialiser l’hydroxychloroquine sous la forme de son Plaquenil. Or, Sanofi vient de publier le 27 avril dernier une mise au point sur son produit, qui dit entre autres que :

"À ce jour, les preuves cliniques sont insuffisantes pour tirer des conclusions sur l'efficacité clinique ou la sécurité d’utilisation de l'hydroxychloroquine dans la prise en charge de l’infection COVID-19. Des études cliniques plus robustes et à plus large échelle sont en cours pour évaluer la balance bénéfice/risque de Plaquenil® pour le patient atteint de l’infection COVID-19."

On a donc le principal fabricant français du produit miracle, susceptible d’en vendre tout plein si on suit les recommandations de Didier Raoult (et de Laurent Mucchielli, qui n’est pas épidémiologiste ni complotiste mais…) - avec certes une petite marge mais sur une très grande échelle, ce qui ferait toujours plein de pognon au bout du compte-, qui nous dit :

« Oh, doucement les gars, on va pas s’emballer, on n’a pas de preuves que notre produit marche contre la Covid-19, on ne va pas le recommander dans ce cas, attendons les résultats des recherches en cours [sous-entendu : indépendantes de celles de Didier Raoult]»

Chers amis complotistes (ce qui vous inclut ici, Laurent Mucchielli), j’aimerais savoir comment se passe la tempête dans vos crânes à ce moment de la réflexion? Il fonctionne comment le complot de Big Pharma, du coup, quand Big Pharma te met en garde contre les abus de son propre produit en en cernant les limites que toi tu ne veux pas voir ? Vous pensez qu’ils sont tellement méchants qu’ils choisissent de ne pas gagner plus d’argent en ne poussant pas massivement à utiliser la chloroquine, juste pour le plaisir de faire mourir des patients (à qui ils ne pourront plus vendre de médocs par la suite, parce qu’ils seront morts) ?

Du coup, en fait, Big Pharma, leur but, c’est pas de faire du pognon, mais  plutôt de tuer des gens (me demandez pas pourquoi, je sais pas, moi ; c’est vous qui sachez ce genre de trucs, moi j’ai pas été initié)

Chers complotistes, cher Laurent Mucchielli, elle est où, votre cohérence, quand vous êtes confrontés à ces données de la situation ?

Bon, je vous rassure, chez Sanofi, on aime faire de l’argent et on aime en distribuer plein à ses actionnaires, même ces jours-ci quand c’est encore un peu plus indécent que d’habitude.

Bref, le fabricant de Plaquenil est plus prudent et raisonnable que le buzz raoultien ne l’est.
Autant Raoult est maintenant en roue libre et n'a plus peur de rien, autant ces capitalistes soucieux de leurs intérêts se rendent-ils sans doute compte de ce que leur coûterait un retour de boomerang à base d'accidents en série façon Mediator, s'ils donnent l'impression d'avoir recommandé le Plaquenil contre la Covid-19 sur des bases scientifiques aussi légères.

Eux ne sont visiblement pas prêts à jouer toute leur existence sur le marché sur un coup de dés improbable, comme Didier Raoult est en train de jouer sa réputation voire sa carrière (notamment si l’Ordre des Médecin continue à s’inquiéter plus avant des  modalités potentiellement illégales sur la base desquelles Didier Raoult a monté ses expérimentations)

On ne peut pas non plus complètement exclure que les dirigeants de Sanofi soient  tout simplement des gens plus responsables que Raoult et ses relais (en même temps, la barre est placée tellement bas...).

Bref, j’espère que ce billet de Laurent Mucchielli était un accident de parcours, une mauvaise passe liée au confinement, et qu’il n’y a pas ces jours-ci chez certains sociologues marqués à gauche une sorte de malsaine émulation pour voir qui dira la plus grosse connerie complotiste. Si c’est le cas, je pense que c’est même pas la peine de concourir, le trophée reviendra forcément à Monique Pinçon-Charlot, désormais imbattable après avoir expliqué dans une vidéo que le réchauffement climatique est volontairement provoqué par les riches dans le but d’exterminer la moitié de l’humanité.

Face à ça, vous avez encore plusieurs longueurs de retard, Laurent Mucchielli, autant laisser tomber tout de suite la course aux complots faciles pour briller en société.

Yann Kindo

PS : Une remarque politique pour conclure.

 De ce que j’en perçois, l’affaire Raoult a montré des capacités sensiblement différentes de résister à la pente complotiste selon que l’on parle des milieux antilibéraux (comme Mélenchon) ou des milieux communistes révolutionnaires. Il me semble que  les gens qui ont une culture marxiste révolutionnaire ont été immédiatement rétifs à Raoult et à ses annonces de remèdes miracles pas ou mal testés (c''est vrai de Lutte Ouvrière, mais aussi des milieux communistes libertaires et même du NPA, pour le coup), alors que les milieux LFI et notamment leur chef suprême  sont bien plus réceptifs au populisme scientifique de Raoult.

Cela pourrait s'expliquer par les rapports particuliers de chacun à la science (ça colle bien pour LO,... mais alors pas du tout pour le NPA, qui d’habitude n'en a rien à carrer de la validité des études quand il s‘agit des OGM ou du glyphosate), mais ça s'explique sans doute plus largement par le rapport de chaque culture politique à la notion de "sauveur suprême" (peu appréciée chez les communistes révolutionnaires où l'on donne le primat à l'organisation collective rigoureuse, beaucoup plus en vogue chez ceux qui se cherchent un super leader qui va tout changer à chaque nouvelle élection présidentielle.).

PS 2 : Je suis pas complètement sûr, mais il me semble que tout cela a peut-être quelque chose à voir avec ce que développent Gérald Bronner et Etienne Géhin dans leur livre Le danger sociologique .

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