36% de climatosceptiques chez les jeunes Français?

Selon un sondage de 2019, 36 % des jeunes en France seraient climatosceptiques, c’est-à-dire bien plus que la moyenne nationale : 23%. Comment est-ce possible? Et quelle part de responsabilité porte d’Education nationale?

Un sondage réalisé par OpinionWay en avril 2019 a de quoi effrayer : 36 %, soit plus du tiers des jeunes Français (18-24 ans), ne croiraient pas au réchauffement climatique (voir lien vers le sondage en fin de texte).

On peut certes s’interroger sur la précision et l’exactitude de ce résultat, car un autre sondage de l’IFOP en décembre 2017 donnait plutôt une proportion inverse de 28 % de jeunes (18-24 ans) climatosceptiques sur une moyenne nationale tous âges confondus de 35 %.

Reste que, dans tous les cas la proportion de climatosceptiques chez les 18-24 ans serait de plus d’un quart et pourrait même être en train d’augmenter. Comment expliquer un tel phénomène, alors que l’on assiste parallèlement à une prise de conscience mondiale de la gravité du réchauffement climatique, notamment à travers des mouvements comme Friday for Future, initié par Greta Thunberg, ou XR - Extinction Rebellion ?

Une partie de la presse et des médias conservateurs jouent sans doute un rôle, même si plusieurs recherches ont permis de constater que les journaux dits « de gauche » ou « progressistes » pouvaient aussi être prompts à ouvrir leurs colonnes à ceux qui cherchent à instiller le doute ou la confusion.

Youtube y est sans doute aussi pour quelque chose, car selon une étude scientifique plus de la moitié des vidéos sur la grande chaîne du Net sont climatosceptiques.

Et il y a bien sûr l’Education nationale et notamment la géographie, discipline sans doute la plus susceptible de présenter ces questions aux jeunes dans les parcours scolaires et universitaires.

À ce titre, on peut qu’être stupéfait de constater l’importance des discours climatosceptiques chez de nombreux géographes, qui laissent croire via des livres ou des tribunes que le réchauffement climatique ne serait pas grave, ou qu’il pourrait constituer une « opportunité » favorable pour les sociétés.

D’ailleurs, de très nombreux manuels universitaires de géographie de l’environnement, destinés à un lectorat d’étudiants en Licence, présentent les lanceurs d’alertes et ceux qui soulignent la gravité des problèmes environnementaux comme des « catastrophistes » en arguant qu’il n’y aurait pas lieu de s’inquiéter. Or les étudiants de 18-24 ans qui ont lu et qui lisent ces manuels sont les professeurs d’aujourd’hui et de demain…

En tout état de cause, que les enseignants aient été mal formés ou que les programmes du secondaire soient mal conçus pour transmettre ces connaissances, les statistiques ont de quoi effrayer.

Alors que le Parlement français a déclaré à l’unanimité l’urgence climatique et écologique en juin 2019, comment la Nation peut-elle laisser une telle situation perdurer ?

 

http://www.datapressepremium.com/rmdiff/2008572/Etude-OpinionWay-pour-PrimesEnergie.fr.pdf

 

 

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