Facteur 4

Qui a entendu parler de « Facteur 4 » ? Ça pourrait être un titre de livre de science-fiction, mais c’est encore plus important que cela. Il s’agit d’une promesse majeure de la France de réduire de 75 % ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050. Mais, étrangement, quasiment personne n’en parle...

L’expression « Facteur 4 » est née du constat de la gravité des risques liés au réchauffement climatique. Dès 2003 le Président français Jacques Chirac a promis de s’atteler à une division par quatre des émissions de gaz à effet de serre nationales d’ici 2050 par rapport à 1990.

Pour ce faire un groupe de travail interministériel a été mis en place entre les ministères de l’Economie et de l’Environnement, tandis que l’objectif était inscrit en 2005 dans la « Loi de programme » fixant les orientations de la politique énergétique française.

Deux ans plus tard, en 2007 son successeur Nicolas Sarkozy a repris l’idée, qui apparaît clairement dans le rapport général du « Grenelle de l’environnement », où la France réitère son engagement, parallèle à celui de l’Union Européenne, à diviser par quatre ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050.

Cet engagement a été réaffirmé par le gouvernement français depuis l’arrivée de François Hollande au pouvoir, notamment en 2013, dans le cadre d’un rapport de la France sur les avancées du dossier « énergie-changement climatique » publié par le Ministère de l’écologie, du développement durable, et de l’énergie. 

http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Fr_RMS_2013__.pdf

Ce rapport signalait que bien qu’ambitieux, cet objectif aurait pu être atteint de manière assez indolore si des réductions régulières avaient été effectuées dès le début. Or cela n’a pas été le cas et la France est très en retard. De ce fait, pour honorer cet engagement confirmé par les trois derniers Présidents de la République française, ce sont les générations futures qui devront faire beaucoup plus d’efforts.

 À moins qu’il ne s’agisse que d’une promesse en l’air de leur part, pour essayer de s’assurer que l’histoire gardera une glorieuse image de leurs promesses, mais sans qu’ils n’aient jamais eu l’intention de les mettre en application... Après tout, les promesses n’engagent-elles pas seulement ceux qui les écoutent, sauf si le peuple, que les dirigeants représentent, se met à demander des comptes. C’est sans doute pour cela que personne ne semble avoir envie de parler de « Facteur 4 », car en France, quand le peuple commence à demander des comptes...

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