Catalans, Kurdes, Palestiniens, Royingyas, Sahraouis, Tibétains, la faillite de l’ONU

Les récents référendums en Catalogne et au Kurdistan irakien illustrent une nouvelle fois la faillite de la communauté internationale et particulièrement de l’ONU qui stipule dans sa charte que les peuples ont le « droit de disposer d’eux-mêmes ». Combien de temps encore durera cette hypocrisie ?

L’article 1 alinéa 2 de la Charte de l’ONU de 1945 est clair lorsqu’il fonde la paix et la stabilité du monde sur « le respect du principe de l’égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d’eux-mêmes ». Pourtant, plus de soixante-dix ans plus tard, les exemples de violations de ce droit sont légions. Aux Catalans, Kurdes, Palestiniens, Royingyas, Sahraouis, Tibétains... pourraient s’ajouter de nombreux autres « peuples » d’Afrique, d’Amérique, d’Asie-Pacifique ou d’Europe.

En de très rares occasions, des conjonctions juridico-politiques internationales, ou des excès d’abus, ont permis à des « peuples » d’accéder à une solution comme au Kosovo, au Soudan du Sud ou au Timor oriental. Mais la plupart du temps la force des Etats étouffe les tentatives d’expressions de volonté d’autodétermination.

En 2017, l’argument de l’Espagne selon lequel la volonté des Catalans ne serait pas conforme à la constitution nationale est risible. Replacé 240 ans en arrière, les Anglais disaient aussi à leurs colonies d’Amérique du Nord qu’elles n’avaient pas le droit de déclarer l’indépendance. En appliquant ce principe, les États-Unis n’auraient jamais existé...

Ces problèmes démontrent en tout cas que la communauté internationale comme l’ONU ne défendent pas le droit des « peuples », mais seulement le droit des « États », ce qui n’est pas du tout la même chose.

Si l’on veut cesser d’être hypocrites, une réforme de la Charte de l’ONU s’impose donc. Soit l’article 1 alinéa 2 de sa Charte est récrit pour dire que l’ONU garantit « le droit des États à disposer des peuples qui se trouvent sur leur territoire ». Soit la communauté internationale se donne les moyens de respecter le droit des « peuples ».

Il y a toutefois de fortes (mal-)chances que dans le contexte de la realpolitik contemporaine, une troisième option soit choisie, celle de ne rien faire...

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