18 juin 2019: l’urgence écologique et climatique décrétée par le Parlement français !

79 ans après l’appel du 18 juin du général de Gaulle, l’ « urgence écologique et climatique » aurait dû être saluée par tous les médias et tou.te.s les citoyen.ne.s du pays, ou au moins susciter des débats entre celles et ceux qui pensent que c’était nécessaire et qu’il aurait même fallu le faire depuis longtemps, et les autres qui le contestent. Mais presque personne n’en parle... Pourquoi ?

La décision de décréter l’urgence écologique et climatique a été prise à l’unanimité il y a un mois, dans le cadre des discussions au Parlement sur le projet de loi relatif à l’énergie et au climat. Par-delà la gravité de cette déclaration, le simple fait qu’il ait pu y avoir « unanimité » à l’Assemblée nationale aurait dû suffire pour que cela fasse la Une des journaux pendant des jours.

Alors pourquoi est-ce presque personne n’en parle, et pourquoi cette affirmation majeure n’a-t-elle pas été suivie d’effet ?

Pourquoi les Parlementaire n’ont-il pas décidé immédiatement la création d’une commission spéciale pour mettre en place un Plan Marshall du énergie-climat qui puisse être opérationnel dès cet automne ?

Avec plus d’ambition encore, la France pourrait même proposer la création d’une Assemblée mondiale de l’ « urgence écologique et climatique », qui serait notamment légitime pour placer ceux qui s’obstinent dans le déni de la crise écologique majeure du XXIe siècle (à commencer par le Président américain Donald Trump) sur une liste publique des criminels contre l’environnement et l’humanité.

En ce 18 juin 2019, la décision de la majorité des députés français aurait-elle juste été dictée par l’opportunisme ? Ont-ils décrété cela parce que le Parlement britannique l’avait fait un mois auparavant, et qu’ils ne voulaient pas être ridicules face l’histoire par rapport à leur collègues d’Outre-Manche ? Ou alors parce que les écologistes français ont fait un bon score aux dernières élections européennes et que tous les partis veulent surfer sur cette vague pour les prochaines élections municipales ?

S’agit-il d’une nouvelle opération marketing, comme la petite phrase de Jacques Chirac en 2002 : « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs », qui, par-delà les mots, n’a pas amené de changements à la hauteur de l’incendie au cours des 17 dernières années qui ont suivi...

La plupart des personnalités politiques sont-elles plus préoccupées à essayer de forger leur image dans les médias ou celle qu’elles vont laisser à la postérité, qu’à agir concrètement et à la hauteur des enjeux ? Comment ces personnes peuvent-elles croire que l’histoire sera dupe ?

L’attitude des médias français n’est pas moins inquiétante. Le pays se targue d’avoir une des presses les plus dynamiques du monde, mais elle laisse passer l’ « urgence écologique et climatique » comme les vaches regardent passer les trains. Est-ce juste l’effet de l’approche des vacances, ou le poids de l’inertie et des mauvaises consciences individuelles ?

Le 23 juillet 2019, Greta Thunberg parlera devant l’Assemblée Nationale, peut-être cela donnera-t-il l’envie aux députés de ne plus se contenter de discours et de vraiment passer aux actes face à l’urgence écologique et climatique, pour assurer un avenir vivable aux jeunes et aux générations futures ?

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