Législatives du 18 juin 2017 : le Waterloo de l’écologie

Les commentateurs se sont battus pour déterminer le trait le plus marquant des élections législatives du 18 juin 2017. L’importance de l’abstention ? La majorité absolue à La République en Marche ? L’effondrement du Parti Socialiste ? Le score significatif de la France Insoumise ? 8 députés Front National à l’Assemblée ? Mais n’est-ce pas plutôt l’absence de représentants de l’écologie ?

Pour les Français, le 18 juin correspond à l’appel du général de Gaulle. La plupart oublient que le 18 juin est aussi l’anniversaire de la bataille de Waterloo, et pour l’écologie, on peut avancer sans craindre de se tromper que l’on a affaire à un « Waterloo ».

Sans doute que désormais, tout le monde prétend défendre l’écologie et l’environnement, notamment via la notion dévoyée de « développement durable ». Mais est-ce autre chose qu’un écran de fumée ou de la récupération pour mieux continuer comme avant, avec juste un zeste de greenwashing ? Certes,la France Insoumise a mis l'environnement en bonne place dans ses programmes, mais par-delà une probable sincérité, leurs discours montre avant tout une attention accordée à l'économique et au social.

En tout cas, parmi les grands problèmes à résoudre sous la présidence d’Emmanuel Macron, les commentateurs de cette soirée du 18 juin ont surtout cité : la réforme du code du travail, le chômage, la sécurité, le terrorisme… Ce sont certes des problèmes importants, qui inquiètent légitimement les Français, mais quasiment personne n’a semblé considérer que les questions environnementales méritaient « aussi » de l’attention.

C’est pourtant sous la présidence Macron, en 2020, que devrait commencer à être appliqué l’Accord de Paris, qui découle de la COP 21, et qui doit limiter l’augmentation de la température planétaire à +2°C par rapport à l’ère préindustrielle.

C’est pourtant actuellement que de plus en plus de chercheurs s’alarment de l’érosion de la biodiversité, qui pourrait amener à la 6ème grande extinction des espèces de la Terre, faisant suite à celle qui a vu disparaître les dinosaures il y a 65 millions d’années.

Qui peut croire que les problèmes environnementaux qui se profilent n’auront pas des impacts graves sur la vie, la santé et le bien-être des Français ? Sommes-nous aveugles ? Sommes-nous les dinosaures de l’avenir ?

En tout cas, il n’y aura pas de député écologiste à l’Assemblée Nationale, et il est à craindre que l’environnement ne soit pas vraiment la priorité des autres.

PS. En 2001, le 18 juin avait aussi été marqué par la disparition de René Dumont, 1er candidat écologiste à une élection présidentielle en France. En 1974, il n’avait remporté que 1,3% des suffrages, mais c’était quand même presque deux fois plus que le score du Front National. Il doit se retourner dans sa tombe.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.