Notre maison brûle et nous regardons « toujours » ailleurs

Depuis la fin du XXe siècle, les personnalités politiques se soucient de plus en plus de leur image publique, notamment en matière d’environnement. Mais qu’y a-t-il de concret derrière les paroles ? N’est-ce avant tout pour se maintenir au pouvoir et pour essayer de ne pas entrer dans l’Histoire comme des fossoyeurs des générations futures ?

La formule de Jacques Chirac « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs », prononcée en 2002 lors du 4ème sommet de la Terre à Johannesburg, est connue à travers le globe. Mais quelles actions ont été sérieusement entreprises en France, comme dans le reste du monde, pour éteindre cet « incendie », pour mettre un terme au réchauffement climatique, pour arrêter la déforestation des régions tropicales comme tempérées, pour freiner les pollutions, le pillage des océans, les rejets de plastiques, de perturbateurs endocriniens, de produits toxiques et radioactifs... ?

Certes des mesures sont parfois décidées, mais quasiment jamais à la hauteur des enjeux. Ou alors, elles ne sont pas appliquées, comme l’Accord de Paris. Et désolé, la politique des « petits pas » est révolue, tandis que quelques gouttes au fond d’une bouteille ne permettent pas de dire qu’elle serait « à moitié pleine ».

Tristement, on est obligé de constater que les dirigeants des pays ou grandes entreprises de la planète se contentent la plupart du temps de belles paroles, de phrases-chocs, et de promesses d’efforts « à l’avenir », alors que l’urgence est là depuis longtemps et qu’ils font tous mine de regarder ailleurs.

Comment a-t-on pu en arriver à ce que les jeunes soient obligés de descendre dans la rue via des mouvements comme Youth for Climate ou Extinction Rébellion, pour réclamer le droit à un futur ?

Alors faisons un vœu !

Que 2020 soit l’année du réveil, l’année où les dirigeants cesseront de dire qu’ils « vont » faire quelque chose, mais où ils le feront vraiment ; l’année où ces mêmes dirigeants oseront dire à leurs collègues réfractaires que s’ils ne s’investissent pas sérieusement dans le sauvetage de l’environnement, leur pays ou leur entreprise seront boycottés, même s’ils s’appellent Bolsonaro, Poutine, Trump, China Coal, ExxonMobil, Monsanto, Shell ou Total...

Utopie ? Peut-être… Sans doute même, car il va falloir changer nos valeurs fondamentales et ce ne sera pas facile. Mais il n’y a pas de planète B et la formule de l’écologiste René Dumont : « L’Utopie ou la mort » n’a jamais été autant d’actualité.

Alors, que l’année 2020 soit celle où chacun choisisse son camp. En tout cas, on peut parier une chose : l’Histoire ne sera pas dupe face aux Tartuffes.

2002-2020

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