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Billet de blog 11 septembre 2015

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L’affaire du Général Hassan : presse et dictature en Algérie

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L’affaire du Général Hassan aurait fait couler un océan d’encre au sein de notre presse dite indépendante, comme pour tant d’autres  évènements similaires ayant défié les chroniques dans un passé récent, sans jamais parvenir à faire la lumière sur ces événements devenus épisodiques et de surcroit traités sous formes énigmatiques ! Se contentant de spéculations nourries de rumeurs et parfois de simples interpolations fantasmatiques sans aucun fondement acceptable par la raison ! Généralement toute cette presse recourt systématiquement à une seule et unique grille de lecture dans laquelle ces événements sont présentés à l’opinion comme des faits reflétant une lutte de clans au sommet de l’Etat et porteurs de dangers sur l’unité du pouvoir et donc sur la stabilité de la société ! C’est d’autant très frappant de constater qu’aucune chronique parmi le tas de balivernes qui a été débité à l’adresse de l’opinion n’a osé se démarquer de cette grille de lecture unique et proposer une autre analyse à même d’enrichir la réflexion sur la nature du pouvoir et ses mécaniques ! Devant cet apparent aveuglement consensuel, l’idée de l’erreur d’analyse et de diagnostic est irrémédiablement à écarter ! Nous sommes en face d’une volonté délibérée de brouiller l’information et de vouloir tromper les Algériens ! Loin de toute préoccupation déontologique, qui voudrait que toute presse indépendante doive être soucieuse des intérêts inaliénables de la Nation dont elle se prévaut en tant qu’avant-garde et dépositaire de la recherche de la vérité ! Nous avons affaire, en ce qui concerne la presse algérienne dite indépendante, d’une presse aux ordres, dont la mission consiste justement à brouiller l’information sur la véritable nature du pouvoir et servir de faire valoir à une illusion de liberté d’expression devant l’opinion internationale. Car l’opinion nationale, confrontée à un régime dictatorial militaire sanguinaire et sans partage, depuis l’accès du pays à l’indépendance, sans discontinuer, qui subit dans sa chair et dans son esprit les privations de ses droits et de ses libertés les plus fondamentales, n’est pas disposée à prendre comme argent comptant toutes ces analyses caractéristiques de galimatias des plus puérils. Tout au plus, l’opinion se contente de qualifier les journaleux auteurs de ces malhonnêtetés de « Chiyatines », et le mot à son pesant, traduit en terme savant, celui-ci donnerait l’équivalent de clientèles du pouvoir ! Oui ! Nous avons affaire bel et bien à une presse dite indépendante clientéliste. Qui du peuple ignore que le pouvoir est un et indivisible ? Ce fut Chadli lui-même qui avoua quelques instants avant sa mort que nous sommes liés par un code d’honneur, comme dans une famille mafieuse, et celui qui s’aventurerait à le transgresser sera châtié sur le fait et chassé à jamais. En vérité, la vraie nature du pouvoir correspondrait à cette liaison diabolique à travers ce code d’honneur ! Ils sont liés par ce code d’honneur qui fait force de pacte indestructible, et celui qui viendrait à le trahir sera éliminé brutalement sur le champ. Leur pacte est si solidement scellé, qu’il arrive à résister aussi bien au temps, qu’au changement des hommes. Toute sa consistance réside dans la préservation des places et de l’ordre qui les détermine. C’est toujours au plus rusé et au plus cruel parmi les prétendants à jouer les premiers rôles qui  remplacera un parrain après sa mort ou tout simplement après son éviction, et ainsi de suite. Au rythme où les choses sont en train d’aller, personne n’est en mesure de prédire la fin de ce pacte du diable. Je ne suis pas le seul à penser de la sorte, même cette presse aux ordres et beaucoup d’autres officiers pensent la même chose, mais n’osent pas s’insurger, par peur d’être écrasés comme des mouches. Cela s’est passé comme ça, chaque fois qu’un officier avait essayé de sortir des rangs. Comme c’est le cas aujourd’hui pour le Général Hassen et tant d’autres avant lui ! Alors, tous les autres savent à quoi s’en tenir, qu’ils soient des civils ou des militaires, des médias ou des associations militantes, des partis politiques ou des personnalités indépendantes. Les rares officiers qui ont osé franchir le pas sans s’inquiéter, ont dû s’exiler pour échapper à un anéantissement certain.

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