YOUSSEF BENZATAT (avatar)

YOUSSEF BENZATAT

Abonné·e de Mediapart

81 Billets

0 Édition

Billet de blog 25 juillet 2015

YOUSSEF BENZATAT (avatar)

YOUSSEF BENZATAT

Abonné·e de Mediapart

Extrait du "Le déshonneur du Général" : Hmirs et Aghyouls sur les cîmes de l'honneur

YOUSSEF BENZATAT (avatar)

YOUSSEF BENZATAT

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Extrait du "Le déshonneur du Général" : Hmirs et Aghyouls sur les cîmes de l'honneur

Plus que le soleil intensifiait son irradiation de la place des martyrs de ses jets cosmiques, plus la soif et la fatigue s’abattait sur les manifestants, et leurs voix de baisser en intensité, allant s’affaiblissant. C’était le moment ou, par ses traîtresses habitudes, le Capitaine Brékho choisissait de faire irruption. Le moment idéal pour lui d’abuser du sommeil des vigilants. À ce moment propice, des hommes surgis de nulle part, excessivement agités, s’étaient mis à enguirlander la foule, distribuant des slogans et des emblèmes, qui étaient immédiatement brandis avec ferveur. Je les entendais dire à leurs proies de mes propres oreilles, depuis longtemps rompues à cet exercice : « Il n’y a ni d’Ath d’en bas, ni d’Ath d’en haut, nous sommes tous égaux, toutes les tribus des collines oubliées doivent être unies pour leur salut ! » et aux autres, « Point d’hiérarchie entre les frères, pour l’État islamique nous mourrons et pour lui nous vivrons. » Soudain ! Les slogans brandis par les Habitants se pervertirent et les cibles se travestirent. Les chimères de l’État d’une race pure se dressèrent face à l’incongruité et l’anachronisme de l’État islamique. Yacine était parmi les montagnards et mon cousin Ali avec les barbus, exultant d’euphorie. Même le vieil âne et sa troupe avaient surgi de nulle part sur la place, ameutés à leur tour par l’effroyable spectacle inhabituel qui s’offrait à leurs sens. Ils se mirent à brayer en cœur en écho à la cohue, aussi divisés que les Habitants eux-mêmes, d’un côté les hmirs et de l’autre lesaghyouls, pendant que le vieil âne se contentant de n’être qu’un simple Brékho, ravissant du coup la vedette au Capitaine. Ceux qui n’adhéraient ni à l’un, ni à l’autre parti, se refugièrent dans un silence d’exilés et se mirent à déserter la place à petits pas frustrés. Le printemps pour eux ne pouvait se conjuguer à ces couleurs fanées. Ils doivent encore revenir, lorsque les saisons seront mûres et leurs cycles ordonnés aux pas des idéaux des martyrs. 

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.