Épouvantable situation consécutive à l’épidémie.

Macron se présente en chef de guerre face au Covid alors que l'Etat laisse mourir de nombreux malades atteints d'autres pathologies. Scandale parmi d'autres.

Que la population accepte sans broncher le confinement est problématique. Bien sûr, on objectera que le confinement courbe la courbe mais comme dit Agamben, l’acceptation massive d’une non-vie pour sauver sa vie ne va pas de soi et a de quoi inquiéter. La question que personne n’osera poser est quand même la suivante : A-t-on à ce point peur de la mort qu’on accepte d’être des morts-vivants ? Sans jouer au kamikaze, la question mérité d’être posée.
Cette obéissance à l’Etat annonce le pire. Les applaudissements vespéraux quotidien en sont le pendant démocratique (ces applaudissement ont par ailleurs un aspect répugnant : on applaudit des sacrifiés alors que, dans ma ville petite bourgeoise de la banlieue sud par ex., les gens sont largement macronistes et ont donc au moins tacitement approuvé les réductions budgétaires et admettent aujourd'hui, tranquillement, que des soignants meurent pour eux). L'antienne sur l'héroïsme de Macron est pétainiste. Dans sa métaphore guerrière, il rejoue Verdun 1916 en regardant de haut des sacrifiés qui, pourtant, ne sont pas des soldats mais des infirmières, des aide-soignantes, des médecins.
Le confinement résulte des politiques publiques qui depuis des années ou des décennies ont liquidé l’hôpital. Du coup, il n’y a ni masques, ni gel, ni tests surtout (ces derniers auraient permis d’éviter le confinement).
Par ailleurs, même le confinement est bidon puisque des gens vont tous les jours au travail comme à l'abattoir. Pénicaud, Thatcher échappée d'une couveuse PS, est là pour menacer les réfractaires à la loi d'airain du capital.
Ensuite, la propagande guerrière gouvernementale est abjecte, obscène, je ne trouve pas l’adjectif exact… Tout est mis sur le Covid alors que les pathologies chroniques (j’en sais quelque chose), les « longues maladies », etc. mais aussi les vieux en EHPAD sont abandonnés. Cet abandon conscient amènera à une surmortalité dans quelques mois dont personne ou presque (et dans le désert) ne parlera. C'est pourtant un scandale qui en dit autant voire plus du délabrement de l'hôpital public par des gouvernements vendus au capital et à l'UE.
Dès lors, l’hôpital délabré concentre tous ses efforts contre le Covid : dans la crise grave actuellement traversée, il ne peut plus s’occuper d’autre chose. D’où, je le tiens d’un ami, les chimiothérapies interrompues, les opérations (parfois importantes) reportées sine die et la suspension des greffes prévues. Ces malades ne valent pas moins d'être abandonnés à leur sort que les cas de Covid . Ils subissent hélas un tri, massif.
Force est de constater que la morgue macroniste appelle la morgue tout court. C'est un point supplémentaire dans l'épouvantable.
Laisser Macron plastronner avec son discours pétainiste (« La France unie ») aura des conséquences catastrophiques. Son dessein est connu : passer à la vitesse supérieure et privatiser complètement l’hôpital public (coïncidence troublante : la destruction de l’Ecole publique et de l’hôpital ont lieu au même moment).
Enfin, les profs, instits, etc.
Je reçois les mails de l'institutrice de mon fils. Elle travaille même le dimanche !
Tout cela, hélas, fera jurisprudence. Blanquer va adorer (et le capital aussi) une vie vouée au travail aliénant. Vous ne serez plus jamais libres...
Déjà qu’internet à l’école, au-delà d'avantages superficiels discutables, brouille sphère privée et sphère publique et installe une présence permanente du travail...

Sans politique organisée, il n’y a aucune raison que Macron ne poursuive pas son oeuvre thatchérienne. Je n’ai pas de doute sur le point suivant : l’Etat a pour volonté de passer à la vitesse supérieure en terme de réaction et de violence après la « crise ». Sans politique organisée contre lui, le pire est à craindre.

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