Certaines réactions au billet de M. Plenel à propos de M. Frêche, horrifiées par sa référence au camarade Trotsky, essayent de nous apitoyer sur cet antisémite de Makhno. Il y en a assez de ces calomnies anticommunistes, de ces procès à sens unique ! Qu'on nous parle des massacres de communistes indonésiens, des stades au Chili, des milliers d'ouvriers tués par la République française en juin 1848, des fusillés et des déportés de la Commune de 1871, des corps-francs de 1918 en Allemagne, des massacres coloniaux, de la mort de Fernand Yveton !

Trotski et Lénine avaient l'idée de l'émancipation chevillée au corps et à l'esprit. On peut les juger, et sévèrement, mais à partir de leur idée première, pas comme de vulgaires criminels. Sinon, on est dans la propagande réactionnaire grossière.

Les contempteurs - parfois débordant de bave et d'écume en descendant de la montagne -, les contempteurs du communisme ne sont ni neutres, ni innocents. Sartre disait que tout anticommuniste est un chien et ce n'est pas moi qui lui donnerai tort. La phrase de Sartre n'est du reste pas une formule à l'emporte pièce ; elle énonce que l'homme, s'il se distingue de l'insecte ou de l'animal, doit être capable de bâtir une société autre que celle de l'exploitation, de l'injustice et de l'inégalité. A l'inverse de Jean-Paul Sartre, nos contempteurs sont des agents du monde tel qu'il va et l'idée qu'une grande idée s'élève, prenne corps parmi les masses les horrifie. Ils ont l'idée d'émancipation en horreur. Que les Fantine des temps actuels retournent sans broncher à leur condition d'exploitées ! A bas le partage !

Le christianisme des athées - i.e. le communisme - a ceci de radical qu'il n'attend pas. A la différence de la religion, le processus de transformation des sociétés et des hommes n'est pas repoussé aux calendes grecques et c'est donc au moment où il se présente comme tel que le communisme est agissant. C'est pour cela que les adeptes de la famille, de la propriété privée, de l'injustice et des jouissances autant amères que privées le haïssent et le rejettent.

N'empêche, de tout ce flot boueusement réactionnaire, je tire deux bonnes nouvelles :

1/ Edwy Plenel cite Trotsky et indique par là qu'il a compris, dans l'époque actuelle, où se situaient les lignes de fracture. Aller vers l'égalité de façon un tant soit peu radicale ou courir au chaos. Trotsky est un des noms de la radicalité nécessaire qui nous appelle.

2/ L'ennemi attaque le communisme, ses incarnations historiques, ses noms. C'est une bonne chose, aurait dit le président Mao. Après tout, c'est vrai, si le communisme était mort, personne n'en parlerait plus.

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