Célébrer la chute du Mur ? Quelle blague sinistre !

Il n'y a rien à célébrer dans la chute du Mur de Berlin. Rien à célébrer puisque la liberté capitaliste est un leurre, liberté du renard dans le poulailler. Les Allemands de l'Est sont peut-être libres de se déplacer mais au chômage et/ou pauvres, quel intérêt ?

Je n'ai jamais épousé l'air du temps et je ne ferai jamais alliance avec le capitalisme et ses séides. Ceux qui, avant tout, se félicitaient de la chute du Mur s'appelaient Bush, Thatcher, Pinochet, Orban ou encore Le Pen et, très honnêtement, je ne fêterai jamais rien avec eux. Je confesse avoir eu une sympathie passagère pour Solidarnosc en Pologne et pour les grèves ouvrières des chantiers navals de Gdansk mais l'occidentalisation de l'Europe de l'est a fait fermer lesdits chantier et Walesa, comme son alter ego absolument dépourvu de grandeur (ce qui ne fut pas le cas du moustachu) Viktor Orban, est devenu un pur et simple relais de l'extrême droite européenne, islamophobe, impérialiste (pro-guerre en Iraq, par ex.) et anti-réfugiés (qu'on les laisse crever !, éructent nos prétendus catholiques qui ont autant de lien à la parole évangélique que le fantoche Gorbatchev au socialisme et au communisme).
Beau bilan, quel merveilleux monde, quel superbe continent (libre, prospère, égalitaire et démocratique) ont émergé des décombres fumantes du socialisme réel. Fêter la chute du Mur comme un retour de la liberté est une farce sinistre applaudie par les éternels captifs du capitalo-parlementarisme. La chute du Mur annonce Salvini, Macron et l'AFD. C'est un grand jour pour les traders, les patrons rêvant de récupérer des entreprises réquisitionnées par la RDA. C'est aussi un grand jour pour l'impérialisme occidental. De l'effondrement du socialisme ont surgi les guerres sans fin dont la plus désastreuse, celle de Blair et Bush Junior contre l'Iraq.
Il ne s'agit pas d'idéaliser feu la RDA mais il s'agit néanmoins de la défendre : qualité de l'école pour tous, école de musique de Berlin-Est bien plus réputée que celle de l'Ouest, Kindergarten permettant aux femmes de travailler en étant allégées des contraintes familiales, salaires ouvriers conséquents, santé pour tous, etc. Toutes choses qui ont été perdues avec la réunification-annexion de feu la RDA par la RFA de Kohl. La mémoire même d'un état, par ailleurs économiquement viable, a été piétinée et détruite.
Le mur de Berlin est tombé et le taux de chômage à l'Est s'est envolé.
Le peuple de la RDA voulait un socialisme authentique, débarrassé du bureaucratisme et du flicage du SED via la Stasi par ex. Rien de tout cela n'a été pris en compte, écouté. L'Allemagne de l'Ouest a phagocyté l'Est. La liberté, en l'espèce, n'est qu'un vain mot. On a mis un peuple sous la coupe de la loi d'airain du capital. 
Autant dire qu'il n'y a rien à fêter dans ces "événements" où l'on distribua des bananes aux gens comme si on était au zoo.
La crise, sinon la chute, du communisme dont le seul nom énonce un pour tous est en revanche un véritable désastre, pas même obscur. On voit à l'oeuvre son négatif : guerres, misère, racismes d'Etat décomplexés, égoïsmes à tous les niveaux et vie ravalée au niveau strictement animal (ou des fourmis) sans idée, sans idéal, sans métaphysique et sans désir.
Pas plus donc qu'il y a 10 ans je ne fêterai un simulacre d'événement qui a fait pleurer Cohn-Bendit. Moi, ce qui m'a désespéré, c'est le 31 décembre 1991, après que le fantoche Gorbatchev eut bradé la valeureuse Union soviétique (qui écrasa les nazis à Stalingrad) et que le drapeau rouge au-dessus du Kremlin cessa définitivement d'y flotter.

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P.S. Je n'ai donc pas exulté devant la chute du Mur et, pire, devant la liquidation gorbatchevo-eltsinienne de l'Union soviétique non parce que ces régimes auraient été communistes mais parce qu'ils constituaient un progrès social par rapport au capitalisme. Y était mise en avant la classe ouvrière (même si c'était en partie de la com'). Je défends donc l'URSS et la RDA car elles se réclament du même corpus idéologique que moi et que je ne ferai aucune fleur à la canaille démocratique capitalo-parlementaire. L'URSS, par ailleurs, est le fruit d'une révolution que je défends inconditionnellement face aux ennemis. Je veux bien contester ces régimes, mais pas avec n'importe qui.
Qu'ont apporté la chute du Mur puis de l'URSS ? La guerre, la misère, Macron...

 

 

 

 

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