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Billet de blog 7 oct. 2019

Abject «débat sur l'immigration».

Le «débat sur l'immigration» est un choix opportuniste scandaleux de la Macronie qui, à la suite de Mitterrand, compte sur la présence d'une Le Pen (ou Maréchal) au second tour de 2022 afin d'assurer sa réélection et la continuité du thatchérisme aux couleurs de la France.

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Le "débat sur l'immigration", figure récurrente des vicissitudes parlementaires depuis plusieurs décennies dont l'effet le plus visible fut l'éclosion puis le développement d'un parti fasciste, sinon d'extrême droite, à savoir le FN (devenu depuis peu le RN). L'instrumentalisation de l'immigration est un scandale à de nombreux titres et il faut rappeler ici qu'à chaque fois, dans l'Histoire, qu'une catégorie de la population d'un pays est pointée du doigt et partant essentialisée, on est, même à faible degré, dans une logique raciste, ségrégationniste dont, une fois encore, l'effet est de nourrir le fascisme et les risques de pogroms ou de guerre civile.
On peut reprocher à la télévision de diffuser intégralement et en direct le discours infect et authentiquement fasciste d'Eric Zemmour mais on ne peut oublier que si le plumitif d'extrême droite a son rond de serviette dans de nombreux médias, qu'Albin Michel l'édite et qu'il est présenté comme un "intellectuel" (sic), c'est bien parce que les gouvernements successifs de droite et de gauche (le PS mitterrandien puis l'attelage Jospin-Chevènement de 1997 à 2000 ont bien nourri la bête immonde) ont installé comme une "opinion" pas moins respectable qu'une autre, "l'idée" que les "immigrés" étaient "un problème". Mitterrand, reprenant le P"C"F, parlait en 1989 (beau Bicentenaire !) de "seuil de tolérance dépassé depuis les années 1970" tandis que Giscard parlait d"immigration-invasion" et Chirac du "bruit et (de) l'odeur" supposés des étrangers vivant en France. Le "débat" que relance opportunément Macron n'a d'autre dessein que de renouveler le racisme d'Etat dans l'opinion et cela a déjà des conséquences dramatiques : stigmatisation de l'islam qui n'est qu'un monothéisme comme un autre (il est savoureux de constater que cette religion ressemble au judaïsme mais que nos parlementaires et son opinion se garderont bien de le dire) qui, de ce fait, rappelle que l'islamophobie n'est que le pendant conjoncturel de l'antisémitisme d'antan, antisémitisme devenu honteux du fait du génocide perpétré par les nazis.
Il est tout simplement scandaleux de parler de gens (les "immigrés", il faudra revenir sur ce mot) comme le fait depuis plus de 35 ans le parlementarisme. Et il faut dire aussi, sans excès, que les lois ou les projets de loi (y compris finalement avortés) comme la déchéance de nationalité, l'interdiction aux femmes voilées - et donc supposées musulmanes - d'accompagner les sorties scolaires ou bien encore l'abjecte accusation de la Macronie sur d'éventuels "abus" relatifs à l'Aide médicale d'État relèvent de la même logique que les lois de Nuremberg nazies (lois qui interdisaient certains métiers aux juifs et les obligeaient à faire leurs courses dans un créneau horaire défini, etc. et visant à séparer les juifs du reste de la population allemande)
Ainsi, le "débat" qui s'annonce n'est pas seulement scandaleux à cause du coup de pouce qu'il cherche à donner à l'extrême droite, il est abject en ce qu'il désigne des gens venus d'ailleurs - mais d'ici, l'immigration n'a qu'un temps et on n'est pas immigré à vie et encore moins d'origine immigrée (ce qui, du reste, n'a aucun sens) - à la vindicte pour mieux, tranquillement, casser les services publics dont l'école et l'hôpital. Du reste, lorsque Macron parle des "bourgeois" qui, seuls, seraient amicaux à l'égard des étrangers, il omet à dessein que la plupart des "immigrés" arrivés à partir des années 1970 étaient ouvriers et/ou prolétaires. Mépris de classe, donc, auquel nous opposerons l'internationalisme.
Ces débats parlementaires sont donc absolument indignes et bafouent l'idée même de démocratie ainsi que la devise de la République héritée de la Révolution. 
Si liberté il y a, alors tout le monde se vêt comme il l'entend, parle la langue qu'il veut dans la vie de tous les jours et pratique la religion qu'il veut (l'athée comprise !).
Si égalité il y a, il faut en revenir au seul principe égalitaire et démocratique qui vaille, à savoir que un compte pour un et que, dès lors, pour reprendre en le transformant Paul de Tarse "Il n'y a plus immigrés ni nationaux, nous sommes tous les mêmes sous la loi de l'égalité".
Si fraternité il y a, alors nous devons tendre la main aux réfugiés, accueillir les bateaux et leurs passagers au lieu de les laisser périr en arguant de raisons misérables de bistrots en réalité homogènes au lepénisme qui n'est que l'héritier de l'OAS.
Toute autre conception est raciste soutenant une idée raciale et partant effroyablement réactionnaire dont l'aboutissement le plus abominable en Europe fut tout simplement le nazisme (Lisez Chapoutot, Césaire ou Arendt : les théories raciales du XIXème sont une matrice du nazisme).
Assez simplement, il faut massivement réaffirmer quelques principes égalitaires et démocratiques.
Ces principes sont : Le pays se compose de tous ceux qui y vivent
Quiconque vit ici est d'ici
Il n'y a pas de problème immigré ; le problème, c'est Le Pen.

Toute concession à ces principes est une concession à l'extrême droite post-OAS. On a pu le constater depuis plus de 35 ans. Les discours étatiques - "Le poisson pourrit par la tête" aurait dit Mao Zedong - genre "Le Pen pose les bonnes questions" (Fabius, début des années 1980) n'ont fait que nourrir la barbouzerie criminelle lepéniste.

Il est urgent que le pays se débarrasse de ces propos et politiques honteuses. Sans quoi ce sera le retour de Vichy.

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