Sur l'affaire Mitterrand-le-neveu, le F"N" n'attend qu'une chose: le silence de tous au nom du fait, précisément, que le lièvre a été levé par le parti lepéniste. Pour une fois, à condition du silence de tous, il pourrait brailler, presque à raison, "nous seuls disons la vérité". Il faut donc parler et ne pas cautionner les rapports de classes trash entretenus par le neveu avec des prolétaires - mineur(e)s - du sexe.

Daniel Cohn-Bendit, qui, sur cette question, défend le Ministre, a tort. Il s'en prend à Hamon, accusant celui-ci de courir derrière le F"N", et s'interroge: "si le FN disait que la politique de l'immigration actuelle est trop laxiste, le PS lui emboîterait-il le pas ?" Précisément, le personnel parlementaire, sur les questions dites de l'immigration, n'a pas eu les mêmes pudeurs que dans l'affaire qui nous concerne. Fabius disait que "Le Pen posait les vraies questions"...

Enfin, preuve du grand n'importe quoi ambiant - mais éminemment réactionnaire -, Marine Le Pen attaque Mai 68 à travers les figures de Mitterrand, Kouchner et Lang, c'est à dire qu'elle fantasme un sarko-soixante-huitisme ahurissant. Faut-il rappeler ce que faisait le petit Nicolas à l'époque ? Avec quels tristes sires il défilait ?

Au fond, il y a consensus entre Marine Le Pen et les sarkozystes "de gauche" (on ne rit pas !) qu'elle attaque. De politique, point. Du sexe, trash, et c'est tout. Ce qui donc réunit ces gens-là, c'est qu'en effet, Cohn-Bendit compris, ils sont minables.

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