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Billet de blog 9 juin 2013

Le refus parlementaire d'un pays-monde ouvre à un pays immonde

Yvan Najiels
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Les choses se tendent et il faut trancher de façon décisive entre deux options : pays pour tous (pays existant) ou pays barresien (fantasme blanc et national-catholique in fine).

Ce n'est pas tant la dissolution de groupuscules criminels fascistes qui fera respirer ce pays que la position de l'État à l'égard d'un pays réel, bigarré et moderne. Ce que dit l'Etat n'est pas dénué d'effet(s) et dans un pays qui se prétend démocratique, la position politique de l'Etat ne peut être d'accompagner - encore moins d'encourager - la "pensée" raciste plus ou moins bistrotière.

En s'inspirant de Mandela (il y a du Saint-Paul en lui), le seul pays qui vaille du côté de l'émancipation (qui ne peut être que pour tous) et de l'égalité, c'est le pays arc-en-ciel.

Un pays où l'État, par la voix de son "premier flic", ne jetterait pas une fois de plus l'opprobre sur le peuple corse ; un pays où l'État ne nierait pas le travail utile à tous de prolétaires auxquels il ne refuserait plus les papiers ; un pays dont le Président ne déclarerait pas, suite à la délirante "affaire" Baby Loup, les femmes portant un foulard musulman dangereuses pour les enfants...

Le problème politique grave qui se pose à la France est le suivant : le consensus médiatico-parlementaire est en vérité au moins prélepéniste et cela, évidemment, place l'extrême droite (dont la force, rappelons-le, a toujours abaissé ce pays) comme pierre angulaire du parlementarisme, de ses discours (Valls parlant de supposés salafistes comme d'ennemis intérieurs) et de ses actes (destruction de camps de Roms).

La réaction est épaisse, depuis le temps. Son fond discursif a fait un mort cette semaine et c'est un peu Gavroche ("Cette petite grande âme venait de s'envoler") que des cerveaux ras ont assassiné.

À ce consensus qui, ces jours-ci et via de nombreux médias (L'Express, TF1, I-Télé, Le Point, Le Figaro, ...), a de fait cherché à salir le jeune antifasciste assassiné en renvoyant dos à dos, à la suite de Copé-Orban, extrême gauche et extrême droite, il faut opposer le pays pour tous, composé de tous ceux qui y vivent.

À la consensuelle rengaine immonde, opposer le pays-monde. Pied à pied et opiniâtrement.

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