Au moment où l'État d'Israël bombarde une fois de plus un peuple sans défense, détruisant des habitations et tuant aveuglément parmi les habitants de Gaza, un chef d'Etat se distingue dans son soutien à ce nouveau crime israélien, François Hollande. Notre atlantiste ultra reprend la ligne Jospin de soutien aux bombardements israéliens en 1996, ce qui valut à l'ancien Premier ministre un caillassage bien mérité à Bir Zeit par la foule palestinienne.

Le PS, c'est ça. Islamophobie et rromophobie à l'intérieur et soutien au fort et au brutal face au plus faible à l'extérieur. Si c'est ça, la gauche (ce que je pense), il est urgent d'en finir avec ce nom et cette chose. Du PS, parce qu'il soutient toujours le plus fort, on peut dire qu'il est comme toujours pétainiste parce que soumis à la hiérarchie immédiate et apparente du monde. Soumis au MEDEF, ayant voté les pleins pouvoirs à Pétain en 1940, soutenu les colons d'Algérie en 1954 et applaudissant aujourd'hui une fois de plus les crimes du consensus raciste et colonialiste israélien. 

Pourquoi, du reste, ce soutien à l'État d'Israël ? Tout le monde le devine mais cela reste un non-dit. C'est suggéré seulement parce que c'est en vérité inavouable tant c'est une justification obscène. Hollande soutient à fond son ami Netanyahou en mémoire, prétend-il, de la Shoah. Mais tout cela est une sinistre farce qui n'est que le symétrique démocratique des horreurs proférées par Soral et Dieudonné en ceci que pour tous ces gens-là, le signifiant Juif et par conséquent les juifs en général n'appartiennent pas à l'humanité générique. C'est une victoire posthume du nazisme, une victoire désastreuse.

La France pense-t-elle faire oublier le Vel d'Hiv´ en approuvant les bombardements intensifs sur le peuple palestinien ? C'est une vision épouvantable et délirante de la politique et de l'histoire puisqu'elle fait, en dehors de toute pensée sur l'époque et les circonstances qui ont amené au crime nazi, puisqu'elle fait des juifs des victimes éternelles. Ce qui n'a aucun sens, d'une part, et qui est dangereux, d'autre part, car comme on le voit, le statut de victime absolue justifie chez ces victimes une furie épouvantable comme celle qui s'abat en ce moment sur Gaza.

La fidélité au peuple du Shtetl liquidé par l'Occident exige autre chose qu'un retournement néoconservateur dont, en France, PS et EELV sont le nom et qui a transformé le nom du peuple paria exterminé (pour reprendre Bernard Lazare et Hannah Arendt) en étendard de l'Occident ou, comme le dit Cécile Winter dans un texte salutaire publié dans le Circonstances d'Alain Badiou sur le nom Juif, en "signifiant-maître des nouveaux aryens" dont, il faut bien le dire, Netanyahou est l'un des représentants et Hollande à tout le moins un factotum.

L'Abbé Grégoire, éminent combattant pour l'abolition de l'esclavage, disait que les hommes étaient tous les mêmes et que seule, parfois, leur couleur était différente. Il en va de même pour les juifs ou les Palestiniens. Aucune coutume, langue ou tradition ne nous retranche de l'humanité et il n'y a pas d'oppression plus acceptable qu'une autre. Bombarder un peuple sans défense comme le fait Israël aujourd'hui et soutenir ce crime comme le fait Hollande au nom de la mémoire du judéocide, c'est bombarder une fois de plus le Ghetto de Varsovie. En ce sens, si être juif a un sens aujourd'hui au nom de la "modernité" dont parle Enzo Traverso, alors cela exige d'être propalestinien.

Dès 1948, Hannah Arendt et Albert Einstein traitaient ouvertement Begin de fasciste. Primo Levi réitéra ce juste qualificatif dans les années 1980. C'est qu'en effet, il faut toujours être du côté des opprimés. Les Palestiniens sont le peuple paria d'aujourd'hui (ce que disait d'ailleurs Arendt) et le pétainisme peut retourner sa veste (voir le FN devenu sioniste).

Honte à Hollande. Une fois de plus.

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