Contre la gauche laïcarde comme d'habitude caricaturale.

Régulièrement, la gauche satisfaite et contente d'elle-même tombe à bras raccourcis sur le Pape qui a le malheur, au fond, de rappeler la parole évangélique. On ne demandera pas à la gauche de réfléchir à cette parole tant elle en semble incapable.

Les excités anti-IVG (par ailleurs pro-peine de mort et pro-port d'armes) sont insupportables  Ils n'ont pour l'humanité aucune compassion. Le sort d'une femme en détresse ne suscite rien en eux et ils seraient prêts, ensuite, à condamner avec la pire des violences un enfant turbulent né d'une situation précaire et livré à l'abandon.
Pour autant, la gauche bien pensante qui tape à bras raccourcis sur le Pape est détestable. Elle n'est d'ailleurs pas que détestable, elle est aussi risible dans son incompréhension crasse de la religion. C'est du genre : Dieu n'existe pas, même Gagarine ne l'a pas vu dans l'espace. C'est dire.
La vérité est qu'au niveau de l'impensé, la gauche est de pire en pire. La gauche, de SOS racisme au laïcardisme, c'est la satisfaction de soi. Aucune pensée de la contradiction. Les plus grossières catégories de bien et de mal sont à l'oeuvre et tout le monde se congratule. Misérable.
Mais voilà, il se trouve que je suis né malade, condamné à brève échéance par la médecine. Autrement dit, si la technique médicale avait permis à ma mère de faire des échographies alors qu'elle m'attendait, j'aurais tout simplement ripé. 
Au-delà des cris d'orfraie téléphonés contre le Pape qui, pourtant, dit en vérité des choses sensées ou en tout cas dignes d'être discutées, il serait bon que la bien-pensance de gauche réfléchisse au monde eugéniste qu'on nous prépare et auquel, au fond, tout le monde consent en bonne conscience. 
je ne me suis jamais senti de gauche, sinon comme chrétien - même athée - de gauche, mais communiste. Tout cela me confirme sur cette voie. La médecine, en réalité, a remplacé l'Église dans la vie des couples qui attendent un enfant. En particulier, donc, auprès des femmes.
Personne pour poser la question du droit à vivre pour des enfants peu fiables, biologiquement parlant ? Mais alors, comment nommer ce consentement sinon de l'eugénisme ? L'hygiénisme démocratique vaut-il mieux que les réactionnaires anti-IVG de l'Église ? La question mérite d'être posée.
J'étais donné pour mort sous peu à ma naissance. Presque 45 ans après, je suis là. Je suis certes rattrapé par la maladie mais j'ai eu une vie et même un enfant.
Ce que pointe le Pape, et il faut l'entendre sans remettre en cause le droit à l'IVG, c'est une société où tout serait écrit, où l'impossible n'aurait pas sa place, où l'extraordinaire serait une vue de l'esprit.
Que l'athéisme bêlant double les monothéismes dans le registre de la fatalité, voilà qui donne à 
réfléchir. Nous vivons une époque réactionnaire et satisfaite. Que ses autoproclamés progressistes s'avèrent incapables de penser des contradictions essentielles en est un inquiétant symptôme.

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