J'entends dire, ici et là, à droite et, hélas, à "gauche", à quel point les nouveaux modes de parentalités et/ou d'existence seraient des manipulations de la nature voire une négation de celle-ci. C'est risible mais la partie n'est pas perdue comme le montre la salutaire explosion des ventes du livre Tous à poil ! depuis que l'inénarrable Copé en a fait la pub - à son corps défendant. 

Cette conception étriquée de la "nature" semble quand même tout droit sortie d'une lecture rigoriste de la Bible ou de quelque église à tout le moins rigide. Car la nature, qu'est-ce donc, sinon aussi vous et moi ?

Nature est un concept fourre-tout. On peut considérer, avec Montaigne, qu'elle est trop souvent confondue avec l'habitude.

Écoutons le célèbre humaniste du XVIème siècle qui, dans le chapitre Au sujet d'un enfant monstrueux du livre II de ses Essais, écrit :

De [la] parfaite sagesse [de Dieu] il ne vient rien que de bon et d'ordinaire et de régulier ; mais nous n'en voyons pas l'arrangement et les rapports. [...] 

Nous appelons "contre nature" ce qui arrive contrairement à l'habitude : il n'y a rien, quoi que ce puisse être, qui ne soit pas selon la nature. Que cette raison universelle et naturelle chasse de nous l'erreur et l'étonnement que la nouveauté nous apporte.

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