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Billet de blog 12 mars 2010

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A propos des élections.

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Alors voilà, le PS va faire un carton dimanche et cet après-midi, boulevard Saint-Michel, pendant la manif des enseignants, des militants socialistes diffaient un tract sur la destruction de l'Ecole par l'UMP. Quand j'ai fait remarquer qu'Allègre, ministre de Jospin, était socialiste, je me suis vu répondre cette phrase stupide : "personne n'est parfait". Réponse brillante... Soyez un salaud, un réactionnaire fini... Vous pourrez toujours vous adosser sur le fait que la perfection n'est pas de ce monde. N'empêche, en ce monde imparfait, il y a eu Luther King, Mandela, Robespierre ou encore Jean Moulin...

Tout s'oublie. Les élections et le parlementarisme assurent l'oubli. Je suis vert - sans jeu de mots - à l'idée que des gens sincèrement exaspérés par la politique extrêmement réactionnaire de Sarkozy aillent voter PS. Qu'à la rigueur, ils votent, je puis l'entendre. Mais PS, comment est-ce possible ? Je fais d'ailleurs, malgré Corcuff, une différence entre le NPA - pris dans une inextricable contradiction révolutionnaro-parlementaire - et le PS et ses alliés - même récalcitrants (car ils finiront bien, PCF en tête, par rentrer à la niche). Le NPA a une position intenable mais il la tient. Buffet, elle, quémandera une place, un siège, une commission au PS. Quant à Mélenchon, il est, lui, rabatteur de voix pour son ancien parti

Ce parti, pourtant, n'est que l'hémisphère gauche de la politique parlementaire unique. Liquidation des services publics, fin programmée d'une Ecole de qualité pour tous, politique faite à la corbeille, garde à vous muet devant le moloch capitaliste appelé Union Européenne, soutien à la guerre en Afghanistan, guerre aux étrangers sans papiers, etc. Chacun doit savoir, par exemple, que la région Ile de France, de gauche donc, a acquiescé au plan de l'Etat de réduction des centres hospitaliers au nom de la réduction des déficits. Chacun doit savoir aussi que l'épisode Allègre n'est pas qu'un lointain souvenir : Claude Bartolone, nouveau président PS du Conseil général du 9-3, donne l'Ecole à la BNP et à TF1. Pour les pauvres après tout, pour les enfants des quartiers populaires, vieille survivance des amours du PS avec Bernard Tapie, à part le sport, à quoi peut bien servir une Ecole digne de ce nom ? Et il faudrait voter pour ça ?

Je suis bien conscient qu'il est difficile de tenir bon, parfois, face au rouleau compresseur médiatico-parlementaire en faveur du vote et, si vote il y a, du vote prétendument raisonnable et modéré. C'est ce que Sartre dans son excellent Elections, piège à cons ! (dans Situations X) appelle la pensée sérielle. Plus personne, de fait, n'ose penser ; chacun est obsédé par l'autre et sa décision (les sondages ont amplifié le phénomène depuis le texte de Sartre) et, par conséquent, se désincarne. Que chacun se représente pensant à une élection, il me semble que s'il réfléchit honnêtement il s'apercevra que l'élection est absolument déconnectée du reste du réel. Grèves, manifestations... Tout cela est oublié, c'est l'allégeance à l'Etat qui prévaut et elle est abêtissante. L'élection est hors situation, sauf pour les réactionnaires dont elle est la seule arme (voyez les élections de Juin 1968). Elle est la revanche des taiseux et des cachottiers, de l'épouvantable majorité silencieuse (en ce sens, Le Pen est typiquement parlementaire, lui qui "dit tout haut" ce que l'on penserait tout bas). De ce point de vue, isoloir et urinoir pourraient bien se confondre. La réflexion de chacun frôle le niveau zéro : on hésite entre machin et machin comme entre deux marques au supermarché en passant sous les fourches caudines de la représentation.

On nous serine qu'il faut voter parce que si seulement 20% de la population votait, ce serait une crise majeure et, je crois, la seule qui réellement ferait blêmir l'UMP et son jumeau socialiste. En l'état actuel des choses, ce que les partis exigent, c'est que les gens votent - ils feront le reste. Reste qui est connu et usé jusqu'à la corde.

Mais pourquoi donc perpétuer cela, cette délégation de la politique aux partis et/ou cette croyance en ce qui s'appelle "la gauche" et qui est si mortifère ?

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