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Billet de blog 14 février 2010

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D'un supposé "retour des religions" en général et de l'islamophobie en particulier.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Gérard Desportes fait un article sur le tout-à-l'égoût discursif de nos républicains à propos du débat sur "l'Identité nationale". De fait, le "débat" aurait pu s'énoncer ainsi : "Alors, les bougnoules, on les fout à la mer, oui ou merde ?". La Sarkozye n'en est pas encore là, mais pour combien de temps encore ? A vrai dire, je pense que si j'étais petite souris et que j'assistais aux beuglements off de Zemmour ou d'Elisabeth Levy, je serais horrifié...

Je pense, comme quelques autres, que la religion ne fait pas son retour. Tout cela, pour le coup, est aussi ostensible - ostentatoire ? - que vide. Dieu est mort et, de ce fait, celles et ceux qui croient, croient qu'ils croient. Le catholicisme est encore présent, globalement, chez la bourgeoisie réactionnaire comme marque sociale (je vais à la messe, j'ai des soquettes blanches et un serre-tête) tandis que l'Islam, religion des pauvres et des cités en France, est un opium dont on ne peut absolument nier une certaine légitimité.

Cette légitimité, évidemment, n'est pas religieuse mais sociale et politique. La dissolution des vieux liens dans les eaux glacées du calcul égoïste puis l'absence - certes momentanée mais longue - du communisme est un cocktail explosif. Le communisme effondré en apparence, l'idée d'un pour-tous immanent par terre... Que reste-t-il ? Après tout, dans le discours religieux, l'idée du partage demeure et comme, par ailleurs, le monde est invivable, entre les contrôles incessants d'identité et, par ex., l'école bousillée, il ne faut pas s'étonner que (re)naisse une échappatoire.

J'avoue volontiers, au reste, que voir nos anticommunistes frémir devant une religion qui n'adhère pas au fétichisme de la marchandise me fait assez plaisir. Cette résistance-là, il est vrai, a de sévères côtés réactionnaires mais enfin, elle ne communie pas dans ce qu'exprime Thomas Pollock Nageoire, dans L'Echange de Claudel, quand il dit que "Tout vaut tant".

Ce n'est pas la marchandise et la pornographie (la Cicciolina plutôt que la Burqa !, n'est-ce pas ?) qui enterreront les dieux morts, espérons-le, car l'idole de ces engeances est pire que tout. L'athéisme, même, par les temps qui courent, est assez affligeant : voyez Onfray, au secours ! L'athéisme postreligieux ne croit plus en rien. Il a de ce point de vue gagné et c'est affligeant. Toute idée qui triomphe court à sa propre perte, disait André Breton. L'athéisme, représenté par Onfray, peut passer aisément pour le courant de la perpétuation du rien, un nihilisme contemporain. En ce sens, le communisme, christianisme (ou Islam) des athées, n'est pas un athéisme, un matérialisme bête car il croit en quelque chose.

Précisément, c'est l'absence de croyance (croire n'est pas si bête) qui garantit la survie des religions et la gloire rigide de la lettre sur l'esprit. La "lente réinstallation de l'hypothèse communiste" est bien la seule chose qui puisse faire pièce à la situation actuelle.

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