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Billet de blog 20 février 2010

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A propos d'une tribune du PS sur l'Ecole publiée sur Mediapart.

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Après les "lois" Chevènement contre les prolétaires sans-papiers, après avoir privatisé à tour de bras sous Jospin (le PS a ainsi une lointaine responsabilité dans les suicides de France Telecom puisque c'est en outre Rocard et Quilès qui ont cassé les PTT dès la fin des années 1980), après avoir avalisé via Martine Aubry le Plan Juppé de 1995 et la flexibilité dans les usines sous le vocable "35 heures", le PS revient, la mine réjouie et toute honte bue, protester contre la politique de Sarkozy-Hortefeux-Besson et verser sa larme sur les morts de France Telecom... Après tout, l'absence de vergogne est au PS une seconde nature : Guy Mollet, qui était aux années 1950 ce qu'est Mélenchon aux années 2010, se proclamait un authentique marxiste...

S'agissant de l'Ecole, le PS, après nous avoir balancé Jospin et "l'élève au centre" puis son triste disciple Allègre dont la politique annonça de fait celle de Chatel, après avoir créé des syndicats lycéens idiots et godillots sous l'égide de Julien Dray et de Mélenchon - la FIDL, par exemple, adepte de l'Ecole light et ouverte-sur-le-monde -le PS se fend d'une tribune pour l'Ecole. Enfin, "pour" l'Ecole, c'est vite dit... Une tribune, plutôt, pour les voix silencieuses enseignantes (et, après tout, il y aura bien quelques gogos pour donner une obole aux mitterrando-jospinistes) afin de reprendre des couleurs aux Régionales, une élection parmi celles qui rythment le temps nul du capitalo-parlementarisme.

Comme il fallait s'y attendre, nos socialistes mettent l'accent sur le violence, c'est à dire, quand même, le seul angle antipolitique de la situation. Qu'on me comprenne bien, je ne dis pas que les violences en milieu scolaire sont pure affabulation, je dis simplement qu'elles sont un effet d'une politique réactionnaire. La violence, avant tout, est celle de l'Etat. Celui-ci, après s'être lentement démis de ses obligations à l'égard du peuple et singulièrement des plus pauvres venus de lieux plus ou moins lointains, a décidé désormais d'entrer en guerre contre cette population qu'il veut faire taire. Dans les banlieues populaires, il faut le dire clairement, les décrets Chatel sonnent la fin d'une Ecole déjà bien mal en point. Le savoir pour tous doit faire place pour la plupart des élèves à des heures de cours drastiquement réduites tandis que pour ceux qui s'en sortent un peu mieux, les associations type Réussir aujourd'hui se chargeront de les rallier au consensus étatique réactionnaire. Dans les deux cas, l'idée de cours ressort laminée des décrets Sarkozy-Chatel.

Parler de violences comme le fait le PS permet - même si la manoeuvre est grossière - de ne pas parler de politique, de faire la politique de la non-politique qui est elle-même non seulement d'une extrême violence mais qui est également, dans la situation actuelle, la violence principale. Bien naïfs celles et ceux qui ne voient pas ce qui se profile derrière l'idée de violence. Bientôt, on nous dira qu'il y a des Quicks hallal dans les environs des lycées violents ainsi que des burqas... En vérité, le seul point d'entrée du consensus UMP-PS à propos des grèves dans certains bahuts de banlieue est incarné par le mot "violence". L'irrationnelle violence constitue une ouverture idéale en vue d'un discours étatique violent contre les banlieues et ses habitants, singulièrement ceux d'origine étrangère. Sous le mot à la fois impressionnant et vide de violence, les organisations du capitalo-parlementarisme feront ce qu'elles font depuis 40 ans, à savoir des commissions, des accusations contre les gens du peuple, des propositions de suppressions des allocations et... des flics qui, eux, contrôleront les papiers des enfants d'origine étrangère.

Il n'est par ailleurs pas étonnant que la déclaration du PS arrive maintenant. Tant que les médias ont mis en avant l'idée de grèves contre la violence, les socialistes n'ont pas daigné se signaler. Rien de vrai, de singulier ne sortait sur la situation, sur sa réalité. Mais comme en même temps les faits sont têtus, il est peu à peu apparu qu'au mouvement de Vitry pouvait s'opposer celui d'Aubervilliers. Les enseignants de Chérioux ont accepté en effet d'être considérés comme des croisés de la non-violence, ce qui, vu ce que je dis plus haut, n'est pas exactement à leur honneur. En revanche, le mouvement parti de la cité scolaire Henri-Wallon d'Aubervilliers porte sur l'Ecole et sur le rapport que l'Etat entretient avec elle. Pourtant, Aubervilliers, d'un point de vue purement descriptif, n'est pas moins "violent" que Vitry.

Les enseignants d'Aubervilliers, même si évidemment ce n'est pas simple mais audacieux, ont décidé de se lancer dans un mouvement contre le point final de la politique UMP-PS contre une Ecole de qualité et exigeante pour tous. La violence, une fois de plus, c'est celle-là, celle qui, dans mon lycée par exemple, prévoit des cours de cosmétologie et de balistique pour les élèves. Celle qui veut, dans les villes et les quartiers populaires, une Ecole où seront dispensées des formations adaptées au bassins d'emplois locaux. C'est précisément cette Ecole que nous, grévistes encore balbutiants, nous refusons et c'est là-dessus que nous attendons que chacun se prononce.

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