Une petite musique sinistre à visée de désorientation.

Dans la foulée du livre de l'égérie réactionnaire Eugénie Bastié regrettant le temps - fantasmé - où les pétainistes débattaient avec "la gauche" (notion floue), l'émission de Finkielkraut en a remis une couche ce matin.

Répliques ce matin chez le ravi converti de la crèche pétainiste-républicaine dont le credo principal s'appelle Reconquête, l'inénarrable Finkielkraut. Invités, Bastié et Jean Birnbaum. L'objet : Mais pourquoi diantre gauche et fascistes ne se parlent-ils plus ? Birnbaum, tout à sa dérive islamophobe se retrouve piégé malgré tout car la maigre dissonance qu'il exprime lui vaut une montée en décibels de l'hôte indéboulonnable du samedi matin, 9h et des brouettes. Débat, donc : de la blague (et il faut être sacrément stupide pour s'y rendre - vaut mieux entendre Bastié chouiner sur Quotidien parce que Lordon l'a envoyée paître).
Cette même Bastié qui a comme motif répété ad nauseam que, quand même, dreyfusards et antidreyfusards pouvaient s'entendre puisqu'ensemble, ils auraient été OK pour défendre la patrie (i.e. se faire trouer la peau) en 14 au nom d'un idéal commun qui les dépassait (cette fascination de la réaction pour ce qui nous "dépasse", hum). Bref, toute cette antienne est une farce obscène. Que Finkielkraut donne la parole aux parents des gamins en GAV à Albertville ou au père d'Aylan Kurdi et on en reparle.
Car en attendant, la gauche qui discute avec l'ennemi avec lequel elle partage une virulente islamophobie lourde de menaces a célébré il y a moins de trois mois les 25 ans de la mort d'un ancien président de la République socialiste qui fut, excusez du peu, vichyste, Algérie française puis mouillé au soir de sa vie dans le génocide tutsi au Rwanda.

Ce sera donc leur morale ou la nôtre. 

Dans nos ténèbres, il n'y a pas une place pour la beauté. Toute la place est pour la beauté.

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