Qu'il existe des gens pour se dire, comme ces manifestants napolitains l'année dernière, que "le travail tue", ainsi que me le rapportait mon collègue d'histoire.

Qu'un jour où l'on doit par exemple faire la queue devant la bibliothèque de Beaubourg, l'on puisse prendre le temps de lire le petit texte de Sartre L'existentialisme est un humanisme, voir ce que peut être la puissance d'un texte et d'une pensée condensée (mais la liberté, c'est radical et ça vous rend invincible) et d'un coup, respirer, mais respirer...

Qu'on se rappelle qu'à trente ans passés, les surréalistes clamaient "Transformer le monde" a dit Marx ; "Changer la vie" a dit Rimbaud. Ces deux mots d'ordre pour nous n'en font qu'un", illustrant au passage la formule de Soupault dans Westwego "Quand on est jeune, c'est pour la vie".

Tout cela nous rappelle ce dont collectivement nous sommes capables de penser et de dire en ces temps gris où dire que le salariat nous opprime passerait presque pour signe de psychose.

"Transformer le monde" "Changer la vie"... N'y dérogeons pas. Ils prendront peur, les affidés du Chef, vous verrez...

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