Ce soir, sur Canal +, a été diffusé un reportage sur la campagne de M. François Kalfon, candidat PS tendance "Gauche populaire" aux Municipales de Melun. Sur le tract de ce monsieur, la gueule haiderienne du flic - ah, mais de gauche ! - Valls en guise de programme (et c'est tout un programme, en effet).

Rapidement, on comprend qu'au lieu de dire "Gauche commando Pernod des bistrots", la bourgeoisie PS en mal de sensations préfère s'appeler "Gauche populaire" où l'adjectif désigne un beauf à la Cabu. 

Le candidat Kalfon, donc, discute avec deux habitants de la taxe à 75% à l'égard des clubs de foot et l'un de ses deux interlocuteurs lui dit que "De toutes façons, les joueurs ne chantent pas La Marseillaise". Que répond donc notre socialiste ? Tenez-vous bien ! Il assène à son potentiel électeur, ceci : "On va la leur faire chanter, La Marseillaise - et en français dans le texte !"

Nul besoin d'être un Indigène de la République pour mesurer le racisme post et/ou néo-colonial de tels propos. En langage moins policé, ce que déclare le candidat Kalfon, c'est : "On va leur faire chanter l'hymne national, à ces négros et à ces bicots ! Et dans not' langue, en plus ! On va les assimiler, ces sauvageons !" M. Kalfon serait-il un néo-socialiste ?

Car cet épisode, en effet, est à rapprocher du vallsisme, nouvelle mode en vogue dans le socialisme français - oxymore - après Moch et Mollet. Il témoigne un peu plus, s'il en est besoin, de la lepénisation du Parti socialiste. "Besoin d'autorité", dit le candidat Kalfon, sur l'air benoît de l'évidence, pour justifier son tout-à-l'égoût. Son peuple est homogène à celui des Le Pen et Finkielkraut : il est de souche et rote accoudé sur le zinc comme il le ferait dans sa mangeoire.

Tout cela surprend et, en même temps, n'est guère étonnant. Le P"S", qui n'a jamais aimé le peuple ni les ouvriers, a toujours été calamiteux et réactionnaire, en la matière. Le peuple chante La Marseillaise ou bien alors, comme disaient les sinistres Mauroy et Defferre, il se compose d'"étrangers aux réalités sociales et économiques de la France". En cela, PS et FN sont absolument homogènes et c'est le parlementarisme français tout entier qui s'extrême-droitise.

Le consensus est raciste et le PS en est un acteur principal.

Rien sur la vérité de la vie des gens des cités. Rien sur la jeunesse d'origine étrangère maltraitée voire frappée par la police. Le peuple de la Gauche populaire est blanc, beauf et raciste.

Sans doute cette population réelle n'est-elle pas assez française pour François Kalfon, pas assez souchienne.

Notre souchien candidat, lui, a en tout cas fait son choix et son horizon politique indépassable - dans lequel il pioche vocabulaire et "idées" - a un nom : le Front national.

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