En perspective des élections régionales ou "Votez dur, votez mou... Mais votez bien dans le trou !"

Extrait d'un tract écrit avec un ami qui, comme moi, milita à L'Organisation politique (http://fr.wikipedia.org/wiki/Organisation_politique).

 

 

[...]Soyons clairs. Le pouvoir - celui, immédiatement, de Nicolas Sarkozy - tire sa légitimité d'un isoloir cachottier, c'est à dire, comme ne cesse de le répéter Fillon, de la majorité silencieuse, celle qui « dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas », à ceci près que l'isoloir est loin d'être un lieu où l'on parle haut et clair. Du reste, si la majorité demeure silencieuse, alors que précisément, elle est majoritaire, cela signifie simplement que son ciment est l'abjection et que c'est ainsi que l'entend l'Etat.
C'est donc au nom de la majorité des isoloirs que l'Etat légitime cet usage intensif de la répression dans toutes ses variantes. Ces violences sont inacceptables et nous les dénonçons. Qu'il y ait eu élection, soit, mais le résultat de la démocratie formelle n'a pas à matraquer la démocratie réelle. Dans leurs mouvements, les étudiants, comme les fonctionnaires et les cheminots, énoncent leurs positions et débattent en AG. L'existence d'une parole et d'un espace externes au consensus et à la violence organisés par l'Etat est-elle à ce point insupportable à Sarkozy et à ses sbires ? Nous le disons pourtant clairement : le déni de démocratie n'est du pas du côté des manifestants et/ou des grévistes ; il est du côté de ceux qui, au nom du vote s'opposent violemment, dans leur volonté politique d'inégalité et de ségrégation relayée par la police, à tous ceux qui ouvrent un débat politique sur des questions aussi essentielles que l'instruction, les retraites, le service public, le droit des étrangers et le respect des habitants des quartiers populaires. Il est du côté de ceux qui veulent qu'enfin, dans ce pays et 40 ans après Mai 1968, s'installent pour longtemps l'Ordre et le silence contraints. L'Ordre et le silence au moins dans les usines, dont les nombreuses grèves récentes sont tues par les médias, et dans les quartiers populaires et ouvriers dont les habitants les plus vieux (en particulier lorsqu'ils sont étrangers) sont purement et simplement gommés du discours politique étatique sur le pays tandis que leurs enfants révoltés sont eux insultés par le Chef de l'Etat en personne qui les désigne sous le nom de « voyoucratie ».

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