En exclusivité sur le site d'information www.lpld.fr, le récit bouleversant du 1er témoin qui à croisé les assassins de la rédaction de Charlie Hebdo.
Le vrai journalisme dans une période aussi sensible , nous sommes en guerre le prmier minsitre l'a confirmé deant l'Assemblée c'est de respecter ses sources afin de ne pas mettre en péril la vie des personnes , ayant suivi attentivement les pratiques des TV(LCI, ITELE,BFMTV)j'ai pu mesurer l'âpreté de la lutte pour être le premier , les sources policiéres qui distillent les informations a leur connaissance, www.lpdl.fr a respecté l'identité de cette personne et fait un récit humain d'une situation que peu de personne n'auront l'occasion de rencontrer dans leur vie , lisez réguliérement ce site il publie des choses de la vie que l'on ne retrouve pas dans l'actualité habituelle.
Récit : Chronique d’une journée indélébile…
Il est la première personne à croiser le chemin des frères Kouachi, quelques minutes après qu’ils aient perpétré le massacre de la rédaction de Charlie Hebdo, et assassiné un policier avant de fuir à bord de leur Citroën C3 noire. Il est celui à qui les deux frères ont précisé en lui volant sa vielle Clio, qu’ils appartenaient à la branche d’Al Qaïda Yémen, qui a depuis revendiqué les attentats sur le sol français. Il est surtout celui qui depuis un peu moins de deux ans avait tissé des liens avec Wolinski et Cabu qui étaient tous deux les clients réguliers de son kiosque à journaux.. Ironie du sort, il sera l’un des derniers à les voir vivants, le matin même de cette tragédie historique qui touche notre pays.
Récit de la journée d’un homme qui a croisé le visage humain de la barbarie et qui a miraculeusement eu la chance d’en revenir. Par Cédrik Viala
Le 7 janvier dernier est un matin comme les autres, aux pieds des buttes Chaumont. Michel se lève à l’aube, vers 02h45 pour se rendre au kiosque à journaux qu’il possède depuis près de deux ans, situé dans l’un des quartiers bourgeois de la rive gauche. Il s’habille rapidement, avale son bol de thé et quitte son appartement en compagnie de son chien Gabin, un Kern gris et noir. Il arrive à 04h30 du matin à son travail, le cérémonial est identique chaque jour que dieu fait. Il lève le rideau de son kiosque et fait la mise en place des journaux. Le jour se lève sur la capitale, les Parisiens affluent des bouches de métro, emplissent peu à peu les trottoirs du quartier, et les premiers clients défilent. Tous se pressent aux premières heures de bureau. Les minutes s’égrainent, il est environ 9h30. Cabu puis Georges Wolinski passent prendre leurs journaux respectifs. Chacun d’eux a comme toujours un petit mot attentionné pour le kiosquier. Wolinski lui lance même qu’il prendra Charlie hebdo directement au journal ou il se rend pour la conférence de rédaction hebdomadaire, avant de tourner les talons.
Puis la matinée suit son cours. Michel vaque à ses occupations, sert ses clients avec l’efficacité et la sympathie que chaque habitué lui connaît. Il quitte son kiosque, dont il laisse la caisse à son employé vers 11h00. Prends sa voiture, une petite Clio grise qui affiche vaillamment 150 000 km au compteur, fait monter son chien et démarre en direction de son domicile. Il décide de faire le plein d’essence à la station-service située à l’angle du boulevard de la Villette et de la rue Louis Blanc. Repars, puis s’arrête au second feu sur la place du colonel Fabian. À ce moment précis, il entend le bruit d’un accrochage assez violent. Il y prête à peine attention, apercevant juste dans son rétroviseur, une petite voiture noire venant de percuter un monospace de couleur claire.
Attendant que le feu passe au vert, pour se rendre faire quelques courses rue de Meaux, avant de rentrer chez lui, il remarque à nouveau le véhicule noir qui déboite, grille un feu et file ensuite à vive allure, remontant l’avenue Mathurin Moreau, jusqu'à la hauteur de l’avenue Simon Bolivar.
Il démarre, puis tout s’enchaine. Un véhicule arrive en un éclair sur sa droite, et lui coupe net la route. La Citroën C3 noire est là, face à lui.
Sa première réaction est de penser que les deux passagers ont volé ce véhicule et qu’ils souhaitent en voler un second à la suite de l’accrochage ayant eu lieu quelques minutes auparavant. Mais le scénario ne colle pas ! Les deux occupants sont lourdement armés, vêtus de noir des pieds à la tête, affublés de gilets par balle, tels des membres du GIGN. Leurs cagoules roulées sur le crâne laissent apparaitre leurs visages.
Un premier homme armé d’une Kalachnikov descend de la Citroën. L'homme qui s'avérera être Saïd Kouachi, arrive à sa hauteur, coté conducteur, le braque et lui lâche d’un ton calme et déterminé : « Descends, nous avons besoin de ta voiture ».
Tout se bouscule alors dans sa tête et les questions fusent à une vitesse hallucinante : « un car-jacking pour une voiture vielle de 15 ans ? Impossible ce n’est pas une BMW…ma bagnole… » Michel obtempère et s’extrait de son véhicule. Le premier homme prend immédiatement place au volant. Le second arrive à son tour d’un pas tranquille, comme en suspension, armé d’un fusil lance-grenade, et s’engouffre à son tour à bord de la Clio, comme si les deux hommes étaient en répétition pour le tournage d’un film de commando.
La rue est vide aucun autre véhicule n’est présent sur la scène. Le braquage se déroule sans crie, dans un calme assourdissant. Un cauchemar éveillé.
Saïd Kouachi, installé au volant, démarre aussitôt. Michel réagit instinctivement, et ouvre, dans un sursaut, la portière arrière de la Clio pour récupérer son chien, blotti sur la banquette. À ce moment-là le moteur de la vielle Renault cale une première fois. Le braqueur redémarre, puis observe un temps d’arrêt, pointe du regard Michel et lui lance ces derniers mots : « Si les médias t’interrogent, tu leur diras que c’est Al Qaïda au Yémen » et la voiture accélère aussitôt, puis disparait en direction de la porte de Pantin.
Malgré la scène qu’il vient de vivre, Michel prend calmement son Smartphone et compose le 17 pour donner l’alerte. À peine a-t-il divulgué les informations de son braquage, que son interlocuteur, fait immédiatement le rapprochement avec l’attentat qui vient de se dérouler dans le XIe arrondissement et l’en informe aussitôt.
Un attentat à Paris ( ???),… à Charlie Hebdo, qui vient de se produire,… il y a moins d’une heure,… ??? Toutes ses questions raisonnent comme un écho. Comment est-ce possible, lui qui échangeait des mots et des regards avec deux des dessinateurs emblématiques de l’Hebdomadaire satirique, il y a à peine quelques heures?
A cet instant, Michel se retourne machinalement vers la boulangerie de laquelle il peut observer l’écran plasma allumé sur une chaine d'info, qui diffuse en boucle les premières images de l’attentat.
C’est une nouvelle déflagration qu’il subit de plein fouet. Il comprend qu’il vient d’échapper à une mort certaine. Le choc est d’autant plus fort, qu’il prend connaissance de la liste provisoire des noms des victimes. Il est consterné, Cabu et Wolinski, qu’il avait vu le matin même, ne sont désormais plus de ce monde. Comment peut-on se remettre d’une telle expérience ?
Les forces de police engagées dans la poursuite des terroristes arrivent sur les lieux et investissent le quartier. Le périmètre est rapidement bouclé afin de permettre à la police technique et scientifique d’effectuer les premières analyses du véhicule abandonné. Beaucoup d’indices jonchent le plancher de la Citroën, entre autres des douilles, un étui d’arme et une carte d’identité notamment, qui permettra à la police de remonter jusqu’aux frères Kouachi et les filières djihadistes qu’ils fréquentaient.
Michel est emmené par des policiers pour déposer son chien chez lui, puis il est directement conduit au quai des Orfèvres afin d’effectuer sa déposition. Il est un témoin capital. Il reconnaît immédiatement le visage de Saïd Kouachi à travers la douzaine de portraits que les enquêteurs lui présentent. L’information qu’il divulguera, sur l’appartenance des deux frères à la branche terroriste d’Al Qaïda au Yémen, permettra également de faire des rapprochements capitaux.
Depuis cette terrible journée, Michel est certes aujourd’hui choqué, mais avec le recul sur son histoire, il essaie de comprendre, ce qu’il vient de vivre. « Je suis marchand de journaux, je vois chaque jour des gens qui sont, pour certains, un peu plus que de simples clients. Ce qui me travaille, c’est le relationnel de cette histoire. Le cercle de la vie est une chose que l’humain ne maitrise pas… Et de conclure "il faut en avoir conscience».
Ce 7 janvier 2015, Michel D et Saïd Kouachi se sont fait face, à moins de deux mètres de distance. Tout s’est passé très vite, dans un enchainement d’images qui resteront à jamais gravées dans sa mémoire. Pourquoi, lui, est-il aujourd’hui vivant ? Cette question sans réponse, risque de le hanter pour le restant de ses jours. Pour l’heure, les services de police lui ont proposé une aide psychologique qu’il a immédiatement décliné. « C’est vrai, j’ai bien failli être le numéro 13 ce mercredi 7 janvier 2015, mais ce genre de choses n’est pas dans ma nature, je vais bien, cela ne se voit pas ?» lance-t-il avec un sourire malicieux. Un homme ordinaire ? Non, tout simplement un homme qui a croisé le diable un jour de janvier 2015 et qui a le sentiment que ce n’était pas encore son heure.
Michel D* : Le prénom de notre témoin a été modifié pour préserver son identité et celle de sa famille pour des raisons de sécurité.