HSBC-RAPHANEL:HSBC devrait respecter le droit bancaire, comme le français.

HSBC cette banque anglaise , implantée en France devrait respecter tant le droit anglo saxon qui préconise le principe de l'ESTOPEL et qui interdit de mentir et refuser le mensonge français se devant de retenir que le meilleur pour ses clients , au contraire la banque HSBC prend le plus mauvais des deux côtés de la Manche, dommage celà aurait pu être UN EXEMPLE c'est tout le contraire.

 

 

 

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Jean-Michel Delacomptée :     «Francophonie partout,

                                français nulle part»

Michel Delacomptée Source Le FIGARO

 

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Dans son discours tenu à Erevan lors du récent sommet de la francophonie, le président Macron, d'habitude si parfaitement maître de sa diction, a plusieurs fois buté sur les mots. La fatigue peut-être, ou l'embarras. Car brasser autant de vent en une demi-heure relève du tour de force. Mais la vacuité du discours révèle en l'occurrence une autre forme d'exploit: exalter la francophonie sans parler de la France. Gommée, quasiment disparue.

Ne contestons pas les objectifs du président tels qu'il les a exposés: développer l'usage du français à travers le monde, voir dans la jeunesse africaine une chance extraordinaire, soutenir que l'avenir de l'Afrique passe par l'éducation et par la défense du droit des femmes, combattre l'obscurantisme, lutter pour l'environnement, propager nos valeurs partout dans l'espace francophone: on ne peut qu'approuver, d'autant que ces incantations ne coûtent que la peine de les applaudir. Un prêche optimiste, donc.

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Mais en quoi la francophonie aurait-elle besoin, pour rayonner, de l'effacement du français de France (et du Québec, de la Wallonie, de la Suisse romande, où notre langue est langue maternelle)? «Quand je parle de langue française, je parle de nos langues françaises», a-t-il expliqué: la singularité fond dans le pluriel comme sucre dans l'eau chaude. Bien plus: la langue française, nos langues françaises, a «un épicentre», qui ne se trouve pas sur les rives «de la Seine», mais «sans doute dans le bassindu fleuve Congo ou quelque part dans la région». Nous voilà confrontés à un tremblement de terre dont il eût été bon d'aviser les populations. Et de rechercher leur accord, éventuellement.

«Réinventer la francophonie», carillonne le président à deux ou trois reprises: on aimerait savoir ce qui légitime l'effacement de la langue de notre pays au profit d'une langue internationale dépourvue de centre - hormis l'épicentre du séisme annoncé -, de cette langue «émancipée de son lien avec la nation française», de ce lieu «sans contours», langue dès lors vouée, comme l'anglais, à se métamorphoser en un nouveau globish, en un espéranto new-look, en un français supra-français encore innommé, suspendu aux nuages d'une abstraction qui rêve.

Prétendre que «l'anglais, devenu langue de  consommation», sera concurrencé par le français, langue de «création», relève au mieux de la pensée magique, au pire du double jeu. Car dans le temps où ce beau discours égrène les slogans, nos filières littéraires s'effondrent, l'enseignement des lettres périclite, les crédits pour les lycées français à l'étranger se coupent à la hache, le budget du réseau culturel extérieur s'atrophie, les instituts français ferment peu à peu leurs portes. La pente, déjà ancienne, continue de glisser.

Inutile d'être grand clerc pour comprendre que notre idiome se perdrait dans les sables s'il oubliait son histoire, c'est-à-dire l'intime étroitesse de ses liens avec la France, noués par le biais d'une politique d'État riche d'efforts multiséculaires. La réinvention de la francophonie vantée par Emmanuel Macron fait l'impasse sur la nature de notre langue, façonnée par le latin, bâtie sur le socle de l'écrit, consolidée par la fondation de l'Académie française, enseignée par les hussards noirs de la République et sublimée par des écrivains de tous horizons. Cette langue s'avère foncièrement inapte, pour rester elle-même, à se transformer en un outil de communication mis au service de pratiques déterminées, pour l'essentiel, par les impératifs du commerce et des affaires.

Le plus grave ne réside pas dans ce tour de passe-passe qui consiste à qualifier de française une langue qui ne serait plus française.

C'est un abus de laisser croire que l'usage du français doit, pour triompher dans l'univers, s'abstraire de ses origines. Ne nous y trompons pas: langue de création aujourd'hui, ce ne sera plus le cas demain. Ou, plus exactement, la consommation primera sur la création. Le projet, en soi magnifique, de réunir, ou d'instituer, un congrès des écrivains francophones, qui aura pour conséquence d'ôter à l'Académie française le privilège exclusif d'accueillir ces mêmes écrivains au sein de notre langue, vise in fine à jeter un voile superbement brodé sur la disparition du français en tant que tel.

Le plus grave ne réside pourtant pas dans ce tour de passe-passe qui consiste à qualifier de française une langue qui ne serait plus française. Il réside dans le risque démiurgique de déposséder notre peuple de sa propre langue. De la soustraire à son autorité, puisqu'elle sera intégrée à un ensemble sans lieux ni contours, île flottant parmi d'autres dans un archipel aux limites mouvantes. Conjuguée à l'érosion de notre souveraineté financière, budgétaire et juridique sous l'action, raisonnable sinon désirable, de la double meule européenne et globale, cette dépossession de notre patrimoine linguistique vaudrait perte du bien premier, le père de tous les biens: la langue en laquelle nos compatriotes éprouvent, pensent et s'expriment. Cela commence à faire beaucoup de soustractions.

Le prétendu progressisme, qui traite de «lèpre» le désir des peuples de perdurer dans leur identité - ce désir dont le président Macron a pourtant lui-même reconnu la légitimité - se confond avec la fuite en avant de responsables qui, sincèrement attachés au respect des droits de l'homme, versent dans la démesure par une conception dogmatique de la modernité. C'est à peine croyable, mais nous en sommes arrivés au point où, toutes choses égales par ailleurs, on peut discerner un air de ressemblance entre l'ambition purement idéologique de modifier une langue pour en faire une novlangue comme dans le1984d'Orwell, et cette façon de décréter que le français se réduit à une simple composante de l'espace francophone.

De quel chapeau, introuvable au rayon des promesses de campagne, est sortie pareille idée, sinon du besoin d'ajouter une nouvelle couche de repentance postcoloniale à la start-up nation? Une idée généreuse en apparence, mais lancée sans aucune concertation, qui paraît davantage le fait d'un prince étourdi par des visions hors-sol et une hostilité de principe à toutes les frontières, que d'un sage promoteur d'une francophonie rénovée où les pays d'expression française forgeraient un rôle mieux approprié à leurs intérêts et à leurs idéaux, sans que la France - et le peuple français avec elle - ne perde sa place. Et puisque notre président fit, à Erevan, l'éloge de Charles Aznavour qui s'imposait, observons que c'est en un français de longue mémoire que celui-ci chantait, et que c'est bien la France, pas le bassin du Congo, qu'il honorait par son art poétique. Donnons à chaque pays, à chaque peuple, la part qui lui revient.

* Auteur de nombreux portraits littéraires - en particulier de Montaigne, Racine, Bossuet et Saint-Simon- et de plusieurs romans et essais, Jean-Michel Delacomptée a récemment publié «Notre langue française» (Fayard, 2018, 220 p., 18 €), grand prix Hervé Deluen de l'Académie française.

Louise Mushikiwabo: «Il faut distinguer la France de la Francophonie

Promotion de la langue française, politique internationale... Louise Mushikiwabo promet d'apporter un vent de renouveau à la francophonie si elle est élue à la tête de l'Organisation internationale de la Francophonie. Dans un entretien donné à l'AFP, la candidate rwandaise à la succession de la sortante québécoise Michaëlle Jean, estime que l'OIF «pourrait faire beaucoup plus» pour peser sur la scène mondiale.

Qu'est-ce que la Francophonie selon vous?

Louise MUSHIKIWABO. - Pour moi, la Francophonie c'est un environnement culturel, c'est un écosystème où, à travers la langue française, on échange sur des sujets d'intérêt commun. À mon avis, une organisation comme ça, avec des cultures variées, avec des atouts de toutes sortes, économique, social, politique, devrait avoir beaucoup plus d'importance. C'est aussi parmi mes priorités de vraiment relever le niveau de cette organisation sur l'échiquier mondial.

La Francophonie est souvent dénoncée comme la continuation de la politique étrangère de la France. Êtes-vous d'accord avec ce jugement?

La critique est légitime. Dans le mot Francophonie, il y a France, il y a la langue française. Donc ça c'est la réalité. Seulement, je pense qu'il faut distinguer la France de la Francophonie. Si je ne me trompe pas, le président français Emmanuel Macron a compris que la Francophonie c'est justement plus que la France. C'est une organisation qui doit tenir compte des réalités du monde actuel, y compris vivre en harmonie et côte à côte avec d'autres langues.

Comment doit-on faire pour promouvoir la langue française?

La promotion de la langue française, c'est la présence, la visibilité. Au-delà de la langue, c'est quand les pays francophones, les différents opérateurs de la Francophonie, par exemple les hommes et femmes d'État, sont visibles sur le plan international. L'omniprésence de l'anglais est peut-être inévitable, mais ça ne veut pas dire que la langue française ne peut pas faire valoir ses avantages, ses atouts. Je pense qu'il faut avoir une attitude beaucoup plus proactive.

Quelles seront vos priorités si vous êtes élue secrétaire générale de l'OIF, les 11 et 12 octobre en Arménie?

La question de l'emploi des jeunes est centrale. Une organisation comme la Francophonie a l'avantage de pouvoir créer des ponts entre les pays membres. Je suis frustrée de ne pas voir assez le secteur privé francophone organisé, alors qu'il y a beaucoup d'hommes et de femmes d'affaires francophones qui sont engagés, qui sont capables de faire des choses. L'emploi des jeunes touche automatiquement à la question de la migration, à la problématique de la radicalisation. Donc si on peut utiliser toutes nos énergies et toutes nos relations en tant qu'organisation (...), on peut faire une différence.

Quel regard portez-vous sur le bilan de Michaëlle Jean, qui a été critiquée pour son train de vie?

Je vais y répondre comme ceci. À l'OIF, il y a beaucoup de choses qui se font aujourd'hui. Mais pour moi, on pourrait faire beaucoup plus. Voilà d'ailleurs pourquoi j'ai envie de me présenter, j'ai des projets, j'ai une ambition. Notre organisation n'est pas vraiment où elle devrait être. Pour moi, la transparence dans la gestion n'est même pas une question qui se pose. Je suis au gouvernement rwandais et pour nous, c'est ça la culture: la culture de la transparence, la gestion saine. Ce que je peux vous dire, c'est qu'avec moi à la tête de l'OIF, il y aura la transparence, il y aura une bonne gestion.

Le respect des droits de l'homme et la promotion de la démocratie seront-ils parmi vos priorités, alors que le Rwanda, dont vous êtes la ministre des Affaires étrangères, est critiqué dans ces domaines?

Toute la notion de démocratie et des droits, ce n'est pas toujours très clair et très précis ce qu'on veut dire par là. On a collé une étiquette au Rwanda par rapport à ces questions de liberté. Je suis très fière de la gestion politique du Rwanda. Je vois ce que, pas tout le monde, mais la majorité des Rwandais pensent. Ils sont contents du système démocratique qui est là. Le président (Paul) Kagame est un président qui a beaucoup travaillé pour son pays, qui est venu à un moment très difficile de l'histoire de son pays, qui est très populaire.

La Francophonie doit-elle, selon vous, aller plus loin dans la dénonciation des régimes autocratiques?

Je ne crois pas aux donneurs de leçon. Je crois beaucoup dans un système d'accompagnement, où on écoute, où on pose des questions, où on prodigue des conseils. Pour moi, la meilleure manière de gérer notre mission par rapport à la démocratie et aux libertés, c'est de se tenir tout près des États, de leur donner conseil, quelques fois même de les aider. L'objectif n'est pas de donner des leçons, ou de comparer des systèmes par rapport à d'autres. Je crois que ce qu'on veut dans notre espace francophone, ce sont des systèmes politiques qui sont justes, qui respectent les droits, qui font la promotion de tous les citoyens.

 

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