Rachid Zouhhad : « Ma vérité sur les dysfonctionnements, IUT st DENIS, ce titre m'a interpellé , je vous invite a le lire.

Rachid Zouhhad : « Ma vérité sur les dysfonctionnements, l’omerta et l’opacité qui règnent dans l’affaire de l’IUT de Saint Denis depuis deux ans ! »

LPLD.fr : Voici plus d’un an, plusieurs médias nationaux se sont emparés d’une affaire vous mettant gravement en cause au sein de l’IUT de Saint-Denis, dans lequel vous enseignez depuis plus de 28 ans. Vous vous exprimez pour la première fois librement sur un média pour évoquer votre version des faits, qu’avez-vous tout d’abord envie de dire à vos détracteurs face à toutes ces accusations à votre endroit?

Rachid Zouhhad : D’abord, que je ne cultive aucun sentiment de vengeance ou de volonté de revanche. La seule chose que je réclame c’est la justice ! Que celles et ceux qui sont responsables des accusations et imputations injustes ou odieuses à mon égard et à l’égard d’autres collègues, répondent de leurs actes devant les tribunaux. J’ai agi dans ce sens et j’attends le résultat des enquêtes de Police et que la justice se prononce. Je sais que c’est un lieu commun que de dire cela, mais je n’ai pas d’autre moyen pour y parvenir.

LPLD.fr : Votre nom est cité à de nombreuses reprises dans plusieurs médias depuis des mois, vous semblez être la cause de tous les maux qui frappent l’IUT de Saint Denis, comment vivez-vous cette situation au quotidien ainsi qu'au sein de votre famille et de vos proches ?

"Être présenté comme étant à la fois « Ben Laden, Madoff et Al Capone », n’est pas facile à vivre..."

R.Zouhhad : Être présenté comme étant à la fois « Ben Laden, Madoff et Al Capone », n’est pas facile à vivre, surtout quand cela ne correspond à aucune réalité ! Cela l’est encore moins pour ma famille. Elle en a souffert et continue d’en souffrir, mais qui s’en soucie ? Ce qui accentue le malaise c’est l’acharnement manifeste de certains médias qui ne se donnent même pas la peine de vérifier si les accusations en question sont fondées ou non. Ce qui l’est également, c’est le torrent de haine qui se déverse sur de nombreux sites, et que l’irresponsabilité de ces médias a généré et nourrit. Se sont-ils posé la question de savoir si la diffusion de mon nom avec de telles accusations exposait ou non ma famille à d’éventuelles agressions ? Assurément non.

LPLD.fr : On vous accuse notamment, de prosélytisme religieux, de misogynie envers vos collègues féminins, de clanisme voire de népotisme, de prise illégale d’intérêt, de menaces de mort, à mots couverts, envers le directeur de l’IUT, Samuel Mayol, …. Ce n’est pas un peu trop pour un seul homme ?

R.Zouhhad : Tout d’abord, il convient de préciser que je n’ai pas été le seul à avoir été accusé de tout cela. Ensuite, ces accusations sont apparues il y a plus d’un an. Depuis, M. Benoît Hamon, Ministre de l’Education Nationale et de l’Enseignement Supérieur a saisi le Parquet de Bobigny en mai 2014 d’une demande d’ouverture d’une enquête préliminaire pour : menaces, agressions, emplois fictifs et détournements de fonds.

A ce titre, j’ai été entendu par la Police à deux reprises, dont une dans le cadre d’une garde à vue. Qu’est-il resté de ces accusations à caractère pénal ? STRICTEMENT RIEN. Les collègues et moi-même, étions injustement accusés et clamions notre innocence depuis le début, voyant petit à petit les accusations tomber les unes après les autres depuis que la Police et la Justice commencent à apporter des réponses à ces accusations. Pour autant, nous ne savons toujours pas qui est à l’origine des prétendues menaces et agressions. Einstein disait qu’un « problème créé ne peut être résolu en réfléchissant de la même manière qu’il a été créé ». Il conviendrait peut-être de soumettre celles et ceux qui sont à l’origine de ces accusations aux mêmes investigations que celles dont nous avons été l’objet. Désormais, on ne peut écarter cette piste, sans risquer de passer à côté des réponses que nos collègues de l’IUT et nous-mêmes, attendons.

- Pour ce qui est du prosélytisme religieux, cette accusation ne repose sur rien de sérieux. Mes collègues et moi-même avons servi l’État depuis plus de 25 ans, et voilà que soudainement, nous nous réveillons un beau matin pour commettre une telle faute ? J’ajouterai même, une faute professionnelle grave. Là encore, les investigations des services de Police et de justice n’ont abouti à aucune conclusion confirmant cette accusation.

- Pour ce qui est du comportement misogyne que l’on a tenté de m’imputer, cela n’a aucun sens. Il a suffi de citer le cas de deux collègues femmes aux fonctions desquelles j’ai mis un terme pour des raisons professionnelles pour me taxer de misogynie. Elle représente moins de 2 % de l’ensemble des personnels employés à un titre ou à un autre dans le département TC. Est-il nécessaire de préciser que ni M. MAYOL, Directeur de l’IUT, ni la hiérarchie de l’Université, n’a désapprouvé cette décision ou a manifesté une quelconque désapprobation officielle ou officieuse. Pour quelle raison, ne leur a-t-on pas imputé un tel comportement ?

- Le clanisme et le népotisme sont là encore, comme pour les accusations précédentes, le résultat des imputations reprises par le rapport de l’IGAENR et qu’aucune pièce objective n’est venue étayer. Qu’en est-il en réalité ? Les personnes écartées de leurs fonctions pour des raisons qui, une fois encore, n’ont été contestées par aucun responsable de l’IUT ou de l’Université, ont été remplacées après qu’un appel à candidatures ait été adressé à l’ensemble des collègues du département TC (Technique commerciale). C’est un fait vérifiable pour peu que l’on se donne la peine de le faire. Contrairement à ce qui est affirmé par l’inspection, ces collègues femmes n’ont pas été remplacés par des anciens collègues que j’aurai connus à l’IUP Ville et Santé dix ans auparavant, mais par des collègues connus de moi-même mais aussi de nombreux autres de l’IUT et de l’Université et qui n’ont jamais été en poste dans cet IUP.

- Pour ce qui est du népotisme et, allons même plus loin, de la relation familiale à l’un ou l’autre des collègues qui aurait prétendument profité d’un quelconque passe-droit de ma part, la réponse est définitivement NON. De surcroît, je pense utile de rappeler qu’en tant que Chef de Département, je n’avais pas le pouvoir de « payer » qui que ce soit, car je n’étais pas « ordonnateur », pour reprendre un terme utilisé dans notre Administration. Seul le Directeur de l’IUT et le Président ont ce pouvoir. Par conséquent, rien ne peut être payé si cela n’est pas décidé par M. MAYOL, Directeur de l’IUT.

Ensuite et contrairement à ce qu’a affirmé l’un des grands quotidiens nationaux, je n’ai aucune relation familiale qui me lie à l’une ou l’un de mes collègues du département TC ou de l’IUT Saint-Denis ou même de l’Université Paris 13.

Je n’ai jamais employé aucun membre de ma famille proche ou éloignée dans le département TC, ou demandé à ce qu’un membre de ma famille le soit, dans l’IUT ou dans l’Université Paris 13. Plus encore, aucun membre de ma famille n’a été inscrit à l’IUT ou à l’Université Paris 13. Les membres de ma famille proche ou éloignée ont étudié dans d’autres Universités et Écoles. Là encore, cela est aisé à vérifier, pour peu que l’on s’en donne la peine. A-t-on posé la même question à M. MAYOL et à ses collaborateurs les plus proches ? Non bien sûr !

L'IUT de Saint Denis : un institut de l’Université Paris 13 (Saint Denis)

L'IUT de Saint Denis : un institut de l’Université Paris 13 (Crédits : D.R)

LPLD.fr : Pourquoi selon vous?

R.Zouhhad : On se le demande, car il n’est nul besoin de procéder à une investigation approfondie pour constater qu’il y a des membres des mêmes familles en fonction à l’IUT ; que des compagnes, épouses, époux ou compagnons travaillent ensemble dans cet IUT. Parfois même, les enfants de certains se trouvent scolarisés dans le même département que celui où ils sont en fonction ou dans un autre département du même IUT ; qu’un Président de jury, M. MAYOL, ne se soit pas retiré ni n’ai signalé qu’un membre de sa famille, son neveu en l’occurrence, voyait son année validée par le jury en question, fleure plus le népotisme que ce qui m’est imputé de façon fallacieuse. Non, cela ne réclame par une investigation approfondie, et pourtant cela a échappé à la mission de l’IGAENR, et plus encore aux médias qui se sont évertués à me trouver un lien de famille avec l’un de mes collègues, alors qu’il n’en existe aucun.

- Pour la prise illégale d’intérêt ou toute rémunération indue que l’on a pu m’attribuer de façon explicite ou implicite, les services de Police et de justice n’ont pas eu de mal à procéder aux vérifications nécessaires et le résultat me semble maintenant s’imposer à toutes et tous. Là encore, je réclame logiquement que mes contempteurs soient soumis aux mêmes vérifications, par souhait de voir respecter le principe d’égalité, y compris dans ce type d’investigation.

Mieux encore, je suis tout à fait favorable à la saisine de la Cour des comptes. D’ailleurs M. MAYOL avait annoncé le 11 mars 2014 devant les élus du Conseil de l’IUT qu’il la saisirait, et plus d’un an et demi après, force est de constater que son engagement n’a pas été tenu. Je l’invite donc à se remémorer cela, et surtout à le mettre en œuvre, pour l’ensemble de l’IUT.

"La vente de sandwichs halal, ...ne relève nullement de mes prérogatives. Les autres associations et listes le font également sur le site de Villetaneuse et depuis de nombreuses années"

LPLD.fr : Pouvez-vous revenir sur cette histoire de salle de prière dans le détail, ainsi que sur l’obscure association baptisée « L’ouverture » qui aurait vendu, (ou vendrait encore aujourd'hui?) des sandwichs halal au sein de l’IUT, grâce à vous, selon les propos de certaines personnes, dont des étudiants ?

R.Zouhhad : Je n’ai entendu cette allégation pour la première fois que le 8 avril 2014, à l’occasion d’une audition par la Police qui m’a posé la question. Je n’ai appris que par la suite la localisation de cette fameuse « salle de prière ». Il s’agit en fait d’un bureau de près de 3m sur 4m ou 5m, situé dans la partie centrale presque en face des amphis de l’IUT et juste attenant au bureau des sports, et en tout état de cause en dehors des locaux dédiés au département TC.

Les étudiants de cette association vendaient des sandwichs halal dans le couloir principal jusqu’à la fin de l’année 2012. Ensuite, il leur a été interdit de le faire. Cette décision, autant que l’attribution de ce local ou plus simplement l’autorisation de cette association ne relèvent nullement du pouvoir que j’avais en tant que responsable du département TC, mais du directeur de l’IUT et du Président de l’Université. Mes liens à cette association sont les mêmes que ceux que j’entretiens avec tous les élus étudiants dans les instances de l’Université. Il faut peut-être rappeler que cette association a des élus au Conseil d’Administration de l’Université et dans une autre instance où je siège encore à ce jour. Leur principal interlocuteur était M. MAYOL qui les a certainement reçus plus que je ne l’ai fait.

Je n’avais donc pas plus de relations privilégiées avec cette association qu’avec les autres associations, listes ou syndicats d’étudiants siégeant dans les instances de l’Université. Pour ce qui est de la vente de sandwichs halal, ce droit ne relève nullement de mes prérogatives. Les autres associations et listes le font également sur le site de Villetaneuse et depuis de nombreuses années.

LPLD.fr : D’après nos sources, le local en question serait condamné depuis plusieurs mois, depuis quand précisément, sur quelle décision et quelle motivation selon vous ?

R.Zouhhad : En effet, les collègues ont constaté tout comme moi qu’il n’y a plus d’activité apparente dans ce local depuis sa fermeture sur décision de M. MAYOL. Aucune association ne semble l’occuper ou l’avoir occupé depuis. Pourtant, c’était l’objet de la décision que M. MAYOL avait soumis au Conseil de Direction de l’IUT (qui réunit les Chefs des huit départements de l’IUT pour assister le Directeur dans sa mission) fin 2012. Il s’agissait de permettre à toutes les associations d’en profiter de façon égale, en raison de l’absence de possibilité de leur attribuer d’autres locaux. Cette proposition de M. MAYOL a rallié un vote unanime, y compris le mien et contrairement aux informations erronées propagées par l’un des grands quotidiens nationaux. Depuis, je n’ai pas vraiment suivi la mise en œuvre de cette décision jusqu’à l’année dernière où la mise en cause de cette association par M. MAYOL a été révélée par la presse.

LPLD.fr : Quelle est la raison invoquée lors de votre éviction du poste de directeur du département Technique Commerciale et gestion (TC) de l’IUT en mars 2014 ? Et selon vous quelle est la cause réelle ?

R.Zouhhad : En réalité, il y a plusieurs raisons invoquées. Une liste de reproches m’a été adressée en février 2014 par courrier me demandant d’y remédier sous 48 heures. Mais la lecture de celle-ci par quelqu’un de rompu aux pratiques universitaires ne peut aboutir qu’à une conclusion : cela n’a aucun sens.

À titre d’exemple, M. MAYOL prétendait que des collègues directeurs des études (responsables d’une promotion d’étudiants) et enseignants avaient exercé des pressions sur des collègues secrétaires. Aucune précision sur qui, quand et comment n’était apportée. Dans ces conditions, il m’était impossible d’intervenir pour mettre un terme à cela, à supposer une telle affirmation fondée. Mais, elle ne l’était pas, car M. MAYOL est le seul habilité à saisir le Président de l’Université pour faire traduire le ou les collègues éventuellement responsables devant le conseil de discipline.

Là encore, force est de constater que personne depuis n’a été traduit par M. MAYOL devant la section disciplinaire de l’Université pour ce motif. Il est curieux de constater que M. MAYOL ayant eu connaissance au cours de cette année d’injures, menaces et intimidations qui sont le fait de personnes qui lui sont proches et qui ont été dénoncées par de nombreux collègues de l’IUT dans le cadre d’enquêtes internes (cellule d’écoute, rapport de la médiatrice et du CHSCT « Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail »), n’a pas jugé bon de saisir le Président de l’Université pour demander qu’ils soient déférés devant la section disciplinaire. Il n’a même pas déposé une plainte au nom de l’institution, alors que les membres de son équipe n’avaient pas hésité à le faire au début de l’année 2014 contre un collègue à l’égard de qui, son équipe semble nourrir une attention obsessionnelle, M. BELAKHDAR, au point de l’accuser de faits graves que le Procureur de la République a jugé dénués de tout fondement. D’ailleurs, M. MAYOL n’a pas hésité à demander à ce qu’il soit empêché, à plusieurs reprises par le service de sécurité de l’IUT, d’accéder à son lieu de travail. 

"Le plus incroyable dans cette histoire, c’est la cabale orchestrée pour obtenir que l’on me démette de mes fonctions de chef de département qui, il faut le rappeler, résulte d’une élection"

Autre exemple, M. MAYOL me reprochait d’avoir créé un comité de conciliation et de rappel au règlement (CCRR) qui avait, affirmait-il, sanctionné les étudiants. Or, M. MAYOL est d’une mauvaise foi évidente, car toutes les demandes pour traduire les étudiants devant le disciplinaire lui étaient adressées par moi-même et soumises à sa validation obligatoire avant la transmission au Président de l’Université puis à la formation disciplinaire. Aucune sanction des étudiants n’a été prononcée par ce CCRR. Et toutes les demandes de déferrement des étudiants que j’ai adressées à M. MAYOL et qu’il a validées ont donné lieu à condamnation sans qu’aucune faute de forme n’ait été relevée par la section disciplinaire. Je passe sur les autres reproches qui sont peu ou prou du même acabit.

Mais le plus incroyable dans cette histoire, c’est la cabale orchestrée pour obtenir que l’on me démette de mes fonctions de chef de département qui, il faut le rappeler, résulte d’une élection. Pour faire court, vous faites convoquer le Conseil de l’Institut (en quelque sorte le Conseil d’Administration de l’IUT) pour se prononcer sur cette « destitution » en invoquant le souhait émis par des étudiants. Étudiants qui ont été souvent reçus par M. MAYOL pendant plusieurs semaines d’affilée précédant le Conseil en question. Puis, vous n’envoyez aucun document aux membres de ce Conseil d’IUT ni n’en distribuez aucun le jour de la réunion, le 11 mars 2014. En d’autres termes, vous soumettez une personne à un jugement alors que ni lui ni ceux censés le juger n’ont de documents faisant état précisément des griefs et permettant au principal accusé de pouvoir se défendre et à celles et ceux institués juges pour la circonstance, d’avoir des dossiers à charge et à décharge.

Enfin, et pour parachever la mascarade, la vice-présidente «étudiants» de ce conseil, Mme Dounia DRAOUI et M. MAYOL se livrent le jour en question à la lecture sentencieuse d’une longue liste de reproches adressés à ma personne. Avec toutefois une surprise et de taille, en l’occurrence l’accusation de ce que la presse allait très vite reprendre sous la forme d’un détournement de fonds de 196 000 euros (correspondant à 4832 heures complémentaires). Aucun document remis au principal inculpé, moi en l’espèce, ni aux membres de ce Conseil. Sauf à de rares exceptions, aucune personne n’a interrogé M. MAYOL sur le détail du calcul qui a abouti à m’imputer un détournement aussi précis et aussi important.

J’ai donc été démis et M. VASSALLO, Président de ce Conseil de l’Institut a désigné comme Administrateur Provisoire du département TC que je gérais jusqu’ici, M. MAYOL qui était déjà directeur en titre de l’IUT. Curieux cumul. Il ne fait aucun doute qu’une très grande partie du Conseil a été préparée pendant plusieurs semaines à ce simulacre de justice. D’ailleurs, un SMS qui m’a été adressé ultérieurement par l’un de mes collègues faisait état d’un activisme acharné de Mme ........,  pour obtenir les procurations de ses camarades en vue de les utiliser dans le sens de mon éviction. J’observe que l’année suivante cette étudiante est passée du statut d’étudiante simple à celui d’étudiante en apprentissage avec un salaire. Ce type de transfert d’une formation à une autre est très rare. Il est difficile de ne pas y voir la récompense de bons et loyaux services rendus.

Bien évidemment, cette décision était inacceptable à mes yeux pour de multiples raisons. J’ai introduit une requête devant le Tribunal Administratif pour en obtenir l’annulation. Cela fait plus d’un an et demi et ce tribunal ne s’est pas encore prononcé à ce jour. J’ajoute, que pour parfaire le tout : la décision du Conseil de l’institut de m’évincer de ma fonction n’a donné lieu à aucune validation par celui-ci d’un quelconque procès-verbal ou relevé de décision. Autrement dit, les administrateurs n’ont pas été sollicités comme cela aurait dû être le cas pour valider leur décision.

Pour ce qui est de la cause réelle, je ne l’ai perçue que bien après. Mon éviction, a été suivie de celles des directeurs d’études du département TC provoquées par une nouvelle manœuvre de M. MAYOL qui visait à y placer des collègues acquis à sa cause pour diverses raisons. Puis par celle du responsable du service de la formation continue et de l’apprentissage, M. MELLOUKI, qui avait été désigné après plusieurs auditions devant les instances de l’IUT. La voie que devaient emprunter certaines opérations entre M. MAYOL et le CODIS dans laquelle Mme MAYOL est employée était désormais libre de toute entrave, questions ou risque de diffusion d’informations aux personnels de l’IUT.

L’ensemble a contribué à considérer sérieusement l’hypothèse selon laquelle tout cela semble d’abord avoir été motivé par des questions d’argent. En l’occurrence, M. MAYOL a confié la formation en apprentissage pour de nouvelles formations validées pour le département TC et une ancienne au Centre de Formation par Apprentissage (CFA) CODIS, externe à l’Université et dans lequel travaille Mme Anne PERRET, épouse de M. MAYOL.

Les formations en apprentissage avaient été jusqu’alors confiées au CFA Sup 2000 qui relève de la Région Ile-de-France. Ce CFA CODIS ainsi qu’une école de commerce l’ICD (l’Institut du Commerce et de la Distribution) appartiennent au même groupe l’IGS. M. MAYOL a enseigné pendant plusieurs années à l’ICD et fait partie du centre de recherche PROPEDIA qui relève de l’IGS.

C’est peut-être aussi la même coïncidence qui l’avait conduit par le passé à recruter son épouse pour enseigner au département TC dont il était alors responsable. Évidemment, ce fait a échappé aux journalistes qui étaient bien trop occupés par la recherche de liens familiaux entre mes collègues et moi-même.

C’est toujours cette satanée coïncidence qui fait que plusieurs des amis de M. MAYOL, qui habitent le même immeuble que lui, enseignent dans le département TC depuis le moment où il en assurait la responsabilité. On peut légitimement se demander pour quelle raison M. MAYOL a soudainement décidé de changer de CFA (Centre de formation d'apprentis), passant de Sup 2000 à CODIS (Commerce distribution Service) et si cela s’inscrit dans la défense des intérêts de l’IUT Saint-Denis ? De même que l’on ne peut manquer de s’étonner que s’il est tout à fait concevable que l’on puisse changer de CFA, comment se fait-il que le nouveau CFA choisi comporte en son sein, l’épouse de M. MAYOL ? Comment se fait-il qu’aucun enseignant du département n’ait eu connaissance des effectifs d’apprentis pour les formations de l’IUT confiées au CFA CODIS et qu’aucune présentation de ce CODIS n’ait été faite devant les instances de l’IUT ? Enfin, aucun des enseignants appelés à intervenir dans ces formations au sein du CODIS n’a été soumis à une validation par les comités d’experts et par la commission d’agrément de l’Université comme c’est l’usage, pour quelle raison ?

Enfin, M. MAYOL peut-il expliquer l’étrange coïncidence qui l’a conduit à confier ces formations à un CFA qui appartient au même groupe, l’IGS, que celui de l’école de commerce (l’ICD) dans laquelle il a enseigné jusqu’à il y a peu ?

La seconde motivation qui a semble-t-il guidé l’attitude de M. MAYOL renvoie à de l’arrivisme et de l’opportunisme politique.

"M. MAYOL n’a manqué aucune occasion d’instrumentaliser l’IUT pour servir son ambition politique"

M. MAYOL est militant d’un parti, ce qui est totalement son droit et personne ne peut le lui dénier. Il a une place très modeste dans son parti et a échoué à s’imposer, comme en témoigne son éviction de la liste des dernières élections municipales dans le 20é arrondissement de Paris, entre les deux tours. La reprise par certains médias de cette affaire a peut-être été pressentie comme une opportunité d’acquérir une visibilité médiatique qui ne pouvait que le servir, car il n’en avait aucune jusqu’ici.

Dès lors, on comprend l’enchaînement des attitudes surprenantes de M. MAYOL qui ne visaient qu’à maintenir sa présence toute nouvelle dans les médias. De victime de menaces et agressions, il est devenu militant de l’ouverture d’un débat sur le voile à l’Université, puis preux chevalier de la lutte contre le « communautarisme » etc. M. MAYOL a instrumentalisé cette affaire de façon politique et s’est servi de l’IUT comme d’un tremplin politique au lieu de le servir, comme le commandait le mandat qui lui a été donné par celles et ceux qui l’ont élu à la fonction de directeur de l’IUT.

M. MAYOL n’a manqué aucune occasion d’instrumentaliser l’IUT pour servir son ambition politique. Ainsi, aidé de M. VASSALLO, Président du Conseil de l’IUT, il a organisé un meeting politique au sein de l’IUT, dans le cadre des dernières élections municipales, en invitant un seul candidat. Comme par un grand hasard, cet invité était sur la même liste que M. VASSALLO, lui-même publiquement soutenu par l’un des collègues et proches amis de M. MAYOL, M. TETARD.

On ne peut décemment pas plaider pour la neutralité dans l’espace universitaire à l’égard des religions et en même temps livrer celui-ci à un parti politique au mépris du respect des opinions de ses collègues et étudiants.

A mes yeux, la tentative de l’exploitation politique de ces événements par M. MAYOL ne laisse aucun doute. Son activisme dans ce sens a été tel qu’il était difficile de le suivre : tantôt candidat aux municipales dans le 20é arrondissement de Paris sur la liste de son parti ; tantôt aidant un candidat au municipal à Saint-Denis qui était opposé au candidat du parti dont M. MAYOL est membre ; tantôt au milieu de militants d’un parti opposé au sien, l’ex-UMP devenu « les Républicains », avec Mme Lydia GUIROUS et M. Geoffrey DIDIER ; tantôt aux côtés de M. CHEVENEMENT. La consultation sur Internet à ce propos donne le tournis et démontre l’acharnement mis par M. MAYOL à trouver une place dans l’espace médiatico-politique. Tout cet activisme laisse le sentiment d’une grande aptitude de M. MAYOL à saisir ou créer le contexte propice à son opportunisme. Tout le reste relève des moyens pour y parvenir : la menace islamiste, le sexisme, la laïcité perdue, etc. Cela a été abondamment relayé par certains médias tout aussi opportunistes.

La conséquence a été un torrent d’horreurs xénophobes qui s’est déversé sur internet. L’ensemble a dressé un rideau de fumée qui a également permis à M. MAYOL de ne pas avoir à répondre d’accusations autrement plus précises et circonstanciées qui proviennent des personnels de l’IUT et qui ont été restituées par plusieurs rapports internes : cellule d’écoute, médiatrice, CHSCT (Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail). Tous font état d’injures, menaces et agressions émanant de personnes, proches de la Direction de l’IUT, en clair de M. MAYOL. De même, ils font état d’une « direction flottante de l’IUT ». On comprend pourquoi M. MAYOL tente désespérément de faire oublier le CODIS, l’implantation d’entreprises privées dans les locaux de l’IUT, opéré par l’un de ses collègues et amis proches alors même que cet aspect n’a jamais été l’objet d’un vote ou d’une information préalable et suffisante des élus du Conseil d’Administration de l’IUT, présidé par M. VASSALLO, qui s’est bien gardé d’en demander la mise à l’ordre du jour.

Comme disait un ancien premier ministre, l’un des rares universitaires à avoir accédé à cette fonction : « les faits sont têtus » !

Il reste à la Direction de l’Université et au pouvoir politique à assumer leur responsabilité, ce qu’ils semblent avoir commencé à faire après que soient tombés les premiers résultats de leurs investigations. Il reste aussi à la Police et à la justice à faire le leur.

Il est étonnant que seules les pistes indiquées par M. MAYOL et son clan, relayés par certains médias, aient été l’objet d’investigations approfondies qui m’ont conduit avec un collègue à une garde à vue ! L’aspect positif est que ces longues heures passées au commissariat auront au moins eue le mérite de démontrer, sans contestation possible, que les auteurs définitivement jugés par cet attelage hétéroclite et complice formé par certains journalistes et l’entourage de M. MAYOL n’ont rien à voir de près ou de loin avec ces accusations fantaisistes et abjectes.

Cela permettra aussi de rappeler que la justice ne se rend pas au chevet des médias au nom de lecteurs de moins en moins nombreux, mais qu’elle est prononcée au nom du peuple et par les tribunaux.

C’est ainsi qu’il sera mis un terme à cette affaire et que la sérénité reviendra à l’IUT.

LPLD.fr : La présomption d’innocence semble avoir été à plusieurs reprises bafouée dans votre affaire ! Vous avez été exclu en mars 2014 de votre fonction de directeur du département TC sans aucune preuve tangible, par le directeur de l'IUT, Samuel Mayol , comment est-ce possible, surtout venant d'une administration pointilleuse telle que l’éducation nationale qui protège habituellement ses enseignants ?

R. Zouhhad : Il est vrai que cela me semblait impossible il y a peu encore en raison du caractère très encadré de nos profession et institution. Cette dérive démontre que dès lors que l’on s’éloigne de façon répétées des procédures et garanties apportées par celles-ci, il en résulte inévitablement une catastrophe telle que celle que j’ai vécu et subi. Cela illustre également la disparition ou l’affaiblissement des contre-pouvoirs qui permettaient d’assurer une co-gestion équilibrée de l’institution, ce qui a conduit à l’ancrage durable de certaines féodalités, dont cette affaire en est le plus parfait exemple. 
Quant aux protections, elles ont été demandées tant par mes collègues et que par moi-même depuis plus d’un an et demi. Je n’ai jamais eu de réponse à mes demandes que ce soit au niveau local ou au niveau ministériel. Ceci explique le nombre croissant de dépressions, d’arrêts maladie mais aussi, on l’ignore souvent, de suicide. L’Éducation Nationale dans son intégralité est malheureusement le théâtre d’un nombre de suicides supérieur de près de 20 % à celui d’autres corps d’État, comme la Police.

« Mes collègues et moi-même sommes toujours l’objet de menaces constantes de la direction de l’IUT… »

LPLD.fr : Vous enseignez toujours à l’IUT aujourd’hui ? Avez-vous subi ou subissez-vous des menaces ou des pressions depuis votre destitution en mars 2014 ?

rachide-zouhhad-presentation.jpgR. Zouhhad : Je suis en décharge syndicale pour une part importante de mon service. Le reste a été assuré sous forme de cours dans le département TC dans lequel je suis en poste. 
Pour autant, mes collègues et moi-même sommes toujours l’objet de menaces constantes de la direction de l’IUT qui ne se départit nullement de son attention obsessionnelle à notre égard : l’un de mes collègues a vu son évaluation annuelle réalisée par M. MAYOL assortie de la mention « personne violente et ayant fait l’objet de plaintes pour menaces de mort à l’égard de ses collègues », pourtant ces plaintes ont été classées par le procureur de la république depuis bien longtemps. Ce même collègue s’est vu interdire l’accès à l’IUT où il est en poste à plusieurs reprises par les services de sécurité, sans aucun motif légitime. 
Pour ce qui me concerne, je continue d’être l’objet d’attitudes et de décisions anormales de la part de la direction de l’IUT et de celle également des administratrices provisoires désignées par M. MAYOL. Enfin, il convient de rappeler que je suis l’objet d’une procédure disciplinaire avec deux de mes collègues qui a été demandée par M. MAYOL. La décision de la section disciplinaire vient de tomber pour l’un d’entre nous et il a été relaxé des accusations portées par M. MAYOL, ce qui montre une fois encore que les allégations de M. MAYOL sont dénuées de tout fondement et qu’il continue à s’acharner de façon quasi obsessionnelle sur certaines personnes dont je fais partie. Mes collègues et moi-même répondront à toutes les convocations des instances internes ou institutions externes, jusqu’à ce que notre innocence soit reconnue et que la mesure soit prise de la violence et de la dérive du management de M. MAYOL.

LPLD.fr : Que se passe-t-il concrètement depuis plus d’un an cœur de l’IUT de Saint Denis, selon vous ?

R. Zouhhad : Tout simplement, une dérive grave et dangereuse de la direction de l’IUT et du clan dont elle s’est entourée. Celle-ci s’est exercée tout d’abord sur le département (TC) dont j’étais le responsable. Puis, petit à petit, elle a gangrené toute la structure au point qu’une partie des personnels de l’IUT a eu à en souffrir. C’est ce qui ressort très clairement des investigations internes opérées par la Direction de l’Université : cellule d’écoute, rapport de la médiatrice ; ou par l’une des instances d’élus le CHSCT (Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail), qui confirme les rapports précédents et va plus loin encore dans la précision du diagnostic et des responsables de cette situation. A aucun moment, mes collègues ou moi-même, abondamment mis en accusation par une certaine presse tout acquise à M. MAYOL, n’ont été cités comme responsable du mal-être profond des collègues de l’IUT. La situation a atteint un tel point de gravité que la Direction de l’Université a pris la décision de mettre en place un Groupe d’Aide Psychologique (GAP) qui a déjà reçu beaucoup de collègues en souffrance réelle avant les vacances scolaires et continuera de le faire durant les prochains mois, après la rentrée universitaire, début septembre.
Mais est-ce suffisant dans une institution où certains se permettent de qualifier des collègues de « négresses » ou de « Nafissatou DIALLO », sans que M. MAYOL ne réagisse ? Ces collègues femmes méritent moins d’égards et de respects que celles qui n’ont eues de cesse de se plaindre de l’effet d’une décision courante dans notre administration ? Est-ce suffisant pour une institution dont plusieurs personnels ont été déférés au disciplinaire avant nous, sont tombés malades pour une longue durée en raison de la méthode de management de M. MAYOL, ont quitté l’IUT après un an seulement de présence ou à l’aune d’une réussite providentielle à un concours ? Dans ces personnels, il y a bien plus de femmes que d’hommes. Mais il semble que leur sort n’intéresse nullement la presse, parce que celle-ci n’a pas cherché à les rencontrer pour mieux se focaliser sur la version des collègues femmes présentées par M. MAYOL comme les victimes d’un sexiste, par ailleurs détourneurs de fonds etc.

« …ce qui a été scénarisé par certains médias ne correspond nullement à la réalité des faits »

D’aucuns seront étonnés de découvrir une situation aussi grave avec des responsables autres que ceux désignés par certains médias très complaisants à l’égard de M. MAYOL. C’est dire le décalage qu’il y a entre ce que ces médias rapportent et ce que vivent réellement les personnels de l’IUT. C’est aussi assez édifiant de constater que ce qui a été scénarisé par certains médias ne correspond nullement à la réalité des faits et aux responsables réels des problèmes profonds de l’IUT Saint-Denis.

LPLD.fr : Et le rôle de l’IGAENR (L'inspection générale de l'administration de l'éducation nationale et de la recherche) dans tout ça ?

R. Zouhhad : La mission complémentaire de l’IGAENR ordonnée par le Ministère de l’Éducation Nationale et le Secrétariat d’État à l’Enseignement Supérieur et à la Recherche, répondant ainsi à la demande du Président de l’Université Paris 13 confirme, s’il en était besoin, la gravité des problèmes de l’IUT et la nécessité de chercher les vrais responsables ailleurs que dans ceux désignés par M. MAYOL et certains médias. Au demeurant, aucun d’entre eux ne mentionne ou ne s’attarde sur ces problèmes, peut-être pour éviter d’écorner un scénario vendeur, qu’ils exploitent depuis plusieurs mois déjà, pour le plus grand bonheur de ceux qui en sont à l’origine.

« Cette conjoncture a été mise à profit par ceux qui sont à l’origine de cette cabale et qui ont ainsi profité de la réceptivité accrue des médias… »

LPLD.fr : La situation internationale tendue, notamment avec le terrorisme globalisé, sans oublier le communautarisme anxiogène (conflit israélo-arabe importé dans les banlieues), qui règne en France depuis plus de deux ans, n’est-il pas dangereux de stigmatiser l’IUT de Saint Denis, et à travers lui ses étudiants, dont nombreux sont issus de la diversité dans ce département qualifié de sensible ?

R. Zouhhad : Cette combinaison complexe ajoutée aux divers assassinats qui ont émaillé l’actualité depuis près de deux ans et plus particulièrement depuis janvier 2015, ont assurément créé une crispation dans notre pays. Cette conjoncture a été mise à profit par ceux qui sont à l’origine de cette cabale et qui ont ainsi profité de la réceptivité accrue des médias pour les thématiques récurrentes qui sont nées de ce contexte. Si vous voulez vendre une histoire à certains médias, il faut que cela soit croustillant et qu’il y ait certains mots qui suscitent en ce moment un réflexe presque pavlovien : communautarisme, islamisme, femmes maltraitées par des maghrébins, femmes voilées et faits et méfaits de la très mythique 5ème colonne à défaut de les présenter avec des barbes ou un statut d’activiste djihadiste connu. C’est sur cette corde que l’on a joué de façon irresponsable et abjecte. 
Il est avéré que la publicité donnée à cette affaire par les médias en question et certains collègues a porté un préjudice aux étudiants de l’IUT et a remis en question le travail important fourni par les collègues actuels et ceux qui nous ont précédé pour donner à nos jeunes une formation solide. D’ailleurs, nous avons toutes et tous en tête des étudiantes et étudiants issus des promotions précédentes qui ont très bien réussi dans la poursuite de cursus supérieurs puis dans la vie professionnelle. C’est une évidence, mais cela devait être rappelé : quels parents accepteraient d’envoyer leur fille ou leur fils dans un IUT présenté pendant plusieurs mois et dans plusieurs médias comme un repaire d’islamistes où l’on croise dans tous les coins des menaces et des agressions ?

Voici à gauche attenant au bureau des sports de l'IUT, la porte du local condamné depuis la décision du Directeur de L'IUT fin 2013 et la décision de partager la salle avec plusieurs associations étudiantes en retirant ainsi l'exclusivité à l'association

Voici à gauche attenant au bureau des sports de l'IUT, la porte du local condamné depuis la décision du Directeur de L'IUT fin 2013 et la décision de partager la salle avec plusieurs associations étudiantes en retirant ainsi l'exclusivité à l'association "Ouverture" et à la vente de ses sandwichs halal (Crédits : D.R)

 

Autre angle  du couloir desservant les principales salles de cours et donnant accès à gauche à la fameuse salle de prière d'environ 15 m2 faisant face à l'amphithéâtre principal de l'IUT. Étonnant que personne n'ait remarqué qu'une salle de prière se trouvait attenante à ce couloir vu le passage quotidien d'étudiants à cet endroit ?

Autre angle du couloir desservant les principales salles de cours et donnant accès à gauche à la fameuse salle de prière d'environ 15 m2 faisant face à l'amphithéâtre principal de l'IUT. Étonnant que personne n'ait remarqué qu'une salle de prière se trouvait attenante à ce couloir vu le passage quotidien d'étudiants à cet endroit ? (Crédits : D.R)

LPLD.fr : L’IUT de Saint Denis a-t-il perdu de sa notoriété depuis cette affaire ?

R. Zouhhad : L’IUT de Saint-Denis qui avait l’effectif le plus important des trois IUT de l’Université Paris 13, se retrouve maintenant dépassé par celui de Villetaneuse. Cette réduction des effectifs s’est accentuée par une décision aberrante de la Direction de l’IUT Saint-Denis, en l’occurrence le refus de recruter des étudiants en première année du DUT TC au titre de la rentrée précédente, 2014-2015, privant ainsi 70 jeunes d’une possibilité d’intégration dans la formation de leur choix. D’ailleurs, la décision du Tribunal Administratif de Montreuil du 24 mars 2015 a entre autres censuré cette décision de M. MAYOL.

« …les étudiants ont été pénalisés par la médiatisation orchestrée de cette affaire ».

LPLD.fr : Après plusieurs mois sans nouvelles suspicions à votre encontre et sans article supputant votre responsabilité dans cette affaire, les choses s’emballent à nouveau au lendemain des attentats de Charlie Hebdo, feuilletonnant depuis, dans la presse, pourquoi ?

R. Zouhhad : Le répit a été de très courte durée pour ne pas dire inexistant. Comme cela a été indiqué précédemment, cette cabale et ses instigateurs ont constamment exploité cette actualité tragique et morbide. Les événements de janvier 2015 ont également été rapidement exploités, d’autant que le rapport provisoire de l’IGAENR est sorti peu de temps avant, et qu’il a été de nouveau providentiellement fuité dans la presse. 
Celle-ci s’est de plus en plus attachée à mettre en évidence le fait que les français que nous étions n’étaient pas originaires de la Dordogne ou de la Picardie. Nos origines ont été de plus en plus mises en avant, ainsi que la religion que l’on nous a assignée par un raccourci commode qui prenait appui sur la consonance de nos noms et prénoms. Il y a là quelque chose d’insupportable que de voir gommer une reconnaissance aussi symbolique que la citoyenneté. 
Ce qui est tout autant insupportable c’est de constater que notre hiérarchie jusqu’au Ministère n’a pas jugé bon de rappeler aux médias que leur liberté ne pouvait les autoriser à un acte aussi grave. Mes collègues et moi-même aurions apprécié que cette hiérarchie rappelle le respect de ce principe élémentaire. Mais aussi, qu’elle rappela également, au passage, qu’il était anormal d’attaquer des fonctionnaires d’État en rendant public leurs identités, alors même qu’ils n’étaient l’objet d’aucune condamnation et ne le sont pas plus à ce jour !

« Y aurait-il des fonctionnaires et des citoyens de première classe et d’autres de deuxième voire d’une énième classe? »

J’ai bien pris note de la position de la Direction de l’Université pour défendre l’un de nos collègues cité dans un article de Médiapart et m’en réjouis, car il mérite autant que nous d’être défendu et de bénéficier de la présomption d’innocence. Je déplore que bien qu’ayant subi des attaques encore plus infâmes, aucune autorité n’a jugé bon de nous défendre sur le plan des droits fondamentaux qui nous étaient déniés. Il y a eu dans cette affaire deux poids et deux mesures : on a laissé certains être accusés dans certains médias de façon, une fois encore abjecte, et on a immédiatement réagi pour d’autres. Y aurait-il des fonctionnaires et des citoyens de première classe et d’autres de deuxième, voire d’une énième classe ? 
Pour en finir sur ce point, il m’apparaît plus qu’évident que les médias qui ont « surfé » ou « feuilletonné » sur cette affaire cherchaient à la fois à recueillir une part des dividendes des événements de janvier 2015 et d’autre part agissaient de façon dogmatique en reprenant et accentuant parfois le prétendu combat mené par M. MAYOL et ses affidés, contre les « communautaristes, sexistes, claniques, islamistes etc. », rôles qui nous ont été assignés en dépit du bon sens et de la réalité des faits. 
C’est un journalisme d’opinion, qui a le droit de cité certes, mais il me semble qu’il y a une frontière importante entre l’opinion fondée sur des faits vérifiés et avérés et la déformation de faits, voire l’invention pure et simple colportée par certains. Ainsi, on a été jusqu’à nous prêter des délits qui n’ont jamais existé, à réécrire une histoire passée de façon mensongère et à nous gratifier de relations, y compris de famille qui n’ont aucune consistance réelle. Je passe sur la réalité de l’exercice du droit de réponse, que beaucoup de ces médias foulent du pied ou dont ils ne permettent l’exercice qu’une fois contraints par la justice. Cette expérience, vécue à mon corps défendant, m’a permis de constater l’absence de sérieux des investigations effectuées par ces médias, lorsqu’elles le sont, et leur appétence pour le sensationnalisme, même si cela est obtenu au détriment de ce qu’impose la réalité des faits.

LPLD.fr : Où en est l’enquête de la police judiciaire (SDPJ de Bobigny) concernant les multiples menaces dont aurait été victime le directeur de l’IUT Mr Mayol depuis plus d’un an ? D’après nos sources, il aurait déclaré au mois de mai dernier, avoir reçu de nouvelles menaces de mort ainsi que six autres personnes de l’IUT, notamment des personnels administratifs, que savez-vous sur ces faits nouveaux ?

R. Zouhhad : J’ignore où en est l’enquête. En revanche, je pense que la Police qui nous a longuement interrogé , mon collègue et moi-même, dans le cadre d’une garde à vue s’est rendue à l’évidence de l’absence de tout lien entre ces menaces et agressions et nous-même. Et cela, en dépit de ce que plusieurs médias ne cessaient de claironner de façon récurrente, relayant ainsi les affirmations de celles et ceux qui sont à l’origine de cette cabale. J’étais en déplacement professionnel lorsque j’ai appris comme tout un chacun par la presse la survenance de cet événement invraisemblable et fort providentiel. Il y a un aspect pour le moins troublant dans cette affaire, sur lequel on ne semble pas avoir interrogé les détails : il y a eu une alerte à la bombe en février 2014, aucune bombe n’a été trouvée, et c’est heureux ; il y a plus de trente menaces que M. MAYOL dit avoir reçu, et aucun coupable d’arrêté par la Police ; M. MAYOL dit avoir été l’objet d’une agression dans un lieu de Paris qui est très bien couvert par la surveillance vidéo, et la Police n’a arrêté aucun coupable. Voilà maintenant, que d’autres collègues, qui sont les piliers du clan de M. MAYOL, reçoivent des SMS de menaces. Je ne serai pas étonné que l’on ne trouve là encore aucun coupable. Enfin, une personne désignée par les personnels de l’IUT comme étant l’un des vecteurs principaux de leur malaise voit sa porte de bureau taguée par des inscriptions antisémites. Suivent ensuite des tags de croix gammées. Là encore, je suis sûr que l’on n’arrêtera aucun coupable.

LPLD.fr : Quelles preuves avez-vous pour affirmer cela ?

R. Zouhhad : Cette situation est plus que troublante. Quand s’interrogera-t-on sérieusement sur le fait que la Police, qui est capable de neutraliser les meurtriers de Charlie Hebdo ou de Vincennes en moins de 48 heures, soit incapable dans ce cas d’arrêter le ou les responsables de faits qui durent depuis plus d’un an et demi ? A-t-on envisagé sérieusement que si la Police ne trouve pas de coupable, c’est peut-être qu’il faut considérer sérieusement l’hypothèse que les prétendues victimes ne sont peut-être pas étrangères à ces événements ? Rien n’est venu démontrer le contraire à ce jour, alors que l’on s’est assuré que les personnes désignées à force d’articles dans la presse et de déclarations ou de plaintes de certains collègues n’ont rien à voir avec ces allégations. C’est de cela qu’il faut parler à ce stade de nos connaissances.

LPLD.fr : Samuel Mayol semble faire l'objet d'une campagne d'intimidation depuis son arrivée en 2012 pour avoir dénoncé en 2013 les pratiques régnant dans l'établissement, mais de quelles pratiques s’agit-il ?

R. Zouhhad : Je pense qu’il s’agit de ce qu’il a qualifié de « dysfonctionnements », désignation curieusement reprise en cœur par les prétendues pétitions des étudiants, mais aussi par plusieurs collègues à qui M. MAYOL a ensuite conféré des responsabilités. Il doit également s’agir de l’accusation proférée par M. MAYOL et reprise en boucle par les médias comme étant un détournement de fonds de 196 000 euros (soit 4832 heures complémentaires). Concernant ce qu’il prétend être une campagne d’intimidation, je vous renvoie à la réponse précédente : il ne s’agit que d’allégations auxquelles la Police n’a à ce jour trouvé aucune consistance réelle. La protection assurée par la Police à la demande de M. MAYOL ne semble avoir donné lieu à aucun incident. De même qu’il n’y a eu aucun auteur des différentes intimidations ou agressions alléguées par M. MAYOL.

LPLD.fr : Y-a-t-il, selon vous corrélation, entre l'arrivée de M. Mayol à la direction de l'IUT en 2012 et votre limogeage en mars 2014, de la direction du département dont vous aviez la responsabilité de la gestion ?

R. Zouhhad : Non, pas dès le début du mandat de M. MAYOL. Mais, au fur et à mesure qu’il s’est approprié la fonction de Directeur de l’IUT, il lui en est apparu peut être certains avantages naturels et d’autres qui pouvaient être développés pas nécessairement dans l’intérêt de l’institution, mais plutôt dans l’intérêt de quelques « happy few ». Dès lors, ma présence à la direction du département TC a dû lui poser un problème, car je ne suis pas connu pour être souple sur le respect de certains principes.

« La cabale montée pour m’écarter n’ayant pas eue raison de ma personne, M. MAYOL et ses comparses ont alors recouru à la presse ».

LPLD.fr : Quel serait le mobile de cette crise au sein de l’IUT de Saint Denis, selon vous ?

R. Zouhhad : Pour faire court, il me semble qu’il y a eu une première phase où la raison de la tentative de m’évincer était simplement l’argent. J’ai eu l’occasion de le dire précédemment, l’éviction de M. MELLOUKI, responsable de la Formation Continue et de l’apprentissage a permis de confier les nouvelles formations du département TC, ainsi qu’une ancienne, au CFA CODIS où travaille Mme Anne PERRET épouse MAYOL, sans que M. MELLOUKI ou moi-même soyons en position de contrarier cela par des interrogations intempestives. La cabale montée pour m’écarter n’ayant pas eue raison de ma personne, M. MAYOL et ses comparses ont alors recouru à la presse. 
Là, commence la seconde phase, où ce groupe découvre, par M. MAYOL, la force des médias, d’autant qu’il a les colonnes et les micros qui lui ont été opportunément et abondamment ouverts. 
Le militant politique qu’est M. MAYOL a compris ce qu’il pouvait tirer comme avantage pour lancer une carrière dont il rêvait et qu’il ne parvenait pas à concrétiser. Dès lors, il apparaissait nécessaire d’exploiter plus que jamais le contexte particulièrement anxiogène du pays, né des attentats divers et de l’évocation continue de l’islamisme, du radicalisme etc. C’est ce qu’il a semble-t-il fait, se livrant à une surenchère dans les accusations et le statut de victime qu’il s’est forgé. Ensuite, le discours politique est devenu plus clair, c’est ce qui l’a conduit à attaquer le Président de l’Université. Mais il a dû se rendre à l’évidence que l’on ne pouvait prospérer dans les médias et se faire une place suffisante sans servir à ces médias de façon régulière des menaces, des intimidations etc. A l’heure qu’il est, il semble incapable de faire marche arrière et s’enferre dans une voie sans issue, car à un moment ou à un autre, le discours « fumeux » doit laisser la place à des preuves objectives et vérifiables, ce qu’il a manifestement du mal à faire.

LPLD.fr : Vous n’avez jamais été interrogé par la police judiciaire, depuis les premières plaintes de M.Mayol ? C’est étrange pour quelqu’un qui est censé être coupable de faits aussi graves que des menaces de mort ?

R. Zouhhad : Je l’ai été le 8 avril 2014 pour les faits de menaces car il n’y avait eu aucune agression à cette date. Puis, plus rien. Jusqu’à la garde à vue du 27 mai 2015. Là, j’ai répondu à toutes les interrogations relatives aux allégations de : menaces, agressions, communautarisme, comportement clanique, proximité à une association d’étudiants dite islamique etc. Depuis, je n’ai plus été sollicité par la Police, car je pense qu’elle a compris que je n’avais rien à voir avec cela, pas plus d’ailleurs que le collègue qui a bénéficié du même traitement.

LPLD.fr : Pourquoi et par qui le directeur de l’IUT, serait-il menacé, quel intérêt aurait le ou les auteurs présumés de ces menaces de mort ?

R. Zouhhad : Je ne suis pas capable de répondre à la première question. D’ailleurs même la Police et la justice semblent être dans la même situation, car à ce jour aucun coupable n’a été arrêté et en conséquence personne n’a d’explication sur les motifs de ces menaces, à les supposer fondées, ce dont je doute.

LPLD.fr : Mettez-vous en doute les menaces dont il serait victime, si oui pourquoi, avez-vous des preuves ?

R. Zouhhad : J’en doute d’autant plus, qu’une fois encore, cette histoire paraît invraisemblable à tout point de vue. Bien sûr, je n’ai aucune preuve de cela. Mais qu’il me soit permis de faire observer une nouvelle fois, que nous n’avons pas la preuve du caractère effectif et sérieux de ces menaces et même des agressions ou même, pour prendre les derniers événements, des SMS de menaces adressés aux personnes proches de M. MAYOL. Ajoutons que curieusement ces menaces et intimidations ont le chic de cesser pendant les périodes estivales, peut-être parce qu’elles n’ont alors aucun relais utile dans la presse. Je ne serai pas surpris qu’elles reprennent à partir de la rentrée universitaire et plus particulièrement au moment de l’inspection complémentaire ordonnée par le Ministère et le Secrétariat d’Etat.

LPLD.fr : La ministre Najat Vallaud Belkasem, sous la pression de syndicats et d'enseignants, a accordé au printemps dernier au directeur de l’IUT une surveillance policière, pourquoi si tardivement selon vous ?

R. Zouhhad : Il convient de rappeler que ce n’est pas la première fois que M. MAYOL a bénéficié d’une protection policière. Cela a été le cas à la demande de M. HAMON en mai 2014, au moment où il était le Ministre de l’Éducation Nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. Elle n’a d’ailleurs pas duré longtemps selon mes collègues. M. MAYOL en a de nouveau bénéficié après de maintes demandes. Là encore, selon les collègues, cela n’a guère duré. Tout se passe comme si le pouvoir politique n’accorde à M. MAYOL cette protection que pour répondre à la pression d’un syndicat, celui auquel il appartient, mais aussi à celle de certains médias, sans vraiment grande conviction. Comme s’il n’accordait que peu de crédit à la réalité des menaces dont M. MAYOL se dit être l’objet. Sinon, cette protection aurait été à l’évidence non seulement maintenue, mais aussi renforcée, cela ne semble pas avoir été le cas.

LPLD.fr : Vous êtes d’origine musulmane, êtes-vous très religieux et comment vivez-vous les accusations de prosélytisme confessionnel dont certains vous accusent, notamment après avoir fait (toujours selon les rumeurs) entrer l’islamisme au sein de l’IUT ?

R. Zouhhad : Je n’ai pas l’habitude de parler de mes convictions personnelles, ni de faire part d’aspects relevant de ma vie privée. Il faut se rappeler que je n’évolue pas dans le milieu médiatico-politique, je ne vois donc pas la nécessité de faire état de quoi que ce soit qui relève de mon intimité. 
Par ailleurs, je me refuse d’autant à le faire sous la pression des événements et des accusations dont j’ai été l’objet, pour tenter de convaincre que ma vie privée ou mes convictions n’ont rien à voir avec ces élucubrations. Je suis libre et aspire à le demeurer. Il ne suffit pas de me convoquer à l’aune de mon origine, comme cela a été fait de façon abjecte par certains médias, ou à celle de la religion que l’on a voulu m’assigner pour obtenir de moi que j’aille à Canossa. Je ne céderai donc pas à la pression qui voudrait que je m’excuse en raison d’un nom et d’une origine et que je tente de me disculper en raison de cela. Ces accusations ont été volontairement proférées en s’appuyant sur cet aspect de ma personne, car c’est ce qui a le plus de résonance actuellement dans les médias, en mal de lecteurs, d’auditeurs ou de téléspectateurs.

« Il ne suffit pas non plus de se décréter propriétaire ou chantre de la laïcité pour en déposséder les autres citoyens ».

LPLD.fr : La défense de la laïcité au lendemain des attentats de Charlie Hebdo a-t-elle était une caution de plus pour vos détracteurs dans cette affaire ?

R. Zouhhad : Il ne suffit pas non plus de se décréter propriétaire ou chantre de la laïcité pour en déposséder les autres citoyens. Les accusations de prosélytisme religieux dont j’ai été l’objet sont ridicules et sans fondement sérieux. De surcroît, elles sont destinées à masquer une réalité qui est apparu clairement aux collègues de l’IUT : cette accusation a conduit à une fragmentation de la communauté représentée par l’ensemble des collègues de l’IUT en introduisant des notions qui n’y ont jamais eues leurs places : l’origine et la religion réelle ou supposée. Ainsi, certains collègues ont pris conscience qu’ils n’étaient pas regardés comme des collègues à égalité de considération, mais qu’ils étaient vus par ceux qui sont à l’origine de cette cabale comme des français d’origine X ou Y ou des collègues de religion musulmane. Cela a créé un profond trouble auprès de certains enseignants, comme l’ont révélé des réunions avec la médiatrice de l’Université Paris 13. L’introduction de la religion ou de la question de l’origine n’est pas de mon fait, mais de ceux qui ont utilisé ce motif pour proférer des accusations. Il est vain de procéder comme on le fait souvent dans ce cas, c’est-à-dire de demander à ceux qui sont stigmatisés pour leur origine ou leur religion, réelle ou supposée, de se justifier pour ne pas être accusés de prosélytisme. C’est une manipulation courante de certains groupuscules xénophobes et intolérants.

LPLD.fr : Samuel Mayol accorde une interview dès le lendemain des attentats dans un Hebdomadaire en évoquant les problèmes de laïcité et de communautarisme qui règneraient depuis plusieurs mois au sein de l’IUT, notamment du département que vous dirigiez… Quelle interprétation faites-vous de cette démarche plutôt curieuse, voire, inopportune, quelques semaines à peine après les attentats ?

R. Zouhhad : Comme je l’ai dit précédemment, le citoyen que je suis à eu le sentiment que plusieurs médias ont tenté d’exploiter cet événement tragique et abominable pour en tirer quelques dividendes. Ce qui aurait dû nous conduire à travailler plus encore à renforcer les liens des citoyens de cette nation a conduit à son contraire. Le nombre d’actes islamophobes et antisémites n’a jamais été aussi important. L’exploitation outrancière de ces événements par certains médias n’y est pas étrangère, c’est en tout cas mon sentiment. Pour en venir plus précisément à votre interrogation, j’ai été très étonné de la posture adoptée par M. MAYOL, notamment dans Marianne. Voilà une personne qui se dit victime et qui réclame d’être protégée contre de nouvelles menaces ou agressions et qui se mue soudainement en militant politique à la recherche d’une stature médiatique. Le voir poser fièrement sur le perron de l’IUT, comme s’il était propriétaire de cette institution et des biens meubles qu’elle contient est déroutant. Il ne semblait alors nullement aux abois comme il n’a cessé de le clamer depuis un an. De même que le voir de nouveau et à plusieurs reprises toujours dans Marianne, notamment avec une photographie manifestement soignée, n’a pas manqué de m’interpeller au regard de ce que peut être l’état d’esprit d’une véritable victime de menaces et agressions.

LPLD.fr : Votre impression de manipulation s’est donc renforcée par la prise de position à charge de plusieurs médias?

R. Zouhhad : Depuis le début de cette affaire en fait ! Cette impression a été renforcée par son passage sur une chaîne de télévision de la TNT le 12 février 2015 au moment où le Président de l’Université Paris 13 intervenait justement sur la laïcité. Je comprends assez bien l’étonnement de ce dernier, car toute expression publique d’un fonctionnaire qui exerce des responsabilités semblables à celles de M. MAYOL, en l’occurrence la direction d’un Institut, ne peut se faire sans l’autorisation de la Direction de l’Université. Je pense que personne n’a oublié que le Président de l’Université Paris 13, M. Salzmann, a fait observer qu’il avait pris des décisions de sanctions à l’égard des responsables de l’association « ouverture » et qu’il n’a jamais eu à faire face à une quelconque menace et encore moins, je le suppose, à une quelconque agression. Le sens de cette déclaration n’a pas échappé aux personnels de l’IUT et de l’Université, principalement aux regards des nombreuses menaces et agressions dont M. MAYOL se dit avoir été la victime. On peut d’ailleurs pousser l’interrogation plus loin : y a-t-il un autre responsable d’institut ou d’Unité de Formation et de Recherche de l’Université qui a reçu autant de menaces ou subi autant d’agressions en aussi peu de temps ? De ce que je sais, il n’y en a pas.

LPLD.fr : Pourquoi, selon vous, l’enquête de police judiciaire n’a toujours pas permis de trouver de coupable(s), après plus d’un an d’enquête ; affabulation, intox, victimisation à des fins politiques ?

R. Zouhhad : Je l’ai déjà dit, cela me paraît invraisemblable. « Un problème sans solution est un problème mal posé » disait Einstein. Or, ce problème n’a pour le moment aucune solution, si j’en crois les résultats à ce jour des investigations de la Police et de la justice. Pour le solutionner, il conviendrait peut être de le considérer sous un autre angle, cela les investigateurs de la Police savent le faire, encore faut-il que les autorités qui en ont le pouvoir le leur demandent. 
Cela est d’autant plus troublant, que l’on a l’impression que le « statut de victime » a été instrumentalisé pour soustraire certaines personnes aux suspicions ou à d’éventuelles sanctions, comme les événements du mois de juin 2015 tendent à l’illustrer. Concernant l’exploitation politique et à des fins de promotion personnelle, je pense que mes réponses précédentes suffisent. Même le journaliste d’un grand quotidien note que « MAYOL, de son côté, a profité d’un colloque sur la non-violence, organisé par l’IUT début juin, pour évoquer sa situation et fédérer ses soutiens. Un autocollant a été distribué à tout le monde pour l’occasion : « IUT de Saint-Denis, la non-violence est notre force. Courage citoyens. », (comme l’a relevé l’article de Libération, co-signé par Elise Godau daté du mois de juillet dernier). Il n’échappera à personne au passage que ce colloque a été organisé avec les moyens et les personnels de l’IUT, donc avec des deniers publics. Cela démontre de nouveau s’il en était besoin que M. MAYOL instrumentalise l’IUT à des fins personnelles.

LPLD.fr : Connaissez-vous, ou avez-vous une idée du, ou des auteurs de ces menaces sur le directeur de l'IUT ?

R. Zouhhad : L’aboutissement des enquêtes de Police à l’arrestation et au déferrement des vrais coupables rassurerait toute la communauté universitaire. Pour que la sérénité et l’apaisement reviennent à l’IUT, il serait souhaitable que le ou les coupables soient arrêtés et déférés devant la justice. Les collègues de l’IUT l’attendent et l’espèrent, reste à celles et ceux qui ont le pouvoir de l’ordonner à le faire.

LPLD.fr : Une pétition pour soutenir le directeur de l’IUT est en ligne depuis plusieurs mois et rassemble beaucoup de personnalités publiques, parmi lesquelles des politiques, philosophes, journalistes… qu’en pensez-vous ?

R. Zouhhad : Je suis rassuré à l’idée de ne pas avoir le soutien de certains des signataires de cette pétition. Leur présence trahit la véritable nature de cette démarche, en l’occurrence : demander la mise en œuvre de décisions émanant d’un rapport qui est partial, truffé de préjugés notamment racistes. Il semble que je ne sois plus le seul à considérer cela maintenant, puisque Mme la Ministre et M. le Secrétaire d’État ont répondu à la demande du Président de l’Université Paris 13 en ordonnant une mission complémentaire.

LPLD.fr : Un Élu municipal de Saint Denis, M. Patrick Vassalo, également président du conseil de l’IUT, affirme connaître l’auteur des menaces qui pèseraient également sur lui depuis Janvier 2014. A-t-il était interrogé par la police et si oui vous accuse-t-il ?

R.Zouhhad : Je ne sais s’il a été ou non interrogé par la Police et s’il m’accuse ou non. La seule chose que je puis dire, c’est que je n’ai pas eu à répondre sur l’une ou l’autre de ses allégations. 
La mauvaise connaissance de l’IUT dont il préside le Conseil depuis plusieurs années le conduit à de nombreuses confusions. Tout d’abord, et concernant sa déclaration, il ne peut nullement saisir le Président de l’Université pour demander le déferrement de qui que ce soit, ce n’est pas possible du point de vue réglementaire. 
Ensuite, l’affirmation selon laquelle l’un de mes collègues serait « connu des services de police » n’a aucun sens. M. VASSALLO a oublié que la qualité de fonctionnaire impose d’avoir un casier judiciaire vierge. Il s’agit donc d’une accusation gratuite et qui témoigne du mépris que M. VASSALLO entretient à l’égard de l’institution et de ses personnels. D’ailleurs il n’a pas manqué de le manifester devant mes collègues en janvier 2014 lorsqu’il a pris à parti l’un d’entre eux en le qualifiant de « demi-neurone » et de « menteur », sans que M. MAYOL présent n’ai jugé bon d’intervenir. Et comme si cela ne suffisait pas, il a été bien au-delà, en déclarant dans la presse, il y a peu, que le Président de l’Université Paris 13 « ne sert à rien » !. On peut légitimement se demander en retour à quoi sert M. VASSALLO ? Je n’ai vu aucune des missions prévues au titre de sa fonction réalisée pendant son premier mandat. 
M. VASSALLO semble avoir oublié que sa fonction n’est qu’honorifique, mais ceci ne l’a pas empêché de mandater un fonctionnaire d’État (M. TETARD) pour procéder à des contrôles qui ne relèvent nullement, ni de la fonction de l’un ni de celle de l’autre.

LPLD.fr Mais quel est le rôle précis de cette personne au sein de l’IUT de Saint Denis?

R.Zouhhad : Vous voulez certainement plutôt dire « à quoi l’IUT sert à M. VASSALLO ? ». En premier lieu, le représentant syndical que je suis ne peut manquer de relever qu’il a signé avec M. MAYOL le tract destiné à organiser en mars 2014 à l’IUT un meeting politique pour le candidat au Municipal sur la liste duquel il figurait. Ce faisant, il a allègrement bafoué la nécessaire neutralité de l’institution à l’égard des parties politiques, plus particulièrement en période électorale. En second lieu, il convient de rappeler que le fonctionnaire qu’il a mandaté pour opérer un contrôle et qui a exécuté cet ordre, figure sur la liste des appuis de ce candidat. Il est curieux de retrouver ces trois protagonistes : M. VASSALLO, M. MAYOL et M. TETARD dans la liste des diverses victimes de tout et de rien.

« M. VASSALLO peut-il nous assurer n’avoir jamais perçu d’argent de l’IUT à quelque titre que ce soit ? »

Enfin, l’implication inhabituelle d’un Président du Conseil à l’IUT comme M. VASSALLO ne peut manquer de soulever une interrogation : est-elle justifiée par un quelconque intérêt financier ? En clair M. VASSALLO peut-il nous assurer n’avoir jamais perçu d’argent de l’IUT à quelque titre que ce soit ? S’il en a touché, peut-il dire combien et pour qu’elle raison?

LPLD.fr : Une enquête interne de l’IGAENR, l’IGS de l’administration (Éducation nationale), vous dédouane tout en ne levant les doutes qui pèsent sur vous.

R.Zouhhad : les conclusions de l’enquête en question ont donné lieu à des réponses de ma part qui remettent très fortement en cause son impartialité et les fondements des allégations qu’elle contient. Cela a été fait par écrit et transmis à ce corps d’inspection. Il est curieux de constater que les organes de presse abonnés au dénigrement systématique de ma personne ou de celle d’autres collègues, curieusement au même teint hâlé que le miens, aient prétendu avoir eu accès à ce rapport et aient omis mes réponses, qui représentent à peu de choses près la moitié du contenu de ce rapport. 
La remise en cause fondée de ce rapport qui est ma position depuis le début a été confortée par les déclarations récentes, du mois de juillet 2015, du Président de l’Université Paris 13, que l’on ne peut soupçonner d’une quelconque faiblesse à mon égard ou à l’égard d’autres collègues souvent brocardés par une certaine presse. Car il a exécuté les demandes des inspecteurs de l’IGAENR et de M. MAYOL en nous déferrant devant la section disciplinaire de l’Université. Le Ministère et le Secrétariat d’État ont décidé d’ordonner une « mission complémentaire », ce qui vient de nouveau crédibiliser la position qui est la mienne depuis le début et celles des collègues injustement incriminés. Là encore, on ne peut soupçonner ces autorités d’une quelconque complaisance à notre égard.

LPLD.fr : La presse est l’une des principales fautives pour vous ?

R.Zouhhad : La presse qui s’est faite le relais des thèses de M. MAYOL en se fondant sur un rapport qui ne faisait que reprendre celles-ci, on appréciera au passage l’étrange absence de toute critique de ces journalistes sur le procédé, a d’abord titré de façon péremptoire sur plusieurs aspects dont les prétendus détournements de fonds, le clanisme, le communautarisme et le sexisme. Puis, à mesure que des preuves indiscutables de ces faits tardaient à venir, s’est rabattue sur des formules pour le moins alambiquées servies par M. MAYOL et relayées de façon plus subtile par le corps d’inspection. En premier lieu, la certitude des détournements de fonds s’est transformée en probables détournements, si M. MAYOL n’était pas intervenu pour les empêcher.
Il n’est pas apparu nécessaire à ces journalistes de rappeler que je ne peux nullement payer quoi que ce soit et que s’il y a paiement, cela ne peut être décidé que par M. MAYOL. S’il y avait eu un quelconque détournement effectif, la responsabilité devait en revenir à M. MAYOL et à lui seul. Première baudruche qui s’est dégonflée. 
En second lieu, et devant le peu de crédibilité de l’imputation de la responsabilité des menaces et agressions à ma personne et à celle de mes collègues, surtout après la garde à vue de deux d’entre nous qui s’est traduite par une libération avant le terme habituel de ce type de mesure, ces mêmes médias ont tenté de faire oublier cela en tentant de tracer le portrait de ma personne, comme on le ferait d’un « serial killer ».

LPLD.fr : Pourquoi toute cette affaire qui semble se dégonfler n’a-t-elle pas été relaté dans les médias, selon vous?

R.Zouhhad : Il n’a échappé à personne les contradictions, mensonges et inepties débités à mon encontre dans cette affaire : proche d’une association islamiste, communautariste, franc-maçon, porté sur la bouteille et cavaleur pathologique de jupons ; mais aussi dans un syndicat de « droite », ayant eu un directeur de thèse appartenant au front national et enfin, nommé au CNU (Conseil National des Universités en gestion qui qualifie aux fonctions de Maîtres de conférences et de Professeurs des Universités et les promeut) par un Ministre de droite (M. Wauquiez). Et comme si cela ne suffisait pas, les plus jusqu’au-boutistes dans cet exercice, m’ont même gratifié d’un pouvoir tel qu’il suscitait la prudence pour ne pas dire la crainte du Président de l’Université de me contrarier et surtout, une position proche de celle d’un parrain de la pègre au sein du CNU. Et s’il restait des récalcitrants, eh bien il suffisait de faire état de menaces dont j’aurais été l’auteur avec d’autres collègues, il y a quelques années à l’égard d’un Président d’Université, d’une Vice-Présidente et d’une collègue sociologue pour définitivement les convaincre de ma culpabilité.

LPLD.fr : Les accusations que vous proférez sont graves, si elles s’avèrent exactes ?

R.Zouhhad : Ces journalistes sont soit de mauvaise foi, soit incompétents ou pire encore, les deux à la fois. Ainsi, comment peuvent-ils tenter de faire croire qu’une personne nommée par le Ministre de l’Enseignement Supérieur d’alors, M. Wauquiez (que je ne connais d’ailleurs pas) est nécessairement un affreux de droite, alors que M. MAYOL, qui ne cesse de rappeler qu’il est militant du parti socialiste l’a été également, au même moment et par le même Ministre ? Ce simple exemple montre la méconnaissance de ces journalistes du mode de fonctionnement de l’Université. 
Rappeler l’engagement politique actuel de celui qui fût mon directeur de thèse est censé convaincre les lecteurs que je ne peux qu’être un membre de l’autre 5ème colonne, celle des partisans cachés du front national. Caricature grossière et ridicule de la réalité. Ce que ces journalistes oublient, ce n’est ni plus ni moins que le respect du principe de liberté. Le Pr. Jean-Richard SULZER* est libre de prendre l’orientation politique qu’il souhaite, même si elle ne leur convient pas. De même, que je suis tout autant libre de ne pas en faire la mienne et d’avoir une autre orientation sur ce plan là. Il n’y a aucun déterminisme imposé ou inspiré par l’un à l’autre. Le raisonnement de ces journalistes conduiraient à faire de chacune et chacun d’entre nous des êtres exclusivement prédéterminés par le passé et pourquoi pas, par les choix opérés par nos parents ou grands-parents voire directeur de thèse… Conception on ne peut plus contraire aux valeurs républicaines que je ne partage assurément pas. Sinon, cela conduirait à considérer que les héritiers de la SFIO sont inévitablement appelés à de nouveau être collaborationnistes si l’occasion devait se présentait à nouveau, comme ce fut le cas de 80 % des Ministres du gouvernement de la fin de la 3ème République.
Pour le reste, c’est du même acabit, remplacer des faits vérifiables et vérifiés par des mensonges grossiers et destinés à atteindre ma personne ou celle de mes collègues. Mensonges, car aucune des personnes citées par ces journalistes ou propagandistes n’a été sanctionnée pour avoir menacé un Président, une Vice-présidente ou une collègue. Je les défie de produire des preuves d’une quelconque sanction disciplinaire ou pénale pour ces faits graves. Il n’en existe pas, car ce fait n’a jamais existé. 
Voilà sur quoi reposent les écrits de certains journalistes qui s’expriment dans les colonnes des quotidiens les plus prestigieux de notre pays. Il est certain qu’avec ce type de démarche il ne le resteront plus longtemps. Je passe sur l’usage courant et facile de certains d’entre eux qui consiste à se fonder sur une « source policière » ou une « source proche de la présidence » ou tout autre artifice qui permet de présenter comme avéré un propos ou un fait tout en en évitant de devoir en apporter une preuve objective et vérifiable. Procédé commode qui aboutit à un portrait de ma personne qui est destiné à faire oublier des faits dont la vacuité apparaît de plus en plus. Rien de mieux que le portrait d’un « affreux » pour tenter de crédibiliser une accusation qui n’est plus bancale, mais qui devient de plus en plus chancelante.

« Irait-on jusqu’à affirmer que j’ai réussi à corrompre la justice et la section disciplinaire de l’Université ? »

Comment peut-on être à la fois : islamiste, sexiste, franc-maçon, coureur de jupons, alcoolique, puissant au point de faire peur au Président de l’Université, qui a d’ailleurs si peur qu’il vous déferre au disciplinaire ; nommé par un Ministre de droite en même temps qu’un collègue qui affirme publiquement être de gauche, un dangereux individu qui menace à tout bout de champ, qui détourne de l’argent, qui n’est plus français mais marocains recrutant d’autres marocains etc. Tout cela, sans n’avoir jamais été condamné ou sanctionné ? Irait-on jusqu’à affirmer que j’ai réussi à corrompre la justice et la section disciplinaire de l’Université ?

LPLD.fr : Vous accablez les médias, la presse les journalistes, qui selon vous ont eu une résonnance négative dans votre affaire, vous n’avez-jamais rencontré certains d’entre eux pour raconter votre version des faits avant cette interview que vous nous accordez ?

R.Zouhhad : Oui en effet, les portraits fait de tout et de son contraire, dissimulent mal la vacuité des faits objectifs et vérifiables qui peuvent être produits pour prouver une quelconque culpabilité de ma personne ou de mes collègues. Je finirai en rappelant à ces journalistes deux rencontres pour le moins épiques, dont une au mois de juin 2014, j’ai rencontré deux d’entre eux au bureau de mon avocat. Alors qu’ils avaient déjà produit un article reprenant les accusations de dysfonctionnements et de détournements de fonds, ils ont été incapables de produire le détail de ces faits, afin que je puisse répondre à chacun d’entre eux. 
L’autre rencontre a été aussi haute en couleur si je puis dire : le journaliste, qui se reconnaitra, m’a demandé quelle était la part des étudiants étrangers à l’IUT. N’ayant pas de réponse à cette question, il me demande au vu de la promotion, c’est-à-dire des faciès de nos jeunes, combien sont d’après moi étrangers. Je me suis contenté de lui rappeler que nous n’avons pas accès à ce type d’information et que nous n’avons pas cette appréhension de nos jeunes. Ils sont considérés et traités toutes et tous de la même façon, indépendamment de cette perception. Le plus stupéfiant est la réaction de ce dernier à toutes les réponses apportées aux accusations : « M. ZOUHHAD vous noie sous les détails et les pièces ». Il est difficile de faire autrement que de répondre précisément à des accusations précises. Moyennant quoi, ce journaliste s’est tourné vers des sources anonymes pour me gratifier d’un portrait au vitriol. Manifestement, il n’avait pas de temps à perdre à examiner sérieusement les éléments du dossier et a préféré recourir à la facilité de propos tenus sous couvert d’anonymat. Il est vrai que cela est plus rapide et répond mieux au portrait que l’on souhaite faire, alors que les faits eux, sont têtus et ne vous laissent pas toute la latitude pour les interpréter.

« Qui de ces journalistes peut affirmer avoir visité le pseudo lieu de prière que l’on dit avoir été le théâtre de « prêches violents ?»

J’en terminerai en posant une questions aux « journalistes » ; qui d’entre eux peut certifier avoir vu les tapis retrouvés dans le local de l’association « Ouverture » et attester que les déclarations de M. MAYOL, qui a le monopole de l’expression sur ce point, sont exactes ? 
Qui de ces journalistes peut affirmer avoir visité le pseudo lieu de prière que l’on dit avoir été le théâtre de « prêches violents » ? Ce lieu, dont la localisation a fini par être trouvée par mes collègues et moi-même, ne comporte aucun scellé (cf : Photo ci-dessous). Pourquoi n’a-t-on pas demandé à M. MAYOL de l’ouvrir pour constater de visu ce qu’il est, et s’il se prête ou non à ce que M. MAYOL est le seul à affirmer sans contradicteur possible. Y a-t-il trois, trente ou cent cinquante quatre tapis ? Les versions de la presse divergent fortement sur ce point, c’est le moins que l’on puisse dire !

Voici à gauche attenant au bureau des sports de l'IUT, la porte du local condamné depuis la décision du Directeur de L'IUT fin 2013 et la décision de partager la salle avec plusieurs associations étudiantes en retirant ainsi l'exclusivité à l'association

Comment cette salle (porte de gauche) aurait pu servir à la prière sans éveiller de soupçons sachant quelle est attenante au bureau des sports des étudiants faisant face à l’amphithéâtre principal de l’IUT? (Crédits : D.R)

 

Hall d'entrée de l'IUT de SAINT DENIS menant au couloir ou est située le local qui aurait servi de salle de prière et de vente de sandwichs halal avant sa fermeture définitive en 2013

Hall d'entrée de l'IUT de SAINT DENIS menant au couloir ou est située le local qui aurait servi de salle de prière et de vente de sandwichs halal avant sa fermeture définitive en 2013 (Crédits : D.R)


LPLD.fr : Qui, selon vous, fait courir ces rumeurs sur votre compte et certains de vos collègues au sein de l'IUT?

R.Zouhhad : En réalité, il y a deux situations complètement disjointes : l’IUT et ces événements présentés par M. MAYOL, repris par l’inspection et amplifiés plus que de mesure par la presse et la réalité du terrain qui fait état d’une « direction flottante de l’IUT », de menaces, injures, intimidations qui sont le fait de personnes de l’entourage de M. MAYOL et qui ont été rapportées par les personnes de l’IUT dans plusieurs rapports internes. Il y a également des décisions, opérations et actes de M. MAYOL et de personnes qui lui sont proches dont ils se gardent bien de parler dans la presse, mais qui finiront bien par sortir, malgré le rideau de fumée créé et entretenu depuis des mois.

LPLD.fr : Mais une faculté se doit d’être un lieu d’échange du savoir, vouée à la réussite de ses étudiants non ?

R.Zouhhad : La place croissante de la politique et de la recherche de pouvoir a conduit à la remise en cause de l’esprit et des valeurs universitaires. Dans cette affaire, les étudiants ont été instrumentalisés au travers de pétitions suscitées par certains collègues qui ont sciemment participé à cette cabale. Ces pétitions m’ont été dissimulées par M. MAYOL pendant quatre mois. Elles m’ont été communiquées par le Tribunal Administratif dans une réponse de l’Université à l’une des requêtes que j’ai introduite pour contester l’une des décisions prises par M. MAYOL. Si l’intérêt des étudiants était réellement la préoccupation première de M. MAYOL, comme il n’a eu de cesse de le déclarer, alors il est difficile de comprendre pourquoi il ne m’a jamais informé de leur existence afin que nous puissions ensemble examiner la teneur de leurs demandes et tenter d’y répondre ? Il apparaît évident maintenant que ces pétitions avaient été suscitées pour être ensuite utilisées pour m’évincer de la fonction de responsable du département TC. Il est tout aussi évident que les étudiants ont été instrumentalisés, pris en otage pour servir le dessein que poursuivait M. MAYOL et son clan. Il n’est nul besoin d’en examiner le contenu pour s’en convaincre.

LPLD.fr : Quelle est la position du Président de l’université Paris-XIII-Villetaneuse, Jean loup Salzmann, bien silencieux dans cette affaire, alors qu’il a pourtant toute latitude pour stopper ce jeu de massacre, l’avez-vous rencontré pour en discuter ?

R.Zouhhad : Je n’ai pas discuté de cette affaire avec le Président de l’Université Paris 13 depuis qu’elle s’est déclarée. Il est effectivement resté à distance pendant près d’un an. Ses réactions sont récentes et la dernière d’entre elles est particulièrement claire. Après avoir procédé à toutes les vérifications nécessaires, il semble être arrivé à la conclusion que ma position sur bien des points est fondée : le rapport de l’IGAENR est exclusivement à charge et les allégations qu’il contient ne sont fondées sur aucun élément suffisamment probant et vérifiable.
Le courrier qu’il a adressé au Ministère et au Secrétariat d’État a reçu une réponse le 10 juillet 2015, qui a été rendue publique et qui fait état du lancement d’une « mission complémentaire ». C’est une décision qui était attendue tant la première semblait outrageusement partiale et truffée de préjugés dont certains n’ont pas manqué de choquer. Toutefois, et compte tenu de ce précédent et d’un autre plus lointain, je reste prudent quant à l’aboutissement de cette nouvelle mission.

LPLD.fr : D’autres enseignants ont-ils subi le même traitement que vous à l’IUT de Saint Denis?

R.Zouhhad : Il y a en effet un aspect sur lequel la cohérence de la Direction de l’université Paris 13 m’interpelle encore : Pourquoi a-t-on mis en œuvre les demandes de la première mission de l’IGAENR qui souhaitait, de façon particulièrement soutenue et insistante, que je sois déféré au disciplinaire avec d’autres collègues, alors que les éléments factuels étaient manifestement insuffisants et dénués de sérieux ? 
On peut d’ores et déjà mesurer les conséquences de ces déferrements demandés par M. MAYOL et soutenue avec force par l’IGAENR : le premier collègue, M. Nacer LAÏB, vient d’être relaxé. Le second, M. BELAKHDAR, doit de nouveau comparaître devant la formation de jugement ce mois-ci.
Que penser encore de la demande de déferrement de ce collègue émanant de M. MAYOL et de l’IGAENR, surtout quand cette dernière reprenait dans son rapport de décembre 2014 que ce collègue a été l’objet de plaintes pour menaces de mort de la part de collègues qui font partie de l’entourage de M. MAYOL, en l’occurrence MM Erick LEROUX et Florent TETARD. Ces accusations ont ensuite été largement relayées par une certaine presse. Le problème, c’est que l’IGAENR non seulement n’a pas tenu compte des informations fournies par ce collègue lorsqu’il a été entendu entre autres à ce propos, mais plus encore, elle n’a même pas exercé l’un de ses devoirs premiers, à savoir vérifier le bien-fondé de l’information qui lui a manifestement été transmise par les personnes proches de M. MAYOL.

LPLD.fr : Vous accusez l’IGAENR d’être partial en ne jouant pas son rôle d’arbitrage en somme ?

R.Zouhhad : En effet, les plaintes à l’encontre de M. BELAKHDAR avaient été classées depuis 6 mois au moment où les inspecteurs de l’IGAENR en faisaient état dans leur rapport et demandaient en conséquence que ce collègue soit déféré. La section disciplinaire de l’Université Paris 13 doit maintenant composer avec la légèreté tant de M. MAYOL que des Inspecteurs de l’IGAENR. Mon cas, sera également examiné ce mois de septembre, sur le fondement des accusations de M. MAYOL également reprises par l’IGAENR.
Il faut peut être également rappeler que mon collègue M. BELAKHDAR a également été suspendu par la Direction de l’Université Paris 13 pour une durée de 4 mois consécutivement à son déferrement. Il a été empêché par le service de sécurité de l’IUT d’entrer alors qu’il en est l’un des enseignants permanents. Renseignements pris, il semble que ce service n’ait nullement obéi à un ordre donné par la Direction de l’Université. On mesure mieux l’injustice dont mon collègue est l’objet en raison des accusations infondées portées à son encontre par M. MAYOL et reprises sans aucune vérification par l’IGAENR. 
Enfin, je ne peux manquer de rappeler que M. BELAKHDAR et moi-même avons été interrogés par les services de Police sur les allégations de menaces, agressions et sur l’alerte à la bombe du 3 février 2014. Cela est consécutif à des plaintes et dénonciations dont on peut en deviner les auteurs. Il est apparu rapidement à ces services que ni l’un ni l’autre n’avait quoi que ce soit à voir avec ces allégations.

« …il appartient aux autorités compétentes d’assumer leur responsabilité et d’avoir le courage de mettre un terme à une injustice flagrante »

D’aucuns constateront que ce sont les mêmes personnes qui ont été l’objet de toutes les vérifications disciplinaires ou policières, des suspensions et d’autres tracasseries qu’il serait par trop long à exposer. Etait-il nécessaire que nous soyons soumis à toutes ces épreuves pour s’assurer de notre innocence ? Je ne le crois pas. Un travail de vérification sérieux des sources avant l’engagement de l’une ou l’autre de ces actions graves à notre encontre, aurait permis d’éviter ce qui ressemble de plus en plus aux conséquences du relais par les médias de l’acharnement de M. MAYOL et de l’IGAENR.
Il appartient désormais aux autorités compétentes d’assumer leur responsabilité et d’avoir le courage de mettre un terme à une injustice flagrante mais aussi de demander des comptes aux responsables de cette cabale et à leurs complices y compris devant la justice. Il s’agit là d’une demande de justice et d’un signe fort qui sera envoyé à celles et ceux qui pourraient à l’avenir être tentés par ce type de dérives.

LPLD.fr : Dans quel état se trouve l’IUT aujourd’hui, tant au niveau financier que de son fonctionnement global (diplôme en baisse, étudiants en moins...)?

R.Zouhhad : Les effectifs ont baissé de près de 20 % depuis l’arrivée de M. MAYOL à la direction de l’IUT en 2012. Le Conseil de l’Institut n’a été réuni qu’à deux reprises cette année, soit beaucoup moins que les années précédentes. De nombreux collègues en sont déjà partis et d’autres demandent à en partir. Une grande partie des personnels est l’objet d’un suivi assuré par le Groupe d’Assistance Psychologique mis en place par la Direction de l’Université. Le travail de nos prédécesseurs pour faire de cette IUT l’un des meilleurs a été mis à bas par une année de campagne intensive de dénigrement orchestrée par M. MAYOL et son clan et systématiquement relayée par les mêmes médias. On a donc sacrifié cet IUT sur l’autel des ambitions politiques, financières et démagogiques d’une personne et de ses affidés. Il est temps de mettre un terme à cette dérive et de ramener l’IUT sur les rails qu’il n’aurait jamais dû quitter. Cela demande que les autorités compétentes assument leurs responsabilités et pour cela qu’elle procède à un examen préalable et approfondi de tous les aspects relatifs à la gestion de l’IUT sur les cinq dernières années afin de s’attacher aux sources des problèmes réels , les résoudre et permettre ainsi la relance de cet établissement avec des personnels qui n’attendent que cela et qui sont d’une très grande qualité.

« Ces jeunes…, ont été instrumentalisés pour signer des pétitions destinées à obtenir ma destitution ».

LPLD.fr : Ne trouvez-vous pas que les étudiants paient un lourd tribut et que les victimes ce sont eux avant tout ?

R.Zouhhad : En effet, ils en ont été les premières victimes. Ces jeunes qui ont une vingtaine d’années en moyenne ont été instrumentalisés par des adultes pour signer des pétitions destinées à obtenir ma destitution. Il est facile de comprendre que leur dépendance à l’égard des enseignants et du Directeur de l’IUT qui les ont ainsi contraints à le faire, ne leur permettaient pas de refuser. Je n’ai pas de mot pour qualifier l’attitude irresponsable de ces adultes à l’égard de ces jeunes. D’autres collègues tout comme moi, avons refusé d’user de notre position pour exercer une quelconque pression sur ces jeunes qui sont là d’abord pour apprendre et se construire un avenir et non pour être instrumentalisés dans le cadre d’une cabale dans laquelle ils ne devaient nullement être engagés.

LPLD.fr : Quel est votre sentiment sur la qualité de l'enseignement prodigué à l'IUT et sa mise en péril dans le contexte actuel ?

R.Zouhhad : Avant toute chose, il convient de rappeler la situation dans laquelle j’ai trouvé le département TC à mon arrivée à sa tête, succédant ainsi à M. MAYOL.
J’ai d’abord hérité d’une dette financière laissée par M. MAYOL qui amputait de facto mon budget de près de 15 %. Une équipe d’enseignants permanents qui était réduite d’un tiers par rapport à celle dont disposait M. MAYOL au début de son mandat à la tête de ce département. Un budget (en heures complémentaires) inférieur de 40 % à celui dont disposait M. MAYOL pour un effectif de 360 étudiants, alors que j’en avais près de 600, soit près de 70 % en plus. Une équipe de secrétaires dont l’effectif était deux fois inférieur à celui d’autres départements au regard de nos effectifs d’étudiants. Enfin, une répartition des spécialités d’enseignement de l’équipe des permanents qui ne correspondait pas aux exigences du département. Ainsi, j’ai trouvé plus d’enseignants d’anglais que ce qui était nécessaire et aucun enseignant d’Allemand ou d’Espagnol ; aucun enseignant de mathématiques, de statistique ou d’informatique. De même que j’y ai trouvé des pratiques d’évaluation des étudiants qui n’étaient nullement conformes aux dispositions légales ou statutaires. A cela s’est ajouté un contexte marqué par une forte réduction du budget imposé par la situation de notre Université.

C’est dans ce contexte, pour s’en tenir aux éléments principaux, que j’ai entamé avec mes collègues du département un travail de mise en conformité. Tout d’abord, l’équipe a travaillé pendant plus d’un an pour permettre aux étudiants d’accéder aux emplois du temps à partir de leurs tablette, téléphone ou ordinateur et à tout moment, afin de disposer en temps réel des informations relatives aux absences ou changements de salles ou d’amphis. Cela a abouti et appelait, nous en étions conscients, des améliorations, mais il y avait déjà une base solide pour cela. Cette possibilité a disparue après mon départ et les administratrices provisoires nommées par M. MAYOL ne l’ont pas maintenue, je trouve cela dommageable pour les étudiants.

Ensuite, j’ai demandé à l’ensemble des enseignants de remplir et de porter à la connaissance des étudiants les règles du jeu : contenu de la matière, formes d’enseignements, noms des intervenants, part dans la note finale de chaque travail demandé, etc. Nous avons été le premier département à mettre explicitement en place ces fiches « syllabus », ce qui a eu également pour effet d’inciter les autres départements à le faire. 
Concomitamment à cela je me suis efforcé d’obtenir des moyens humains et financiers en adéquation avec les effectifs que nous avions, qui étaient les plus importants de l’IUT. Je ne les ai pas obtenus, car la Direction de l’IUT s’est montrée incapable d’imposer une règle de répartition des moyens qui soit plus juste et rationnelle, pour ne pas éveiller le courroux de certains barons de l’institution.

« J’ai compris bien après que sa motivation réelle était d’éviter qu’il n’y ait plus de collègues femmes aux responsabilités afin de pouvoir plus facilement m’imputer un comportement sexiste. »

J’ai proposé le renforcement de notre activité à l’international, car elle apparaissait perfectible. A cet effet, j’ai obtenu l’implication de deux nouvelles collègues dans ce sens, mais M. MAYOL a refusé de la valider. J’ai compris bien après que sa motivation réelle était d’éviter qu’il n’y ait plus de collègues femmes aux responsabilités afin de pouvoir plus facilement m’imputer un comportement sexiste.
Enfin, l’équipe du département a obtenu la validation de deux nouvelles Licences Professionnelles dont j’ai proposé la responsabilité à deux Professeurs d’Université dont les parcours et spécialités étaient parfaitement en adéquation avec celles de ces Licences. M. MAYOL les a purement et simplement débarqués en nommant à leurs places des enseignants aux compétences et parcours plus modestes et moins en adéquation quoique tout à fait honorables. Leurs atouts dans cette opération étaient pour l’un, d’être l’un des soutiens les plus zélés de M. MAYOL et l’autre, d’être la fille du Vice-Président du Conseil de l’Institut, toute aussi utile à M. MAYOL dans la poursuite de son objectif de contrôler totalement le département.

Enfin, je ne peux manquer d’évoquer les enseignements et activités originales de notre département dont certains avaient été validés au titre de l’innovation pédagogique.
Une faible partie de ces améliorations ont été reprises par les administratrices provisoires et le reste a bel et bien disparu. C’est très dommageable pour nos jeunes. De même, que j’ai pu constater après le départ des collègues les plus actifs et le mien, l’apparition d’une certaine anarchie qui a conduit à une rupture de l’égalité de traitement de nos étudiants dans certaines disciplines… De même, l’absence de la transmission des emplois du temps à l’avance, ce qui a gêné de nombreux collègues dans la programmation de leurs interventions. L’éviction de plus d’une vingtaine d’enseignants vacataires par M. MAYOL, alors que certains enseignaient dans le département depuis près de 15 ans. Une absence totale d’information transmise à l’ensemble de l’équipe. Ainsi, les collègues du département ou de l’IUT n’ont jamais obtenu la communication des effectifs des Licences Professionnelles nouvelles confiées par M. MAYOL au CODIS où travaille son épouse au titre de l’année 2014-2015. Nous n’avons même pas su qui étaient les enseignants qui y intervenaient alors que cela est à tout le moins obligatoire pour leur validation avant le début de leurs cours. Inutile de parler des retombées financières pour l’institution qui ne figuraient pas explicitement au budget prévisionnel de l’IUT présenté en décembre 2014-2015.
En un mot, une opacité totale et qui ne manque pas de soulever des interrogations quant à l’intérêt que la direction de l’IUT trouve dans cette pratique. Tout cela me conduit à nourrir de grandes inquiétudes sur l’avenir de ce département et la qualité des enseignements qui y sont prodigués. D’autant que plusieurs collègues de grande qualité sont partis ou ont été affectés dans d’autres départements.

LPLD.fr : Comment voyez-vous la suite des événements pour vous, les étudiants de l’IUT et vos collègues enseignants ?

R.Zouhhad : Si l’atmosphère actuelle devait perdurer et si le mode de management demeure le même, alors il est permis de nourrir les plus vives inquiétudes quant à l’avenir de l’IUT, qu’il s’agisse de nos étudiants ou des enseignants. Les derniers chiffres relatifs aux effectifs de l’IUT dont j’ai eu connaissance, laissent entrevoir une baisse des effectifs qui serait de l’ordre de 40 % entre le moment où M. MAYOL a pris ses fonctions de directeur et la rentrée universitaire entamée. Pour le département TC, la fusion a bien produit l’effet désastreux au niveau des effectifs d’étudiants. Le recul s’inscrirait à près de 50 %. Si cela devait se confirmer, cela illustrerait concrètement ce sur quoi nous n’avons eu de cesse de mettre en garde depuis près de deux ans. Là encore, les étudiants seraient les principaux lésés.

Toutefois, je ne peux me résigner à un scénario aussi pessimiste et j’espère bien que la Direction de l’Université saura prendre les décisions qui s’imposent pour permettre aux collègues de l’IUT de se remettre au travail dans une atmosphère de sérénité retrouvée. Pour ce qui me concerne, mais aussi ce qui concerne mes collègues qui ont été l’objet de la cabale que l’on connaît, j’attends que les instances disciplinaires et la justice fassent leur travail et que les responsables répondent de leurs actes. J’attends que toute la lumière soit faite sur les accusations infondées dont nous avons été l’objet. J’espère également que la Police et la justice apporteront une réponse claire sur les menaces et agressions alléguées. S’il y a des coupables, qu’ils soient alors déférés pour répondre de leurs actes. S’il n’y en a aucun, que les responsables de ce montage sans précédent répondent également de leurs actes devant la justice. Mais osera-t-on le faire aussi aisément que l’on nous a soumis à la série d’épreuves dont nous sommes victimes depuis des mois ? L’avenir nous le dira.

 

 

 

Cedrik Viala

Cedrik Viala

‎Journaliste/Reporter indépendant

 

 

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