Le rapport parlementaire de la vérité sur les 35 heures

Contrairement à la couverture médiatique dominante qui en est faite, parasitée, il est vrai, par le tapage propagandiste incessant de la droite et les ambiguïtés néolibérales sur le sujet du parti « socialiste », les principaux enseignements sur les effets globalement vertueux du passage aux 35 heures en France sont connus déjà depuis longtemps (1).

Contrairement à la couverture médiatique dominante qui en est faite, parasitée, il est vrai, par le tapage propagandiste incessant de la droite et les ambiguïtés néolibérales sur le sujet du parti « socialiste », les principaux enseignements sur les effets globalement vertueux du passage aux 35 heures en France sont connus déjà depuis longtemps (1). Pour autant, le rapport adopté mardi dernier par la commission d’enquête parlementaire sur « l’impact sociétal, social, économique et financier des 35 heures », présidée par le député UDI Thierry Benoit, et dirigée sous la houlette de la rapporteure et députée socialiste Barbara Romagnan (2), ne sera certainement pas de trop pour remettre les pendules à l’heure sur le sujet, en tordant le cou aux principales fausses idées reçues colportées inlassablement comme une bible par l’organisation patronale, le Mouvement des entreprises de France (Medef).

En particulier, la rapporteure rappelle la dynamique vertueuse du partage du travail qui s’est mise en place grâce aux 35 heures à partir de la fin des années 90, responsable à elle seule d’une création nette d’emplois de l’ordre de 350.000 emplois sur la période 1997-2002, selon les estimations de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Et une création nette d’emplois historique pour l’économie française, si l’on en juge par l’évolution du flux net annuel des créations d’emplois (créations moins destructions) depuis 1950, selon l’Insee (voir graphique ci-joint). Cette dynamique vertueuse est donc venue incontestablement amplifier les fortes créations d’emplois sur la période, induites par un rythme de la croissance économique française soutenu à l’époque et supérieur à la moyenne européenne.

Merci donc à la rapporteure Barbara Romagnan pour ce travail à la fois de juste réhabilitation des 35 heures et objectif - certaines erreurs commises dans leur mise en œuvre sont également pointées dans le projet de rapport adopté - qui est aussi un plaidoyer solidement argumenté pour poursuivre sur le chemin progressiste de la réduction du temps de travail (RTT) apparaissant bien, au terme des auditions de cette commission parlementaire, comme la politique de l’emploi la plus efficace et la moins coûteuse pour les finances publiques depuis les années 70 - par opposition aux politiques de baisse des cotisations sociales patronales sans obligations de contreparties pour les employeurs, comme l‘actuel « pacte de (ir)responsabilité » dans lequel le gouvernement met naïvement et stupidement tous ses espoirs. Sans oublier également que cette RTT doit et peut être pensée comme un des axes centraux d’un projet sociétal  pour une société post-productiviste mettant en son cœur le lien social. Bref, des conclusions fondamentales qui, s’il en était besoin, illustrent un peu plus les inspirations rétrogrades et anachroniques de la politique de l’offre du gouvernement Valls et de toutes les forces politiques de France et de Navarre anti-RTT


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(1)Fête du Travail et éloge des 35 heures
(2) Lire également dans les colonnes de Médiapart : « Les 35 heures, c'est un pacte de responsabilité qui a réussi »



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