La crise des dettes souveraines en Europe : continuité dans l’absurde…

 Avec les difficultés récentes de l‘Irlande dans la gestion de sa dette publique, la crise des dettes souveraines dans la zone euro s’invite à nouveau à la table de l’actualité économique. 

 

Avec les difficultés récentes de l‘Irlande dans la gestion de sa dette publique, la crise des dettes souveraines dans la zone euro s’invite à nouveau à la table de l’actualité économique. Rien d’étonnant (cf. mon billet : Trente ans d 'oppression néolibérale au service d'une minorité de privilégiés......... ça suffit ! ) ....et sombres perspectives car elle ne pourra que s'aggraver au cours des prochaines années eu égard, d'une part à l’accentuation des orientations budgétaires restrictives des pays de la zone euro, d'autre part au durcissement annoncé des critères de Maastricht en termes de limitation du déficit public en % du PIB. 

Rappel de deux leçons de base de tout manuel de politique économique et clairement illustrées depuis le New Deal.....

Leçon n°1 : tout accroissement du déficit budgétaire financé par emprunt et/ou par création monétaire se traduit, au-delà de son effet expansionniste sur l'activité économique et l'emploi, par une réduction du déficit, via l'augmentation des recettes fiscales et parafiscales induites par la croissance. Et je rappelle que les marges de manoeuvre existent au niveau européen pour une relance budgétaire concertée, avec un budget européen seulement égal à 1 % du PIB européen. Inversement, dans une conjoncture déjà fortement ralentie, les mesures de réduction du déficit creusent le déficit et dégradent un peu plus la situation de l'emploi, via l'enclenchement d'un cercle vicieux par une insuffisance de la demande.

Leçon n°2 : il y a deux façons de réduire un déficit public, la réduction des dépenses publiques et/ou l'augmentation des recettes (impôts et/ou cotisations sociales). La première, celle adoptée par les pays de la zone euro, est un choix politique clairement orienté en faveur du recul de la protection sociale et du Welfare-State.....c'est l'option néolibérale qui s'accroche au pouvoir, et au service des intérêts d’une minorité, celle à qui profite le crime ! La seconde pourrait contribuer, par l'intermédiaire d'une fiscalité plus redistributive, combinant notamment plus de progressivité de l'impôt sur le revenu et de prélèvements sur les revenus du capital, à la réduction des inégalités économiques et sociales.

En final, les politiques budgétaires d'austérité vont creuser un peu plus les déficits en voulant les réduire, non seulement à court et moyen termes par les enchaînements vicieux liés à la demande ( leçon n°1), mais bien pire encore, à long terme aussi, en raison de la façon dont nos décideurs publics ont décidé de les réduire (leçon n°2) : la réduction des dépenses publiques met en effet dangereusement en péril la cohésion sociale, pourtant facteur fondamental des "équilibres harmonieux" du long terme de toute société développée.......et donc de son économie !!!

...........John Maynard Keynes qui n’est donc pas mort, vous l’avez bien compris, disait pour recadrer la temporalité de son analyse : « A long terme, nous serons tous morts.»……..Question indécente mais pertinente : même les néolibéraux ?….

 

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