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Billet de blog 17 janvier 2012

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Bilan 2011 des «indignés»: les premiers pas sur le chemin de l’espérance démocratique

Dans l’obscurité des ténèbres de l’oppression néolibérale des peuples par la dictature financière, une lumière de rébellion, s’inspirant du Printemps arabe, s’est enfin éclairée en 2011 à travers le mouvement des "indignés" en Europe et Outre-atlantique (le mouvement "Occupy Wall Street").

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Dans l’obscurité des ténèbres de l’oppression néolibérale des peuples par la dictature financière, une lumière de rébellion, s’inspirant du Printemps arabe, s’est enfin éclairée en 2011 à travers le mouvement des "indignés" en Europe et Outre-atlantique (le mouvement "Occupy Wall Street").

Illustration 1

Incontestablement, ce formidable sursaut citoyen nous a rappelé, s’il en était besoin, que les démocraties occidentales n’appartiennent pas aux peuples, mais à une petite oligarchie financière face à laquelle les "indignés" ont exprimé leur souffle de colère et de lucidité. Une oligarchie qui a su tisser subtilement les fils d’une "duperie démocratique" dans le cadre du capitalisme industriel naissant, dès le lendemain des premières révolutions des Droits de l'homme et du citoyen depuis la fin du XVIIIe siècle, en détournant celles-ci de leur essence profonde, une "duperie démocratique" pleinement consacrée à partir de la fin du XXe siècle avec le triomphe d’un capitalisme financier appauvrissant les classes laborieuses. Et cette "farce démocratique" a su insidieusement endormir les peuples, esclaves qu'ils sont devenus du déterminisme redoutable d'acceptation de l'exploitation et de son cortège d'inégalités illégitimes et insupportables. Même si le constat est effrayant, il faut néanmoins donner à cette servitude volontaire des "circonstances atténuantes" : une école faussement républicaine au service de la reproduction sociale et de l'inculcation des valeurs matérialistes du productivisme et du néolibéralisme, ainsi que la mainmise désinformatrice des grands médias sur les consciences.…..le tout enveloppé d'une collusion d’intérêts subtilement dissimulée entre la classe politique dirigeante et la minorité possédante de l'appareil productif et spéculatif.

Illustration 2

À travers le mouvement contestataire des "indignés", des fissures porteuses d’espoir apparaissent dans l'édifice de l'exploitation des peuples mis en place par l'oligarchie politico-financière et médiatique. Pour autant, ce réveil démocratique et la révolution des mentalités qu’il peut emmener avec lui, sont encore, de toute évidence, bien loin de gagner l'immense majorité des peuples, et d'ailleurs, plus par aveuglement que par résignation de ces derniers. Combien de nos concitoyens sont-ils, en effet, pleinement convaincus que la crise des dettes souveraines est le fruit pourri de la cupidité de la minorité qui les exploite en s'étant démesurément enrichie sur le dos des travailleurs ?

Illustration 3

Combien sont-ils vraiment conscients, qu'en voulant les gaver de ce fruit pourri par des politiques d'austérité au service du remboursement d'une dette publique en grande partie illégitime, les dirigeants politiques ne sont que les simples exécutants complices de l'oligarchie financière qui nous gouverne ? Enfin, combien sont-ils profondément heurtés au point de renoncer à leur traditionnelle servitude volontaire, face à un autre fruit pourri de l’exploitation de l‘homme par l‘homme, celui d’inégalités de revenus et de patrimoines encore spectaculaires et consternantes dans nos pays dits "riches" ?  

Combien ?!!? Certainement trop peu encore aujourd’hui pour tous les humanistes qui se reconnaîtront dans ce questionnement. Probablement trop peu aussi, en France, pour attendre de mai 2012, subitement, la révolution pacifique à laquelle aspire tout humaniste qui se respecte, surtout après la tâche noire dans l’histoire de nos institutions de cinq années de sarkozysme. Mais suffisamment tout de même, et n’en déplaise à la cupidité cynique et sereine de nos oligarques, pour poursuivre avec espoir le combat contre les impostures de notre régime économique et social, avec les armes pacifiques de l’instruction publique, de l’éducation citoyenne, de la défense de la liberté d’expression et de l’émancipation de l’information au service des valeurs de la démocratie et du progrès social……sans oublier bien évidemment la RÉVOLTE citoyenne de l‘indignation de tous les peuples !

Illustration 4

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Photo n°1 : les "indignés" espagnols, Madrid. Source : Attac Suisse.

Photo n°2 : mouvement des "indignés" de Wall Street, le 3 octobre 2011. © Reuters/Mike Segar

Photo n°3:  Bruxelles, le 19 juin 2011. Source :  La gazette de Bruxelles.

Photo n°4 : les "indignés" espagnols à Perpignan, le 16 août 2011. Source : sos-crise.over-blog.com

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