Yves Besançon
Economiste, professeur de sciences économiques et sociales, et ancien Attaché de l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).
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Billet de blog 23 mai 2013

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L’hégémonie anachronique du PIB

Tout citoyen un minimum informé a entendu parler au moins une fois dans sa vie de ce fameux produit intérieur brut (PIB), présenté comme une mesure du montant des richesses produites dans une économie.

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Tout citoyen un minimum informé a entendu parler au moins une fois dans sa vie de ce fameux produit intérieur brut (PIB), présenté comme une mesure du montant des richesses produites dans une économie. Périodiquement, ses évolutions passées et prévues publiées par les différents instituts d’études économiques, dont l’Institut national de la statistique et des études économiques qui a en charge l’élaboration du cadre comptable dans lequel il est calculé, sont commentées religieusement par les médias. Et nos gouvernants font de sa croissance une véritable obsession en la présentant encore comme le seul chemin obligé de la progression du bien-être de nos sociétés et du retour au plein emploi de la force de travail. Or, si les critiques à l’encontre de cet agrégat macroéconomique ne sont pas nouvelles, et si les travaux sont nombreux pour mettre en lumière ses imperfections [1], il semble bien que son hégémonie reste malheureusement toujours d’actualité, et dans la macroéconomie contemporaine, et sur le tableau de bord des dirigeants politiques dans le pilotage de la politique économique. Constat pour le moins surprenant dans le contexte actuel de l’aggravation des inégalités et de la crise écologique, où l’utilisation d’autres indicateurs, parallèlement au PIB, s’imposerait plus que jamais dans la définition de la feuille de route des pouvoirs publics, avec par exemple des objectifs chiffrés contraignants sur la réduction du taux de risque de pauvreté après transferts sociaux ou encore l’augmentation de l’espérance de vie en bonne santé. Preuve, s’il en était besoin, que le règne du dogme libéral-productiviste de la croissance infinie que défendent encore, par cupidité et/ou  lâcheté, la plupart des  gouvernants de la planète, a encore de longues années devant lui, au plus grand mépris des intérêts des générations futures. Rappelons les principales défaillances du PIB et faisons un état des lieux sur quelques autres indicateurs complémentaires ou alternatifs précieux [2].
Au préalable, quelques considérations méthodologiques sur la construction comptable du PIB. Une première ébauche du PIB est donnée par les travaux pionniers de l’économiste américain  Simon Kuznets, en 1934, mais c’est dans le cadre de la naissance de la comptabilité nationale au cours de la décennie des années 40 que l’indicateur est vraiment élaboré. Rappelons succinctement sa méthode d’évaluation. Tout d’abord, comprenons bien qu’il s’agit d’une évaluation monétaire de l’ensemble des richesses produites sur le territoire économique national sous forme de biens et de services marchands ou non marchands, au cours d‘une période donnée (année ou trimestre). De ce point de vue là, il est utile de rappeler, n’en déplaise aux détracteurs de la dépense publique, que la richesse créée par les services publics est comptabilisée dans le PIB non marchand, mais, puisque ces derniers ne sont pas vendus sur un marché, par convention, ils sont évalués à partir de leurs coûts de production.
Afin d’éviter de compter plusieurs fois la même chose, le comptable national ne va pas additionner dans le PIB toutes les valeurs marchandes observées sur le marché des biens et services, mais, ce qu’il appelle, les valeurs ajoutées brutes, à savoir ce que chaque agent crée réellement comme richesse.  Ainsi, pour un boulanger, le prix de sa baguette ne correspond pas à la valeur de la richesse qu’il a réellement créée, car pour la produire, il a dû utiliser des consommations intermédiaires (farine, eau, etc.), constituant elles-mêmes de la richesse matérielle produite par d’autres agents économiques. En final, pour apprécier le flux de richesse réalisée par chaque unité productive, on calcule la valeur ajoutée brute, définie comme la différence entre la valeur de la production et le montant des consommations intermédiaires qui ont été nécessaires à la production. Et en agrégeant l’ensemble des valeurs ajoutées des unités productives résidentes, on obtient notre fameux PIB [3]. Pour compléter ce rapide survol comptable, il est important de noter que le PIB est donc une variable de flux (et non de stock), et que pour apprécier sa variation au cours du temps, il faut raisonner à prix constants pour pouvoir mesurer sa variation uniquement imputable à l’évolution des quantités produites. Ce PIB fictif évalué à prix constants, donc corrigé de l’inflation, est appelé PIB en volume ou encore PIB réel, et son taux de variation - si positif - donne le chiffre culte tant médiatisé de la croissance économique. La toute puissante influence du dogme de la croissance maximale et infinie passant par là, si ce PIB en volume baisse, les us et coutumes langagières dominantes préfèrent utiliser l’expression oxymorique de « croissance négative », afin probablement de conjurer le mauvais sort jeté par l’emploi de la notion  pourtant bien appropriée en pareille circonstance, à savoir, tout simplement, la décroissance économique…….mais, expression ô combien maléfique pour les grands rentiers de la croissance économique ! 
Dès les années 70, dans la trajectoire des préoccupations environnementales du Club de Rome dénonçant le caractère non soutenable de la croissance économique prédatrice des pays riches, des travaux mettent déjà en évidence le découplage entre le PIB et le bien-être. Tout d’abord, le divorce est bel et bien subjectivement ressenti par les individus. Comme le montrent les travaux publiés en 1974 de l’économiste américain Richard Easterlin sur la relation entre richesse et bonheur, le niveau moyen de satisfaction déclaré reste globalement constant aux États-Unis depuis le milieu des années 40 alors que le PIB réel (i.e. après correction de l’inflation) par habitant progresse, d‘où le « paradoxe d’Easterlin ». Et un décrochage entre PIB et bien-être pas seulement subjectivement vécu, mais qui apparaît également bien réel, si on prend comme mesure du bien-être d’autres indicateurs.  Il en va ainsi de l’indicateur de santé sociale (ISS) mis au point aux États-Unis, regroupant un ensemble de critères (dont la santé, l’éducation, le chômage, la pauvreté et les inégalités), qui commence à baisser à partir de la fin des années 60, alors que le PIB par habitant, lui, continue sa course ascendante.  Toujours au pays de l’oncle Sam, le calcul de l’indice de progrès véritable (IPV), qui part de la consommation finale des ménages pour retirer les dégâts sociaux et environnementaux causés par cette consommation, aboutit in fine à un gain net de seulement 40 % (résultats en 2002). Autrement dit, les prédations de cette même consommation sur le capital social et le capital naturel seraient de l’ordre de 60 % de la richesse consommée ! Idem pour le Royaume-Uni : décrochage impressionnant à partir du début des années 80 entre un PIB par habitant toujours en croissance et  l’indice de bien-être économique (IBEE) qui stagne, puis baisse à partir du milieu des années 80. En France, on retiendra les travaux de deux chercheurs, Florence Jany-Catrice et Rabih Zotti de l‘Université Lille 1, reprenant l’ISS dans une perspective régionale [4] : ainsi, alors que la région de l’Île-de-France apparaît première en termes de PIB par habitant, elle se retrouve en 17ème position sur 22 dans le classement selon l’indicateur synthétique de santé sociale (16 variables sont prises en compte), en particulier du fait de l‘ampleur des inégalités au sein de la région francilienne.          
              
La rupture contemporaine entre PIB et bien-être ressenti et effectif n’est certainement pas étrangère aux  frustrations inhérentes à une société de consommation de masse du « toujours plus », où l’homme en vient à se rendre malade de ne jamais posséder assez, surtout si son voisin possède plus que lui, et à se livrer à un gaspillage croissant dans une consommation frénétique [5]. Bref, la pathologie dégénérative morbide du désir insatiable de l’accumulation que Karl Marx avait déjà bien dénoncée [6], et qui rend nos « sociétés dépressives » pour reprendre l’expression de l’économiste Bernard Maris [7]. Mais, le noyau dur de l’explication est ailleurs et tient aux dégâts considérables sociaux et environnementaux générés par le type même de croissance économique consubstantiel au modèle libéral-productiviste et qui commencent à se manifester de façon criante depuis une quarantaine d‘années. Avant d’aborder ces dégradations qui impactent négativement le bien-être des populations et sur lesquelles le PIB fait l’impasse ou très mauvaise mesure, notons qu’il ne prend pas en compte un certain nombre d’activités fondamentales du point de vue de la qualité du lien social et donc de la qualité de vie (le travail domestique - n’épousez pas votre femme de ménages, car vous ferez baisser le PIB - et le bénévolat associatif qui compense bien des carences de la solidarité collective face à la nouvelle pauvreté en ces temps de remise en cause de l‘État-providence). Le PIB fait également abstraction du degré des inégalités dans la répartition des revenus, dimension pourtant déterminante du point de vue de la cohésion sociale et donc du bien vivre ensemble.  Que le gâteau produit et les revenus correspondants soient accaparés par quelques-uns ou équitablement répartis, le PIB vous dira la même chose et son évolution ne vous informera nullement de la montée impressionnante des inégalités durant ces trente dernières années et du processus de balkanisation des sociétés qui est en cours dans les pays des deux hémisphères de la planète. Cet aspect des inégalités est d’autant plus important dans la critique de cet agrégat que la crise écologique d’aujourd’hui  les aggrave en frappant toujours plus  les plus démunis. Il en va ainsi des industries polluantes que les pays riches délocalisent dans les pays pauvres ou encore des catastrophes climatiques à répétition impactant majoritairement les plus fragiles, et pas seulement dans les pays du Sud, mais aussi dans les pays riches ( pour exemple, la canicule en Europe en 2003 faisant 15.000 victimes en France, dont une grande partie était des personnes âgées socialement défavorisées). 
Le pire de l’impasse du PIB se situe donc dans la comptabilisation des nuisances associées à la croissance économique, dont l’ampleur est aujourd’hui telle, qu’il apparaît urgentissime de prendre en compte dans la conduite de la politique économique d’autres indicateurs et de définir une autre macroéconomie, une  « macroéconomie écologique (et sociale : ndr) » selon l’économiste Tim Jackson [8], partisan des thèses de la décroissance heureuse. D’une part, les dégradations environnementales ne sont pas comptées négativement dans le PIB. À commencer par la pollution atmosphérique et le réchauffement climatique - et les catastrophes climatiques associées-  entraînés par l’utilisation des énergies fossiles (charbon, pétrole et gaz naturel) dont la combustion provoque l’émission de gaz à effet de serre qui impacte la couche d‘ozone. Il en va de même des multiples conséquences dramatiques des dérives associées à une croissance effrénée et cupide comme la déforestation galopante, la réduction de la biodiversité, la surpêche, l’épuisement des ressources naturelles et toutes les pollutions héritées du productivisme agricole. Idem pour les dégâts sociaux de la croissance du PIB comme la dégradation des conditions de travail associée à la course des gains de productivité exacerbée dans le contexte actuel de la mondialisation. D’autre part, un grand nombre de dégradations viennent gonfler artificiellement le PIB, comme par exemple les dépenses de dépollution, en particulier celles générées par les catastrophes écologiques, ou les dépenses de collecte et de traitement des déchets, ou encore sur le plan social les dépenses liées à la délinquance, autant de coûts pour la collectivité qui ne mesurent pas vraiment une progression du bien-être des populations, et qui pourtant sont comptabilisés positivement dans le PIB, au même titre que les dépenses publiques occasionnées par la construction d‘une école ou d‘un hôpital.  Ainsi, lorsque vous serez victime d’un accident de la route ou d‘une inondation suite à une catastrophe naturelle, n’hésitez pas à philosopher, en vous disant que si votre bonheur matériel se dégrade, le PIB, lui, va augmenter grâce à votre malheur ! Enfin, comme sa dénomination l’indique, ce produit intérieur est dit « brut », car il comprend les dépenses d’amortissement liées à l’usure du capital fixe regroupées dans ce que les comptables nationaux appellent la consommation de capital fixe (CCF). Pour faire simple, il s’agit de l’usure des machines et bâtiments utilisés dans le cadre de l’activité productive. En toute rigueur méthodologique, il serait souhaitable de retirer cette valeur du PIB qui, fondamentalement, correspond à une destruction et non une création de richesses, pour raisonner en produit intérieur net. Néanmoins, pour ce faire, faudrait-il pouvoir disposer régulièrement d’une évaluation précise et réaliste d’un phénomène compliqué à appréhender, notamment dans sa dimension technologique, et mesuré encore assez imparfaitement au niveau macroéconomique.   
Face à de telles imperfections du PIB, sa tyrannie médiatique apparaît presque anachronique, d‘autant plus que la réflexion sur la dimension multidimensionnelle du bien-être et la construction d’indicateurs complémentaires ou alternatifs sont déjà bien en mouvement depuis une quarantaine d’années. Mais, si la prise de conscience politique de la nécessité de changer de logiciel de développement économique et social, sur la base de la prise en compte effective et opérationnelle d’indicateurs au service d’un développement durable au sens du rapport Brundtland [9], se fait jour, le courage politique de nos gouvernants, quant à lui, fait encore cruellement défaut, et dans les actes, et même dans le discours étonnamment encore « croissanciste et productiviste ». Parmi les indicateurs précieux indispensables à l’appréhension du bien-être des sociétés, on ne rappellera pas ceux qui ont été déjà évoqués précédemment. On fera référence, en revanche, aux indicateurs de développement humain et de la pauvreté humaine (l‘IDH et l‘IPH) [10], tous deux créés dans les années 90 par le Programme des Nations Unies pour le Développement. Des indicateurs composites incontestablement très utiles, mais largement incomplets en faisant notamment l‘impasse, comme le PIB, sur le problème des inégalités et la question écologique.  Sur la question écologique précisément, on citera en particulier les indicateurs maintenant incontournables de niveau des émissions totales de gaz à effet de serre, de biocapacité - surface biologiquement productive effectivement disponible pour l‘homme - et d’empreinte écologique - surface nécessaire pour produire ce que les hommes consomment et pour absorber leurs déchets. La comparaison de l’empreinte écologique avec la biocapacité est alors fondamentale : lorsque la première est supérieure à la seconde pour une zone donnée, comme c’est le cas depuis le milieu des années 70 au niveau mondial (cf. graphique ci-joint), alors l’exploitation de cette zone n’est pas durable, la différence négative entre la biocapacité et l’empreinte écologique mesurant alors la dépréciation du capital naturel ou l’état de « dépassement écologique ».              
Comme le montrent ces deux courbes, on constate un « effet ciseaux » pour le moins explicite de l’ampleur de la crise écologique et du retard à l’allumage de l’action du politique : en 2008, dernière année disponible, l'empreinte écologique mondiale s'élevait à 2,7 hectares globaux par habitant pour une capacité biologique de 1,8 hectare par habitant. Principaux responsables de la dépréciation du capital naturel mondial, les rejets de dioxyde de carbone qui représentent 55 % de l'empreinte écologique de l’humanité. Sur la base de ces indicateurs, une autre façon d’alerter l’opinion publique sur l’ampleur du défi écologique à relever est de rappeler que, si le mode de vie de l’Américain du Nord se généralisait à l’ensemble des pays du monde, il faudrait, ni plus ni moins, 5 planètes terre. Seulement deux planètes et demie pour l’Européen ou le Français !…..  
Enfin, on terminera cet état des lieux non exhaustif, en faisant référence à deux autres indicateurs utiles. Tout d’abord, l’intensité énergétique du produit intérieur brut, c’est-à-dire la quantité d’énergie nécessaire pour produire un volume de richesse donné. Il est important que les pays veillent à améliorer leur efficacité énergétique en réduisant leur intensité énergétique, même si l’attention portée à cet indicateur ne suffit pas, loin s’en faut, comme le montre la hausse, sur les deux dernières années disponibles, en 2009 et 2010, de l’intensité énergétique mondiale, en dépit des efforts des pays riches au sein de leurs frontières. La cause de cette augmentation s’explique à la fois par la forte croissante des économies émergentes et le déplacement de la production vers ces pays qui ont une efficacité énergétique beaucoup moindre que les pays riches.  Et pour terminer, un autre indicateur prometteur car il s’inscrit dans une optique de comptabilité de stocks, et non de flux comme le PIB, est celui proposé par la Banque mondiale, l’indicateur dit de « l’épargne nette ajustée ».  Il s’agit d’exprimer la variation de l’ensemble de tous les capitaux physique, naturel, humain, social et institutionnel à l’occasion du cycle de production.     
Pour conclure, le PIB, qui a été construit dans une logique productiviste et de reconstruction d’après-guerre pour mesurer la croissance économique et non le développement, encore moins le développement soutenable, est l’héritage statistique d’un culte d’un autre temps, celui de la croissance obligée et infinie vénéré par le nouveau monde qui se met en place à partir de la rupture de la révolution industrielle de la fin du XVIIIème siècle. Ce culte a incontestablement contribué à une amélioration des conditions d’existence d’une partie de l’humanité que l’on peut mesurer à travers la hausse importante de l’espérance de vie sur les deux derniers siècles. Mais, tout en ne permettant plus de faire progresser réellement le bien-être des populations des pays riches, au moins sur les quatre dernières décennies, il est aussi à l’origine de la double crise contemporaine des inégalités et de l’écosystème, hypothéquant gravement le développement pour les générations futures. Dans ces conditions, le pilotage d’un développement durable par les pouvoirs publics, quel que soit le type de soutenabilité envisagé, faible (pour les partisans de la croissance verte, [ 11]) ou forte (pour les objecteurs de croissance [12 ]), implique donc nécessairement et impérativement de sortir du champ statistique restrictif et aujourd’hui inadapté de la tyrannie du PIB, et de donner à ce dernier indicateur la juste place qu‘il mérite dans le cadre d’une approche multidimensionnelle du bien-être. Ce qui suppose d’approfondir la réflexion sur la construction d’indicateurs de bien-être complémentaires ou alternatifs au PIB, et surtout de faire de ces derniers  les indicateurs phares de la conduite de la politique économique des pouvoirs publics au seul service d'un développement durable. Une véritable révolution qui reste encore à  faire !       
         
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Article disponible dans le numéro de septembre 2013 de la revue Idées du Centre national de documentation pédagogique (CNDP)

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[1] Des travaux du Club de Rome jusqu‘à ceux de la Commission Stiglitz :
- le premier rapport du Club de Rome date de 1972 :  « The limits to growth » (traduction littérale : « Les limites à la croissance ») connu sous le titre « Halte à la croissance ? » ;
- une commission a été créée en février 2008 et présidée par le prix Nobel américain d'économie, Joseph Stiglitz, à la demande du président de la République Nicolas Sarkozy, pour élaborer une mesure du progrès économique plus complète que celle donnée par le PIB. Le rapport de la Commission sur la mesure des performances économiques et du progrès social  est disponible en ligne :
http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/094000427/0000.pdf


[2] Lire en particulier un dossier très intéressant de l’Insee consacré à ce sujet :
http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/ref/ecofra08c.pdf
On pourra aussi se référer à l’ouvrage excellent de Jean Gadrey et Florence Jany-Catrice :
Les nouveaux indicateurs de richesses, Coll. Repères, éd. La Découverte, 2005.


[3] Les ouvrages présentant la comptabilité nationale sont nombreux. On pourra consulter pour leurs vertus pédagogiques notamment :
- De Jean-Paul Piriou, La comptabilité nationale, coll. Repères, éd. La Découverte, 2008 ;
- D’Edith Archambault, Comptabilité nationale, sixième édition, Economica, 2003.


[4] Ci-joint la présentation de ces travaux :
 http://www.idies.org/index.php?post/Les-regions-francaises-face-a-leur-sante-sociale


[5] On pourra lire avec beaucoup d’intérêt sur ce sujet une réflexion originale de l’économiste et sociologue  Juliet B. Schor :
Travail, écologie : un autre futur est possible,  Institut Veblen, éd. Charles-Léopold Mayer, 2013.    


[6] Karl Marx écrivait en 1847 dans Travail salarié et capital :
«Une maison peut être grande ou petite, tant que les maisons environnantes sont petites elles aussi, elle satisfait à tout ce que l’on exige socialement d’une maison. Mais s’il s’élève à côté de la petite maison un palais, voilà que la petite maison se ravale au rang de la chaumière. (…) Et au cours de la civilisation, elle peut s’agrandir tant qu’elle veut, si le palais voisin grandit aussi vite ou même dans de plus grandes proportions, celui qui habite la maison relativement petite se sentira de plus en plus mal à l’aise, mécontent, à l’étroit entre ses quatre murs. »


[7] Bernard Maris, « Nos sociétés sont dépressives », Alternatives Economiques, n°97 hors-série, 2013.


[8] Tim Jackson, Prospérité sans croissance, De Boeck, 2010.


[9] Le concept de développement durable ( sustainable development en anglais) apparaît en 1987 dans  le rapport Brundtland, officiellement intitulé « Notre avenir à tous », de la Commission mondiale sur l’environnement et le développement de l’Organisation des Nations unies. Il est ainsi défini :
« Le développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. Deux concepts sont inhérents à cette notion : le concept de « besoins », et plus particulièrement des besoins essentiels des plus démunis, à qui il convient d’accorder la plus grande priorité, et l’idée des limitations que l’état de nos techniques et de notre organisation sociale impose sur la capacité de l’environnement à répondre aux besoins actuels et à venir. »


[10] L’IDH et l’IPH font partie de la catégorie des indicateurs composites, c’est-à-dire des indicateurs qui synthétisent par un chiffre unique l’agrégation d’éléments hétérogènes. L’IDH, compris entre 0 et 1, prend en compte trois variables : la longévité à travers l’espérance de vie à la naissance, l’accès à l’éducation mesuré par les taux d’alphabétisation des adultes et de scolarisation, et le PIB par habitant. Cet indicateur est censé être d’autant plus proche de 1 que le niveau du développement du pays est élevé.
Le calcul de l’IPH est, quant à lui, différencié selon qu’il s’agit d’un pays développé ou en développement.  Pour les trois variables communes (longévité, niveau d’instruction et conditions de vie), les indicateurs ne seront pas les mêmes selon qu’il s’agit d’un pays pauvre ou riche. Enfin, pour les pays développés, on intègre dans le calcul une quatrième variable, celle de l’exclusion sociale mesurée à travers la part des chômeurs de longue durée. Exprimé en pourcentage, l’IPH est donc d’autant plus fort que le pays est « pauvre ».   


[11] Lire en particulier de Patricia Crifo, Mathieu Glachant, Stéphane Hallegatte, Gilbert Raphaël et Eloi Laurent L’économie verte contre la crise, PUF, 2012.


[12] On pourra consulter les contributions importantes suivantes :
- Par serge Latouche, La mégamachine. Raison technoscientifique, raison économique et mythe du progrès, La Découverte, 2004 ;
- Par Jean Gadrey, Adieu la croissance, Les Petits matins, 2010 (édition améliorée en 2012) ;
- Par Tim Jackson, cf. Supra
  

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