Les présidents du chômage

Le constat est connu, le développement du chômage de masse en France date du milieu des années 70, avec l'entrée de l'économie française dans ce qu'on appelle maintenant la période des "Quarante Piteuses". Le moins qu'on puisse dire, c'est que l'alternance politique entre la droite (RPR/UMP/LR) et le Parti socialiste s'en est bien moquée.

Le constat est connu, le développement du chômage de masse en France date du milieu des années 70, avec l'entrée de l'économie française dans ce qu'on appelle maintenant la période des "Quarante Piteuses". Le moins qu'on puisse dire, c'est que l'alternance politique entre la droite (RPR/UMP/LR) et le Parti socialiste (PS) s'en est bien moquée (cf.graphique ci-joint). Cette catastrophe humaine et sociale, à l'origine de la montée du Front national, traduit bien l'inefficacité des politiques économiques et sociales mises en œuvre par les gouvernants successifs, incapables de changer de logiciel en dépit des échecs répétés, et de fait complices avec le grand patronat de faire supporter, essentiellement sur les catégories les plus modestes, le poids des transformations structurelles à l’œuvre depuis ces quatre dernières décennies ainsi que des dégâts des crises financières à répétition. Ainsi, dans le contexte des crises successives des subprime et des dettes souveraines européennes, le nombre des demandeurs d'emploi (toutes catégories) a progressé de plus de 2,7 millions entre 2008 et 2017, du fait de la mise en œuvre des vieilles recettes libérales inefficaces (politique de l'offre et austérité budgétaire). 

Mais l'ampleur du sinistre ne se limite pas à la seule hausse du chômage. La tragédie s'exprime également à travers la précarisation de l'emploi et son cortège de travailleurs pauvres (8 % des salariés en 2017 vivent en dessous du seuil de pauvreté), la hausse du chômage de longue durée (plus de 4 chômeurs sur 10 sont aujourd'hui au chômage depuis plus d'un an), la progression du chômage des jeunes (un taux de chômage de 23,3 % fin 2016 pour les moins de 25 ans), l'augmentation du temps partiel contraint (le "sous-emploi" au sens de l'Insee) et du "halo" du chômage (chômeurs découragés, etc.), etc. Bref, c'est bien une société fracassée par le manque de travail, et la souffrance sociale qu'il génère, qui s’apprête à choisir son nouveau président de la République le 7 mai prochain. Un(e) président(e) de la République dont on peut craindre qu'il (elle) n’épargne pas les catégories les plus défavorisées d'un "prolongement de peine", transformant les "Quarante Piteuses" en "Cinquante Piteuses" (1975-2025). Entre le retour à l'âge de pierre proposé par la candidate frontiste et l'invitation à une accélération du pas de danse libérale avec "Bébé Hollande", des perspectives peu réjouissantes pour les travailleurs....

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