YVES FAUCOUP
Chroniqueur social
Abonné·e de Mediapart

710 Billets

1 Éditions

Billet de blog 4 oct. 2013

YVES FAUCOUP
Chroniqueur social
Abonné·e de Mediapart

Aide juridictionnelle : les « pauvres » avocats

YVES FAUCOUP
Chroniqueur social
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Les avocats sont vent debout : ils protestent contre une réduction du budget en faveur de l’aide juridictionnelle et réclament de meilleures indemnisations. Et ils obtiennent aussitôt gain de cause de Christiane Taubira, qui ne peut se permettre d’avoir une partie du monde judiciaire remontée contre elle.

En somme comme les « pigeons » il y a quelques mois, certains corps professionnels s’en sortent toujours bien, larmoyant sur leurs pauvres revenus, menaçant de tout bloquer et finissant victorieux. Une aide juridictionnelle n’est pas cher payée, affirme une avocate du Barreau de Paris, Anne-Sophie Laguens sur France Inter le 4 octobre : seulement 200 €. Comment peut-on laisser les seuls intéressés informer le public sur le niveau de leurs gains, quand Libération ce même 4 septembre indique qu’une aide juridictionnelle, pour un divorce, tourne entre 588 et 883 euros, et la réforme prévoit de réduire la fourchette de l’indemnité entre 548 et 822 €. Une avocate ayant l’outrecuidance de proclamer : « On ressemble à notre clientèle qui n’est pas argentée » !

D’accord pour discuter du montant de cette indemnité : mais alors, il faudrait mettre tout à plat, y compris connaître les critères qu’utilise un avocat pour arrêter le montant de ses honoraires. S’il est vraisemblable que, sur certains dossiers, des avocats peuvent considérer ne pas gagner suffisamment (Mme Laguens prétend même que certains cabinets « tourneraient actuellement à perte »), chaque citoyen a plus ou moins connaissance de tarifs prohibitifs pour des affaires qui n’ont exigé que très peu d’actes de la part de l’avocat qui traitait leur dossier. Le coût pour un divorce par consentement mutuel, par exemple, est tout simplement une arnaque. Rendre compte publiquement de ces abus n’est pas à l’ordre du jour, se préoccuper de ce que le citoyen lambda doit payer lorsqu’il doit ester en justice n’est pas d’actualité, exiger plus de transparence sur les revenus de cette profession n'est pas prévu : l’actualité, ce sont les avocats "mal payés" quand ils sont contraints de défendre les plus pauvres.

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Politique
À La France insoumise, le flou de la réorganisation suscite des inquiétudes
Si des garanties sont données aux militants insoumis en vue d’améliorer l’implantation locale du mouvement, la composition de la nouvelle direction, restée jusque-là à la discrétion d’une poignée de cadres, fait craindre de mauvaises surprises.
par Mathieu Dejean et Pauline Graulle
Journal — Éducation et enseignement supérieur
Une école plus si obligatoire
Pour faire face à la menace de coupures d’électricité cet hiver, le gouvernement a brandi une possible fermeture des écoles le matin, au coup par coup. Cette politique repose, trois ans après l’épidémie de Covid, la question de l’obligation d’instruction des enfants, un principe sans cesse attaqué.
par Mathilde Goanec
Journal — Énergies
EDF face aux coupures d’électricité : la débâcle énergétique
Jamais EDF ne s’était trouvée en situation de ne pas pouvoir fournir de l’électricité sur le territoire. Les « éventuels délestages » confirmés par le gouvernement attestent la casse de ce service public essentiel. Pour répondre à l’urgence, le pouvoir choisit la même méthode qu’au moment du Covid : verticale, autoritaire et bureaucratique.
par Martine Orange
Journal
Les gueules noires du Maroc, oubliées de l’histoire de France
Dans les années 1960 et 1970, la France a recruté 80 000 Marocains pour travailler à bas coût dans les mines du Nord et de la Lorraine. La sociologue Mariame Tighanimine, fille d’un de ces mineurs, et la journaliste Ariane Chemin braquent les projecteurs sur cette histoire absente des manuels scolaires. 
par Rachida El Azzouzi

La sélection du Club

Billet de blog
Mourir en démocratie — La fin de vie, une nouvelle loi ? (le texte)
Les soins palliatifs, et donc la sédation, ont désormais des alliés ne jurant que par eux pour justifier l’inutilité d’une nouvelle loi. Mais les soins palliatifs, nécessaires, ne sont pas une réponse à tous les problèmes. Si c'est l'humanité que l'on a pour principe, alors l'interdit actuel le contredit en s'interdisant de juger relativement à des situations qui sont particulières.
par Simon Perrier
Billet de blog
Fin de vie : faites vivre le débat sur Mediapart
En septembre dernier, le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) a rendu un avis qui rebat les cartes en France sur l'aide active à mourir, en ouvrant la voie à une évolution législative. Conscient que le débat autour de la fin de vie divise la société, le président de la République lance un débat national. Nous vous proposons de le faire vivre ici.
par Le Club Mediapart
Billet de blog
Récit d'une mort réussie
Elle avait décidé de ne plus souffrir. En 2002, La loi sur l'euthanasie venant d'être votée aux Pays-Bas elle demanda à être délivrée de ses souffrances.
par françois champelovier
Billet de blog
Fin de vie, vite
Le Comité Consultatif National d’Éthique considère « qu’il existe une voie pour une application éthique d’une aide active à mourir, à certaines conditions strictes, avec lesquelles il apparait inacceptable de transiger ». Transigeons un peu quand même ! Question d’éthique.
par Thierry Nutchey