Lenglet (and) Co

 Le 8 décembre, François Lenglet a présenté le deuxième numéro de son émission sur France 2, modestement dénommée "l'angle éco". Il nous livre ses choix (ultra)libéraux. Il s'en prend au Code du Travail, comme Yves Thréard du Figaro sur France 5. Et le bras-droit de Pierre Gattaz fait larmoyer dans les chaumières à propos du suicide des patrons, tandis que la bourse baisse à cause du pétrole... à bon marché.

 

Le 8 décembre, François Lenglet a présenté le deuxième numéro de son émission sur France 2, modestement dénommée "l'angle éco". Il nous livre ses choix (ultra)libéraux. Il s'en prend au Code du Travail, comme Yves Thréard du Figaro sur France 5. Et le bras-droit de Pierre Gattaz fait larmoyer dans les chaumières à propos du suicide des patrons, tandis que la bourse baisse à cause du pétrole... à bon marché.

 

Social en vrac n°35

 

Lenglet (and) Co

 Le 8 décembre, François Lenglet a présenté le deuxième numéro de son émission sur France 2, modestement dénommée "l'angle éco". Ce qui ne manque pas de toupet dans la mesure où il n'est "économiste" que pour avoir écrit dans des médias tenant des thèses libérales: Les Echos, La Tribune, BFM, et quelques autres. Parce que pendant la campagne de l'élection présidentielle il présentait de beaux graphiques (parfois gentiment manipulés), il a été recruté chef à la rédaction de France 2.

angle_eco_2.jpg Non seulement il joue sur son nom mais en plus il se met en médaillon. Le narcissisme n'a pas de limites : déjà son émission quotidienne sur RTL est titrée Lenglet-co !

 

Dans cette émission, il nous assène que les employeurs "cherchent des bras désespérément" dans certains secteurs. Il annonce le chiffre de 400 000 emplois : c'est le chiffre du Medef, Nicolas Sarkozy, lui, parlait de 500 000, mais François Rebsamen, le ministre du travail actuel,  n'a pas hésité à évoquer le chiffre de 350 000. On connaît cette thèse qui accrédite l'idée que, s'il y a du chômage, c'est que les employés soit sont mal formés, soit refusent des postes. Alternatives économiques a tordu le coup à cette manipulation depuis longtemps. Dans les emplois dits vacants, il y a un grand nombre d'emplois pour lesquels il s'agit seulement d'intentions, la phase de recrutement n'ayant pas encore eu lieu.

 

Certes l'émission ne se contente pas de ratiociner en chambre : c'est qu'il va sur le terrain, le bougre. Mais le principe consiste à souffler un peu le chaud et beaucoup le froid. Il nous rassure : "Les Français travaillent et travaillent dur", mais ... seulement 4 sur 10, pour financer la sécurité sociale et les impôts. Il a les stats : 605 heures de travail par habitant et par an (contre 700 en Allemagne et 800 au Royaume-Uni). Stats à l'emporte-pièce comme il les aime, sans que l'on connaisse exactement ses sources.

 

Et les témoins ne sont pas tristes : Hervé Chapron, ancien directeur de Pôle emploi (3 milliards de budget) cherche à se justifier, et, accessoirement, à vendre son livre. La crise a été un tsunami, dit-il, mais les conseillers emploi sont débordés et ne peuvent être omniscients (ça c'est sans doute à cause de la fusion mal organisée des Assedic et de l'Anpe, voulue au pas de charge par Nicolas Sarkozy). Et de nous affirmer que les conseillers suivaient 40, 50 ou 60 demandeurs d'emploi. Aujourd'hui c'est 90. Ces chiffres sont farfelus, destinés à minimiser le problème : le nombre de personnes suivies est plus près de 200. Dans Confessions d'une taupe à Pôle emploi, Gaël Guiselin (pseudo) parlait en 2010 de 130 dossiers en moyenne, lui-même en avait 198, et dans certains bassins d'emploi le chiffre peut atteindre 350. Christine Lagarde avait fait miroiter la fusion en prétendant que la charge tomberait à 60 suivis. On pouvait lire dans la presse locale des responsables de Pôle emploi reprendre ce chiffre de 60, en réalité jamais respecté.

Le premier patron de Pôle emploi, Christian Charpy, avait lui aussi écrit un livre, alors même qu'il était encore en fonction (La tête de l'emploi, aux éditions Taillandier), grâce à l'aide des salariés de l'agence, et tirant dans tous les sens : pas tendre avec Laurent Wauquiez secrétaire d'Etat à l'emploi, qui avait attribué 11 sur 20 à Pôle emploi, ni non plus pour les syndicats de l'institution, mais louant Nicolas Sarkozy : certes ce dernier avait fermé les yeux sur le salaire que l'ancien conseiller d'État, et conseiller de la Cour des comptes (!) s'était octroyé en prenant son poste (une augmentation de 3750 € mensuels pour atteindre un salaire mensuel de 22 916 €).

 

Lenglet part interroger Jean-Claude Mailly et il lui demande s'il s'attendait un jour que le chômage puisse atteindre 3 millions de chômeurs (et même 5, si on compte toutes les catégories). Le leader de FO est catastrophé (on le comprend) et confie que jamais il n'aurait pu imaginer un tel niveau. Voilà ce qu'il faut dire lorsque l'on veut, en peu de temps, exprimer son aversion envers le chômage. Sauf que le taux de chômage (par rapport à la population active) était très élevé entre 1995 et 1997 (sous Jacques Chirac) dépassant les 10 % et que le chiffre de 3,2 millions de chômeurs en catégorie A a été atteint en 1997. Ce chiffre va baisser nettement sous Lionel Jospin, ce dont, on le sait, il ne profitera pas électoralement.

 

Licenciement par consentement mutuel

Puis François Lenglet se rend au siège du patronat rencontrer Pierre Gattaz qui invente une nouvelle formule : puisqu'il existe le divorce pour un couple, et bien organisons les modalités de la séparation, et ce dès le mariage, pardon, dès le recrutement. En fait, il en appelle au dérèglement total : par exemple, si des entreprises veulent travailler plus de 35 heures, qu'elles le fassent, moins de 35 heures, idem. A la bonne franquette. Un peu comme tous ces commentateurs, y compris lors des micros trottoirs, qui ne comprennent pas que le travail le dimanche puisse concerner l'État : à quel titre, s'offusquent-ils, si le patron et les salariés sont d'accord ! C'est le renard libre dans le poulailler, cher aux libéraux. Avec la menace : si vous ne nous donnez pas cette liberté, on ne pourra créer de l'emploi.

 Et effectivement, on ne cesse d'entendre des affirmations venant des libéraux selon lesquelles leur grand souci serait le chômage. Tout doit être fait pour le réduire, y compris les mesures les plus anti-sociales. Là est la modernité. Or, excepté des petits patrons qui se soucient de leurs salariés, qu'ils connaissent bien, quitte parfois à se serrer eux-mêmes la ceinture, je ne crois pas à la sincérité de cette préoccupation. Sérieusement, en quoi le chômage préoccupe Pierre Gattaz ? Qu'il veuille plus de croissance, certainement, mais que cela ait ou non un impact sur l'emploi je pense que c'est le dernier de ses soucis.

 

 angle_eco_1.jpg France 2 [capture d'écran]

Le ravi de la crèche (François Lenglet termine toujours ses déclamations par un sourire béat) se rend ensuite en Autriche : le rédacteur en chef de France 2 est tout émoustillé car le patron de l'AMS (Pôle emploi local) lit sur sa tablette le nombre de chômeurs dans le pays à tout moment (on voit les chiffres monter pendant leur entretien). Magnifique, alors qu'en France il faut attendre un mois ! Si un chômeur refuse un emploi ou une formation : radié. François Lenglet est aux anges. Tout de même, un chômeur témoigne : ce régime c'est la précarité totale : revenu minimum le plus bas en Autriche, allocations chômage les plus faibles.

 Bon c'est sûr, l'apprentissage marche bien (40 % des jeunes contre 4,7 en France). Mais en France, l'apprentissage n'a pas le vent en poupe [j'en veux pour preuve Nadine Morano qui s'indigne que Wauquiez, la "crevure" (Morano dixit), soit nommé par Nicolas Sarkozy secrétaire général de l'UMP et elle seulement déléguée à l'apprentissage : elle refuse et dit pire que pendre de son mentor]. 60 % de ces jeunes trouvent un emploi (donc 40 % n'en trouvent pas, tout n'est pas simple).

 

Notre documentariste s'emploie à montrer que des entreprises, de par le monde, n'exigent plus des horaires stricts : la dérégulation va jusque là, chacun est libre, et du coup plus rentable. Vacances illimitées. Aux USA, il a fallu en forcer certains à aller chez le coiffeur dans la journée ou à la gym pour qu'ils se mettent bien dans la tête qu'ils sont libres. Et tout est gratuit : boissons, repas. Un vrai assistanat. Exercice physique en travaillant : ordinateur posé sur le support d'un tapis roulant pour s'entraîner à la marche ! Oui, mais du coup, leur durée de travail est de 50 heures (contre 40 en moyenne aux USA). En réalité, le travail ne s'arrête jamais. Le bonheur quoi. A ce compte ce n'est plus la question du travail le dimanche qui est posée, mais du lundi au lundi.

 On a droit également au R.O.W.E. "Results Only Work Environnement" ("seuls les résultats comptent"). Avec le travail à la tâche, en cas d'absence de résultats, la décision ne tarde pas à tomber : virés.

 

L'émission se termine avec le maire de Hourdan qui chasse les vendeurs de sandwichs dans des camionnettes pour protéger les intérêts des commerçants du centre ville (même la SNCF n'a plus le droit d'en vendre). Après avoir fait l'apologie de la dérégulation, on a droit à un final qui montre un maire UMP qui joue les sheriffs. Sa zone industrielle, il la réserve aux industriels qui seront capables de créer "35 emplois à l'hectare" !  

 

Après ce détour saugrenu d'une forme bien étrange de libéralisme, François Lenglet conclut : les patrons veulent la liberté, les salariés la sécurité, la solution c'est la flexisécurité ... à l'autrichienne. J'ai du rater un passage: je n'ai pas bien vu où était la sécurité pour les employés en Autriche (excepté, bien sûr, le fait que le taux de chômage est plus faible qu'en France, sans que l'on ait la preuve que c'est le mode d'indemnisation du chômage qui en soit la cause).

 

 

Les attaques contre le Code du travail :

 J'ai stigmatisé dans un billet le comportement de François Bayrou à propos de son mépris pour le Code du Travail français (sa désinvolture lors d'une émission de télévision et sa désinformation sur le volume du Code). Partout, cette ironie perdure, en toute impunité. Dans son émission évoquée plus haut, François Lenglet interroge Natacha Valla, économiste de Goldman Sachs : tous deux se gobergent sur un Code du Travail de "3500 pages", larmoyant à l'idée qu'il ne faisait que 280 pages en 1911.

Yves_Threard.jpg Yves Thréard [France 5, capture d'écran]

 

Récemment (10 décembre), dans l'émission produite par le groupe Lagardère C dans l'air sur France 5, le "journaliste" du Figaro, Yves Thréard, viscéralement anti-gauche, a non seulement critiqué le projet Macron (puisqu'il n'émane pas de l'UMP et de son favori, Nicolas Sarkozy, même si l'on voit bien qu'il en approuve bien des points) mais encore il s'en est pris au Code du Travail et ses "3000 pages". Or il sait pertinemment que c'est faux (les éditeurs le complètent par une énorme jurisprudence, les textes législatifs et réglementaires ne comportant tout au plus " que" 800 pages, ce qui est déjà beaucoup mais c'est ce qui s'est avéré nécessaire pour cadrer les relations entre employeurs et salariés, et tous les articles ne sont pas une défense du salarié, mais protège aussi le patron). Il ment donc en connaissance de cause, et personne ne le contredit sur le plateau : ni Claude Weill, qui fut au Nouvel Obs, et que, à une époque, certains commentateurs, sur le site de la chaîne, qualifiaient presque de gauchiste (il est passé récemment à France 24), ni l'inévitable Christophe Barbier, qui sait tout sur tout, ni Mathilde Lemoine, chargée d'études à HSBC (banque qui a quelques ennuis judiciaires pour avoir conseillé à des clients d'échapper au fisc), et encore moins Yves Calvi qui n'a sans doute jamais ouvert un Code du Travail de sa vie, mais sait avec certitude qu'il faut ab-so-lu-ment le réformer.

J'ai réagi sur le site de l'émission : mon commentaire a été à deux reprises censuré.

 

 Incroyable : les oligarques font leur marché

Au cours de l'émission Service public animée par Guillaume Erner sur France Inter (9 décembre), alors que l'on pérore sur le scandale d'Areva (achat d'une mine sans intérêt, UraMin, pour 3 milliards d'euros ce qui correspondrait désormais à la bagatelle somme de 6 milliards dans la nature), Charles Beigbeder, patron et élu UMP à Paris, dit qu'il ne connaît pas le dossier, mais vole au secours d'Anne Lauvergeon, mise en cause dans cette affaire, précisant qu'il la voit régulièrement... sur le marché. Tout va bien, Madame la Marquise.

 

L'Allemagne modèle

Même Emmanuel Lechypre, commentateur libéral (en économie), avoue que "le pays le plus menacé à long terme ce n'est peut-être pas la France, mais l'Allemagne" (On n'arrête pas l'éco, sur France Inter le 29 novembre).

Le même Lechypre a l'honnêteté de reconnaître que François Hollande, élu par la gauche, fait "un programme de droite, favorable aux entreprises" : le Medef devrait en tenir compte. Et de l'accuser d'être de mauvaise foi. En réalité, une partie du patronat n'est pas dupe de la tactique de Pierre Gattaz (comme de beaucoup de leaders de la droite et de commentateurs et éditorialistes) : la conjoncture est bonne pour pousser le pouvoir "socialiste" à lâcher davantage encore. Même si, en confidence, ils avouent que la droite n'a jamais été aussi loin (réduction des dépenses publiques, avantages accordées aux entreprises), et qu'il est préférable que ces restrictions soient accomplies avant que la droite ne revienne au pouvoir.

 

35 heures : débat inutile...

Selon une étude du Ministère du Travail, 6 % des patrons disent vouloir augmenter le temps de travail, ce qui confirme bien que la réclamation du Medef sur ce sujet est purement polémique, pour occuper le terrain, sans aborder les vrais problèmes.

 

... et mesure "efficace"

Un rapport parlementaire rendu public le 9 décembre (non encore accessible sur le site de l'Assemblée) montre qu'entre 1997 et 2002, le taux de chômage est passé de 10,8% à 7,8 %. On a oublié que 2 millions d'emplois furent créés sur cette période, pas seulement grâce à la croissance mais aussi du fait du passage à 35 heures : 350 000 emplois selon l'Insee. La députée socialiste Barbara Romagnan, rapporteuse de ce rapport indique que, contrairement à ce que des détracteurs colportent sans cesse cette mesure pour l'emploi a été la moins coûteuse de toutes : 2,5 milliards d'euros à la charge des administrations, 2 milliards à la charge des entreprises. Bien moins coûteux que les exonérations de cotisations sociales sans conditions.

 [voir article de Mathieu Magnaudeix sur Mediapart : les 35 heures c'est un pacte de responsabilité qui a réussi]

 

CICE :

40 % des entreprises disent qu'elles ont utilisé le CICE pour augmenter les salaires, pas pour créer de l'emploi. Quant au patron de Carrefour, il déclare sur France inter le 8 décembre que c'est une "mesure positive" : son entreprise a touché 110 millions d'euros.

 

"Un patron de PME se suicide tous les deux jours"

Geoffroy Roux de Bezieux, bras droit de Pierre Gattaz, préoccupé de charger la barque sur les malheurs du patronat et sur la nécessité que ce gouvernement prenne enfin les bonnes mesures, a lâché qu'un patron de PME se suicidait tous les deux jours. L'Insee dit ne rien connaître de ce chiffre. "L'Oeil du 20 h" de France 2 (à mon avis, leur chef n'est pas Lenglet) ont cherché à retrouver l'origine de cette affirmation. Ils ont trouvé un observatoire nommé Amarok à Montpellier dont le directeur Olivier Torres, agrégé d'économie, dit que ce chiffre n'existe pas vraiment : il avait simplement été dit environ "un à deux suicides par jour", puis c'est devenu "deux patrons par jour", puis "un patron tous les deux jours". On aurait mélangé patrons, artisans, professions libérales et bien d'autres encore. En somme, le "philanthrope" Roux de Bezieux, qui bénéficie du soutien de la Fondation de France, galèje un peu facilement sur une question aussi grave que le suicide. Je note, pour la petite histoire, comme je l'ai indiqué ici, que la Fondation de M. l'adjoint au président du Medef se nomme "Araok" (en avant, en breton). Bizarre, non. France 2 n'a pas dit que l'observatoire Amarok avait un quelconque lien avec Geoffroy (son site ne le dit pas non plus).

Roux_de_Bezieux.jpg [site lejournalduchaos qui le qualifie de "baroudeur"]

  

Les avocats défilent

Le 10 décembre, les avocats n'ont pas seulement contesté le projet de loi Macron, mais aussi participé à une cérémonie à Paris, sous l'Arc de Triomphe. En souvenir de leurs collègues qui sont morts... pendant la guerre de 14-18. "Près de 10% du corps, à Paris, a été tué pendant la Grande Guerre, explique au Monde (11 décembre) une responsable du conseil de l'ordre. "C'étaient souvent des gens d'un milieu aisé qui se sont retrouvés dans le sang, les larmes, la boue". C'est tragique, mais je m'interroge : auraient-ils été plus décimés que les autres ? Je vais vérifier : 538 000 paysans sont morts au combat sur 5,4 millions de paysans. 10 %.

 

Panique : le prix du pétrole baisse

Le 9 décembre, on apprend que les investisseurs sont inquiets : le prix du pétrole baisse et ça ne fait pas leurs affaires. Si encore ils manifestaient là leur crainte de voir une surconsommation d'hydrocarbures néfaste pour la planète. Mais pas du tout : il y a simplement menace sur leurs profits.

 

Billet n°164

 

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