Principe de précaution abusif et expérimentations médicamenteuses criminelles, selon le professeur Kourilsky, biologiste

Le professeur honoraire du Collège de France, Philippe Kourilsky, ancien directeur à l’Institut Pasteur, a prononcé devant cette vénérable institution le 4 avril 2013 une conférence sur l’éthique de la pauvreté (1).

Le professeur honoraire du Collège de France, Philippe Kourilsky, ancien directeur à l’Institut Pasteur, a prononcé devant cette vénérable institution le 4 avril 2013 une conférence sur l’éthique de la pauvreté (1).

Après avoir rappelé la définition d’Amartya Sen (« le pauvre est celui qui a besoin d’être aidé »), il conteste la philanthropie, qui se substitue au rôle de l’Etat. Il donne l’exemple de Bill Gates : sa fondation aurait sauvé des millions d’enfants (grâce aux vaccins). Mais s’il avait plutôt aimé la peinture et consacré son argent en donations aux musées, ces millions d’enfants seraient morts. Il se démarque de la générosité, qui ne peut tout régler : elle sert souvent d’alibi et certains « l’instrumentalisent de façon à se débarrasser de quelques problèmes sociaux politiques gênants et difficiles à régler ». Il prône plutôt l’ « altruité », « devoir de chacun d’entre nous de faire attention aux libertés des autres » (2).

 

Le professeur Kourilsky dénonce les excès du principe de précaution. Il fut un temps où un nouveau médicament engendrait 2 m³de documents (enregistrements et études), aujourd’hui, malgré le numérique, c’est 10 m³ ! Ce spécialiste des vaccins donne cet exemple terrible : en 1998, une société américaine met sur le marché un vaccin contre le rotavirus (qui fait une centaine de morts par an aux USA et des centaines de milliers dans le monde). Devant un léger surplus de complications intestinales, le laboratoire retire le médicament. Un an plus tard, il s’avère que les chiffres étaient trop faibles pour être significatifs : en réalité, il y a même moins de complications intestinales chez les vaccinés. L’OMS ayant retiré également ces vaccins, le professeur estime que cela a provoqué la mort d’un à deux millions d’enfants en cinq ans dans le monde, avant la mise en place de nouveaux vaccins. De même qu’il a évalué à 800 000 enfants morts chaque année en l’absence de vaccination contre la rougeole alors que ce vaccin ne pose aucun problème et ne coûte (presque) rien (3).

 Vaccination.jpg OMS [Ministère argentin de la santé]

Enfin, révélation stupéfiante : les Etats-Unis ont mené des recherches sur l’utilisation de médicaments dans des pays en développement pour la lutte contre des attaques terroristes, expériences menées dans des « conditions éthiques insupportables ». Il confie qu’il ne peut en dire plus. Quels sontles organes de presse qui ont accordé de l’importance à ces informations livrées par un professeur de médecine renommé ? Où sont les investigations pour en savoir plus ? Comme pour ce qui précède à propos de la mort des enfants, les bonnes âmes, qui s’agitent habituellement dans les médias pour se faire mousser, sont bien absentes face à ces scandales sanitaires à l’échelle planétaire.

 

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(1) audio : http://www.college-de-france.fr/site/dominique-kerouedan/seminar-2013-04-04-12h30.htm#|q=../dominique-kerouedan/seminar-2012-2013.htm|p=../dominique-kerouedan/seminar-2013-04-04-12h30.htm|

 

(2) article de 2012 intitulé L’altruité : clé de la lutte contre la pauvreté : http://factsreports.revues.org/1257

« Pourquoi aider les pauvres ? Par devoir ? Par conviction religieuse ? Par bonté, par empathie, par générosité ? Les motivations abondent, les contre-motivations également. Elles se nomment : égoïsme, individualisme, négligence, refus de l’idée d’un devoir. Certains considèrent que les pauvres leur sont étrangers et qu’ils n’ont aucune responsabilité à leur endroit. Le pauvre serait entièrement responsable de sa pauvreté. A lui d’en sortir, s’il le veut. Le pauvre serait donc libre de l’être et de ne pas le rester, tandis que le non-pauvre serait libre de l’aider ou de ne pas l’aider. Ce point de vue n’est heureusement pas partagé par tous mais il ne peut être réfuté qu’au terme d’une réflexion sur les notions de liberté et de responsabilité. » Il rappelle que « la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres, et donc que la liberté a forcément des limites dans toute vie en société », tout en démontrant que la liberté de chacun est également construite (pas seulement limitée) par la liberté des autres. La contrepartie au droit à la liberté c’est « le devoir de contribuer à la construction des libertés individuelles des autres ». Et c’est ainsi qu’il élabore ce concept d’altruité.

(3) Philippe Kourilsky a évoqué également cette question dans un article du Monde le 8 février 2004 intitulé L'éthique du Nord sacrifie les malades du Sud et reproduit ici :

https://polydees.polytechnique.org/Documentation/Ethiqueetsante.html

 

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