YVES FAUCOUP
Chroniqueur social
Abonné·e de Mediapart

710 Billets

1 Éditions

Billet de blog 19 sept. 2013

YVES FAUCOUP
Chroniqueur social
Abonné·e de Mediapart

Pour une transparence absolue de la vie publique

Henri Guaino proclame à qui veut l’entendre qu’il est mal payé : député, il ne percevrait que 5200 € net d’« indemnité », dit-il. Sans pudeur, il précise : « nous sommes mal payés, nous travaillons dans des conditions qui ne sont pas bonnes et le climat est délétère pour les élus »

YVES FAUCOUP
Chroniqueur social
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Henri Guaino proclame à qui veut l’entendre qu’il est mal payé : député, il ne percevrait que 5200 € net d’« indemnité », dit-il. Sans pudeur, il précise : « nous sommes mal payés, nous travaillons dans des conditions qui ne sont pas bonnes et le climat est délétère pour les élus » (Le Parisien). Sur Itélé, il ajoute, tout de même, qu’il ne se sent pas « moins loti qu’un ouvrier ou qu’un chômeur ». Il passe sous silence l’indemnité représentative de frais de mandat qui s’élève à la bagatelle de 6 209 euros par mois, son argent de poche sans doute. Pourtant cette indemnité, peu contrôlée, est utilisée par le député comme bon lui semble pour toutes ses dépenses de représentation (vêtements, restaurants, frais de bureau).

Comment un homme qui n’a cessé de jouer les vierges effarouchées dès que l’on osait s’en prendre à ses valeurs morales peut-il afficher ainsi un tel cynisme ? Comment une démocratie peut-elle admettre qu’un homme qui rédigeait quelques discours pour Nicolas Sarkozy et peut-être le conseillait de temps en temps a pu toucher 290 368,93 euros par an, soit 24 000 euros par mois à l’époque, selon Le Canard enchaîné du 2 décembre 2009, jamais démenti (dont 132.856,93 euros en tant que conseiller maître de la Cour des comptes) ? Le conseiller particulier s’était contenté de dénoncer une « transparence totalitaire », sans s’expliquer sur cet emploi fictif (puisqu’il ne travaillait plus à la Cour des comptes, lui qui n’a de cesse de vilipender la « fraude sociale »).

Si beaucoup de postes du privé ou du public relèvent de statuts bien précis et donc font l’objet de rémunérations bien connues, trop d’emplois, y compris dans le secteur public, bénéficient d’un secret dissimulant tous les abus possibles. Des conseillers, des chefs ou directeurs de cabinet dans les ministères, dans certaines collectivités locales, se voient attribuer des indemnités exorbitantes (se faisant parfois même payer des heures supplémentaires), sans rapport avec leurs compétences et sans aucun contrôle démocratique.

La loi définitivement adoptée le 17 septembre sur la transparence de la vie publique (suite à l’affaire Cahuzac), bien écornée par les députés qui réfrénaient les possibilités de contrôle de leur patrimoine, est nettement insuffisante. Il aurait fallu qu’elle concerne tous les postes de conseillers et membres de cabinet (y compris dans les collectivités territoriales), c’est-à-dire tous les postes dont la rémunération n’est pas clairement établie par un statut, non pas pour connaître leur patrimoine, mais pour rendre public le montant de leur rémunération (le secret actuel, favorisant les dérapages, alimente toutes les suspicions, au détriment de ceux qui sont rémunérés de façon raisonnable, conformément à leur activité, à leur compétence et à leur engagement).

Cette transparence absolue serait normale dans un état démocratique, afin de contribuer à rétablir (un peu) l’équilibre du plateau de la justice.

[Photo YF]

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Politique
À La France insoumise, le flou de la réorganisation suscite des inquiétudes
Si des garanties sont données aux militants insoumis en vue d’améliorer l’implantation locale du mouvement, la composition de la nouvelle direction, restée jusque-là à la discrétion d’une poignée de cadres, fait craindre de mauvaises surprises.
par Mathieu Dejean et Pauline Graulle
Journal — Éducation et enseignement supérieur
Une école plus si obligatoire
Pour faire face à la menace de coupures d’électricité cet hiver, le gouvernement a brandi une possible fermeture des écoles le matin, au coup par coup. Cette politique repose, trois ans après l’épidémie de Covid, la question de l’obligation d’instruction des enfants, un principe sans cesse attaqué.
par Mathilde Goanec
Journal — Énergies
EDF face aux coupures d’électricité : la débâcle énergétique
Jamais EDF ne s’était trouvée en situation de ne pas pouvoir fournir de l’électricité sur le territoire. Les « éventuels délestages » confirmés par le gouvernement attestent la casse de ce service public essentiel. Pour répondre à l’urgence, le pouvoir choisit la même méthode qu’au moment du Covid : verticale, autoritaire et bureaucratique.
par Martine Orange
Journal
Les gueules noires du Maroc, oubliées de l’histoire de France
Dans les années 1960 et 1970, la France a recruté 80 000 Marocains pour travailler à bas coût dans les mines du Nord et de la Lorraine. La sociologue Mariame Tighanimine, fille d’un de ces mineurs, et la journaliste Ariane Chemin braquent les projecteurs sur cette histoire absente des manuels scolaires. 
par Rachida El Azzouzi

La sélection du Club

Billet de blog
Mourir en démocratie — La fin de vie, une nouvelle loi ? (le texte)
Les soins palliatifs, et donc la sédation, ont désormais des alliés ne jurant que par eux pour justifier l’inutilité d’une nouvelle loi. Mais les soins palliatifs, nécessaires, ne sont pas une réponse à tous les problèmes. Si c'est l'humanité que l'on a pour principe, alors l'interdit actuel le contredit en s'interdisant de juger relativement à des situations qui sont particulières.
par Simon Perrier
Billet de blog
Fin de vie : faites vivre le débat sur Mediapart
En septembre dernier, le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) a rendu un avis qui rebat les cartes en France sur l'aide active à mourir, en ouvrant la voie à une évolution législative. Conscient que le débat autour de la fin de vie divise la société, le président de la République lance un débat national. Nous vous proposons de le faire vivre ici.
par Le Club Mediapart
Billet de blog
Fin de vie, vite
Le Comité Consultatif National d’Éthique considère « qu’il existe une voie pour une application éthique d’une aide active à mourir, à certaines conditions strictes, avec lesquelles il apparait inacceptable de transiger ». Transigeons un peu quand même ! Question d’éthique.
par Thierry Nutchey
Billet de blog
Récit d'une mort réussie
Elle avait décidé de ne plus souffrir. En 2002, La loi sur l'euthanasie venant d'être votée aux Pays-Bas elle demanda à être délivrée de ses souffrances.
par françois champelovier