Brèves bocagères et climatiques

Relevé ces jours-ci dans la presse pendant que les membres de la COP25 hésitent entre procrastination et schizophrénie...

Pas toujours les mêmes

Si dans les pays pauvres, ce sont les modestes communautés de pêcheurs qui sont en première ligne face à la montée des eaux due au réchauffement climatique, dans notre beau pays, ce sont les riches qui vont écoper les premiers, relève Reporterre. Villas avec vue sur mer, souvent en violation de la loi littorale, résidences secondaires à peine fréquentées mais parfois confiscatoires du front de mer, Cécilia Claeys, sociologue à l’université Aix-Marseille, définit « l’histoire des littoraux français [métropolitains] comme celle d’une captation foncière des personnes les plus aisées ». N’avaient qu’à pas nous gâcher le paysage…

Schizophrénie climatique

A la Une côte à côte sur le site du Monde le samedi 7 décembre :

- « Le taux d’oxygène diminue dans les océans sous l’effet du réchauffement climatique »,

houla-la !

- « Mexique : découverte d’un ‟ gisement gigantesque ” de pétrole »,

youp-la-la !

Business ou climat il faut choisir

Les économistes sont taclés par deux des leurs sur le site de Vox relayé par Theconversation.com. Car ils se préoccupent des conséquences climatiques comme de leur première couche culotte. A. Oswald et N. Stern ont passé en revue la production littéraire et scientifique de ces crânes d’œuf. Selon leurs estimations, sur les 77 000 articles publiés depuis leur création par les neuf revues scientifiques les plus importantes en économie, seuls 57 portaient sur le changement climatique. Le Quarterly Journal of Economics, la revue la plus citée en analyse économique, détient le record de n’avoir jamais publié un seul article sur le sujet. Bref, business as usual (les affaires continuent).

« Les économistes sont en train de laisser tomber le monde. […] L’histoire jugera sévèrement notre profession », déplorent Oswald et Stern. Oui, mais trop tard…

Décalottage express

Pendant que la COP 25 procrastine, la calotte glaciaire du Groënland prend un coup de chaud et fond sept fois plus vite que prévu, selon une étude parue dans Nature et relayée par Reporterre. Le GIEC prévoyait que 360 millions de personnes boiraient la tasse d’ici 2100, rajoutez en au moins 40 millions de plus avec au moins 7 cm de hausse du niveau des océans qui s’ajoutent aux 60 cm déjà prévus.

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