Affaire Benalla Au-delà de la limite… il n’y a plus de limite !

L'affaire d'Etat "Benalla" est remplie de paradoxes et d'interrogations. Paradoxe que de voir le président qui en campagne se réclamait d'une autre manière de faire de la politique et qui prônait l'éthique comme vertu cardinale de l'Etat, se contredise dans la foulée de son élection.

Cela n’est pas sans me rappeler cet ami qui disait, « par définition, au-delà de la limite…il n’y a plus de limites ! » On se demande ce qui est le plus inacceptable : qu'un individu lambda, connu pour avoir fait une période dans la Gendarmerie et pour avoir travaillé comme chauffeur et comme agent de sécurité puisse être bombardé, pour services rendus (lesquels ?) au Président, Lieutenant-Colonel réserviste de la Gendarmerie... Que cet individu puisse émarger à 10000 euros mensuels, avec appartement, voiture officielle et chauffeur... Qu'on ne sache démêler ce qui dans sa relation au président est de l'ordre de l'intime et ce qui est de l'ordre de la fonction, et qu'on ne puisse savoir lequel des deux aspects a pu jouer un rôle dans le sort qui lui a été réservé... Que cet individu, puisse sans mandat clair et sans prérogatives légales, commander à des policiers et des gendarmes en exercice et molester des manifestants en toute impunité ! Oups...pardon, j'allais oublié qu'il a été puni : 15 jours de mise à pied ! Que le chef de cabinet du Président, le Ministre de l'Intérieur, le Premier Ministre et le Président lui-même, ayant connaissance de la conduite dudit personnage, (et surtout du fait que des images le montrant circulaient sur les réseaux sociaux, c'est ce qui a du les gêner le plus), n'aient pas saisi la Police et la Justice...

On pourrait penser que sous le régime Macron, l'autorité présidentielle se permet tout et ne rend des comptes à personne... sa seule limite serait alors, comme le disait Coluche : " on peut cogner, mais on n’a pas le droit aux traces !"

Qui va vouloir de cette France-là ?

Les gens qui ont voté FN par désespoir plus que par conviction ? Les gens qui ont choisi la gauche parce qu'ils ne veulent pas qu'on leur vole une fois de plus leur idéal de liberté, d'égalité et de fraternité ? Ceux qui chez les Républicains, ont vu leur candidat sombrer dans un scandale de malversations qui n'est pas encore éteint ? Les gens de En Marche, qui pour bon nombre ont pu croire sincèrement à l'illusion du beau gars honnête et souriant, à droite et à gauche, sans oublier le centre, qui allait remettre le pays en ordre ? Non, même eux n'y croient plus !

Il faut nettoyer quoiqu'il en coûte, cette souillure sur la République. Il faut la pousser jusqu'au bout et faire tomber qui doit tomber.

Rappelons-nous ces dictatures dont les témoignages nous rapportent que des gens étaient interpellés, par des individus "qui avaient l'air de policiers", mais dont on ne connaissait pas vraiment l'identité, la légitimité et les fonctions. Et bien, en regardant les images du tabassage d'un manifestant et de son amie dans la rue, c'est à cela que j'ai pensé et je me suis dit : « c’est sans doute comme ça que tout commence ! »

Pire encore, je me suis remémoré les contes d'Andersen, en apprenant qu'à une question du député Chassaigne, la responsable de la commission des Lois de l'Assemblée Nationale, a pu répondre qu'on ne pouvait en aucun cas mêler le Président à cela, car il s'agit "d'une affaire privée" ! Oui, j'ai pensé aux contes d'Andersen et je me suis dit : " ça y est, le roi est nu ! "

Où sont-ils, ceux qui autour et avec le candidat Macron avait estimé que François Hollande avait abaissé l'Institution Présidentielle ? Elle ne l'aura jamais autant été qu'aujourd'hui pourtant... et par ceux qui croyaient qu'avec la fulgurance de Jupiter comme paravent, on pourrait en faire n'importe quoi au service de n'importe qui !

Sentiment de dégoût ! Colère ! Indignation !

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