"Pas de liberté de la presse sans liberté de diffusion".

Mercredi 30 mai, un ressortissant turc est venu exprimer sans fausse hypocrisie « sa réaction citoyenne et démocratique » à un kiosquier de Nîmes.

Hier, mercredi 30 mai, un ressortissant turc a menacé le kiosquier près de la gare de Nîmes pour qu’il enlève les trois affiches de la"une" du Point montrant la photo du président turc Erdogan titrée : "Le dictateur".

Devant le refus du commerçant de prendre « en compte [les] sensibilités de l’autre » et donc de retirer les affiches revendiquant la liberté de la presse, l’homme d’une soixantaine d’années a été plus direct : "Tu enlèves tes affiches où on revient tout casser".

C’est de cette manière-là que la Turquie voit la démocratie. Ce 29 mai, le chef de la diplomatie
« chaîne de vélo » turque avait été très clair en retournant le tweet d’Emmanuel Macron : "La liberté de la presse n’a pas de prix : sans elle, c’est la dictature."

La démocratie ne se limite pas à l’acceptation d’insultes et de mensonges, c’est aussi la prise en compte des sensibilités de l’autre. Au-delà c’est de l’hypocrisie. Et c’est face à cela que la communauté turque de France exprime sa réaction citoyenne et démocratique. https://t.co/Z5wlq2jZI6 — Mevlüt Çavuşoğlu (@MevlutCavusoglu) May 29, 2018

Un affidé twittait : La communauté franco-turque, ne se soumettra jamais à la pression turcophobe exercée par le gouvernement de Macron. Merci pour votre soutient Mr le ministre.

A midi, le kiosquier a enlevé les affiches sur les conseils de Mediakiosk régional et à 17h00 Mediakiosk national a fait remettre les affiches, sous la surveillance de la police.

"Il ne faut pas se laisser faire. On a encore la liberté d'écrire ce que l'on pense que ça plaise ou pas", s’est insurgé le kiosquier qui a porté plainte.

Dans un communiqué, l'union des commerçants Culture Presse "condamne fermement cet acte de pression sur un marchand de presse, de même que ceux sur des marchands du Pontet (Vaucluse) et de Valence (Drôme)" qui ces derniers jours ont également été pris à partie.
"Pas de liberté de la presse sans liberté de diffusion", souligne le texte.

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