Le footballer Ronaldinho Gaucho a été arrêté au Paraguay avec un faux passeport, alors qu'il pouvait disposer d'un passeport diplomatique. L'ex-juge anticorruption Moro, ministre de la justice, demande instamment sa libération. Bolsonaro, le parrain des casinos américain et Steve Bannon complètent la toile de fond de cet étrange tableau.
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Le personnage
Bolsonaro et Ronaldinho
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Issu de favela, comme beaucoup de vedettes brésiliennes du ballon rond, Ronaldo de Assis Moreira, connu comme Ronaldinho, a tout remporté : meilleur footballeur de l'année FIFA (2004 et 2005), Ballon d'or (2005), prix du meilleur joueur FIFPro (2005 et 2006), mais aussi le ballon d'Or brésilien en 2012. En 2009, il est élu joueur de la décennie (Wikipedia). Il s'était lancé également dans les affaires, une marque de vêtements, le pop, les jeux vidéos.
A Barcelone où il jouait, il est resté célèbre pour sa vie dissolue, et faire venir sa famille et ses amis en jet privé à des fêtes somptueuses.
Ronaldinho devait participer à l'inauguration d'une œuvre charitable le 4 mars 2020 au Paraguay et à la présentation de son livre.
Affiche de Ronaldinho au Paraguay
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Le 6 mars 2020, il est arrêté à Asunción avec son frère, et incarcéré dans une prison de trafiquants et politiques corrompus. Le juge a refusé sa sortie anticipée. On lui reproche d'avoir voyagé avec un passeport falsifié.
Souza Lira
Dans cette affaire, le juge a également fait arrêter le chef d'entreprise brésilien Wilmondes Sousa, et les paraguayennes María Isabel Gayoso et Esperanza Apolonia Caballero. Souza est également accusé d’association de malfaiteurs après avoir été arrêté lors d’une perquisition au Yacht & Golf Club. Il a ensuite été transféré à la pénitencier national de Tacumbou.
Ronaldinho n'a même pas pu fêter son anniversaire en prison, à cause du coronavirus.
Il y a donc un total de cinq personnes arrêtées, pour un motif apparemment peu grave. Selon certains, il s'agit d'une erreur de la justice du Paraguay, ou de Ronaldinho.
L'intervention du ministre de la justice Moro
Le lendemain de l'arrestation, le ministre de la justice Moro a personnellement téléphoné à Euclides Acevedo, ministre de l'intérieur du Paraguay, pour demander sa libération. Acevedo a annoncé avoir reçu quatre appels téléphoniques le même jour. Il lui a répondu, selon ses dires, que son pays respectait la séparation des pouvoirs.
Moro, qui n'avait pas voyagé depuis sa prise de fonction, a programmé une rencontre avec le ministre au Paraguay le 17 mars. Comble de malchance, l'arrivée du coronavirus a fait fermer les aéroports et bloqué les échanges. Ronaldinho restera donc probablement au Paraguay jusqu'à la résolution de la crise du coronavirus, au moins.
Une autre invitation...
Ronaldinho a déclaré s'être rendu au Paraguay également à l'invitation d'un certain Nelson Belotti, figure connue des salons de Rio de Janeiro, qui a commencé à investir dans les casinos au Paraguay... avec Dalia Lopes.
Nelson Belotti ? On trouve son nom dans deux procès, lié au même accusé, l'homme d'affaires véreuses Alberto Yousseff, dans les procès
Nelson Belotti
Banestado (fin des années 90), et Petrobras (lava-jato).
Dans le procès lava-jato, Nelson Belotti, avait été dénoncé en même temps que Vaccari, le trésorier du Parti des Travailleurs (PT). Le juge Moro a poursuivi Vaccari, mais Moro et le procureur Dallagnol ont ignoré Belotti. Belotti était accusé de financer le Parti Populaire (PP), dirigé par Paulo Maluf, à l'époque le parti d'un certain Jair Bolsonaro.
L'autre partenaire des casinos, Dalia Lopes, n'est pas seulement une bienfaitrice d'association humanitaire. Elle est liée aux milieux politiques du Paraguay et du Brésil, et chef d'une holding, la Permanent Oriental Holding S.A. active dans des domaines allant de l'élevage à l'importation de véhicules. Son client principal est l'administration. Elle fait l'objet d'une enquête pour évasion fiscale et lavage d'argent.
Les casinos sont les lieux rêvés pour le lavage d'argent, et ce que soupçonnent les enquêteurs dans cette affaire.
Des liens politiques
Il se trouve que les Bolsonaro ont montré un intérêt particulier pour la légalisation des jeux au Brésil. Le ministre de l'économie Paulo Guedes vient d'autoriser l'ouverture de casinos, probablement sur l'instance de Bolsonaro. Le fils aîné Flavio est en effet allé ce début d'année rencontrer le parrain des jeux, Sheldon Addelson, 24e fortune mondiale, à Las Vegas.
Selon Wikipedia, Adelson et Steve Bannon, qui a organisé la campagne de Bolsonaro sont liés.
Les mystères de cette affaire
Steve Bannon
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La surprenante mansuétude du juge Moro pour les accusés du procès Banestado, son manque d'intérêt pour la dénonciation d'une ancienne connaissance dans le procès lava-jato, l'intérêt des Bolsonaro pour l'ouverture de casino, le parrain américain des casinos de Las Vegas et Macao, et Steve Bannon, qui a propulsé Bolsonaro à la présidence du Brésil. Tous les ingrédients d'une affaire politico-maffieuse sont réunis.
On n'a pas d'explication sur l'usage d'un faux document, alors qu'il était ambassadeur et pouvait disposer à ce titre d'un passeport diplomatique. Dans cette affaire de casinos, il est possible que Ronaldinho ait joué… de malchance. Mais son arrestation a attiré les projecteurs, et risque de ressortir quelques cadavres de placards, ce qui semble inquiéter le ministre et ex-juge Moro.
Ouest France, 06/03/2020Football. Pas de charges retenues contre Ronaldinho pour possession de faux passeport
Games Magazine 05/03/2018Des entrepreneurs brésiliens investissent et inaugurent le casino "Vivant" à Asunción.
GGN 07/03/2020La mystérieuse cheffe d'entreprise qui a mené Rhonaldinho au Paraguay.
GGN 10/03/2020Le jeu de Ronaldinho, Sérgio Moro et les liens avec le monde de la transgression.
INFOBAE 06/03/2020Le scandale de Ronaldinho au Paraguay : enquête sur la patronne de la fondation Fraternidad Angelical et son rôle dans la visite de l'idole brésilienne.
Israel News 13/11/2017Donald Trump est le plus grand soutien d'Israel depuis Reagan. Trump n'aurait pas pu gagner sans Sheldon Adelson dit l'ancien stratège et chef de Breitbart News, Steve Bannon.