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Billet de blog 30 janv. 2022

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Le Juge Michel Claise à propos de la criminalité financière et notables

La stupeur est presque totale. Pas tant que cela ! lorsque l’on voit les preuves accablantes sur l’escroquerie en bande organisée acte de prêt arrangé !HSBC PLAQUE TOURNANTE

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Le Juge Michel Claise à propos de la criminalité financière: « Il faut une Greta Thunberg de l’assainissement économique.»

Posé, heureux, Michel Claise est juge d'instruction spécialisé dans la lutte contre la criminalité financière. Il nous reçoit devant au pied du Palais de justice.

 «Quand je vois la jeunesse manifester pour le climat, je lui dis aussi de descendre dans la rue pour la justice et l’assainissement de l’économie» Depuis Bruxelles, le grand public retient de lui qu’il fait rentrer des dizaines de millions voire plus, dans les caisses de l’Etat à la suite de ses enquêtes fouillées et minutieuses.

Personne n’est épargné par son travail de terrain : chefs d'entreprise, banques (suisse USB, britannique HSBC, sans oublier Fortis), politicien (Serge Kubla), même le football fait l’objet de toutes ses attentions.

 
Le monde politique, comprend-il l’ampleur du problème? “Dans ce domaine, je pense que nous sommes confrontés à un manque de formation du monde politique. “ Il nous parle aussi de ses livres et de sa passion de l'écriture.

Nous sommes dans un pays corrompu c’est quelque chose d’épouvantable

ANVERS CE N’EST PAS LA Belgique C’EST UNE CAPITALE DU CRIME MONDIAL  

 Criminalité financière : selon le juge d’instruction Michel Claire, «il faut une Greta Thunberg de l’assainissement économique »

by Regional News

  janvier 30, 2022

Publié le dimanche 30 Janvier 2022 à 06h45

Michel Claise, juge d’instruction : « Quand je vois la jeunesse manifester pour le climat, je lui dis aussi de descendre dans la rue pour la justice et l’assainissement de l’économie »

Posé, heureux, Michel Claise est un juge d’instruction spécialisé dans la lutte contre la criminalité financière. Il nous reçoit au pied du Palais de justice.

Depuis Bruxelles, le grand public retient de lui qu’il fait rentrer des dizaines de millions voire plus, dans les caisses de l’État à la suite de ses enquêtes fouillées et minutieuses. Personne n’est épargné par son travail de terrain : chefs d’entreprises, banques (suisse USB, britannique HSBC, sans oublier Fortis), politiciens (Serge Kubla), même le football fait l’objet de toutes ses attentions. « Je ne parle jamais des affaires en cours. »

Cet homme de dossier est aussi un romancier qui connaît un vrai succès de librairie et dont le premier roman est sorti en 2006 : « Salle des pas perdus ». En 2021, il a sorti un nouveau roman : « Crime d’initiés ».

La crise est une opportunité pour l’argent sale ?

« Chaque crise est une opportunité comme la crise de 2008. Dans cette crise-ci, il y a eu les escroqueries aux subsides, aux masques… mais de nombreux commerces qui ont fait faillite ont été rachetés par des mafias. Aujourd’hui, les mafias occupent des positions clés dans l’économie. 50 % de l’économie italienne serait détenue par les mafias. »

Et chez nous ? en France

« Nous sommes plutôt une plaque tournante. Les chiffres sont terrorisants et touchent la contrefaçon, le carrousel à la TVA, la cybercriminalité, le trafic d’armes, la prostitution… vous dépassez le PIB brut de l’Europe. Nous avons perdu le contrôle et en cela, la société est en danger. Nos dirigeants politiques ne comprennent pas. »

La stupeur est presque totale. Pas tant que cela ! lorsque l’on voit les preuves accablantes sur l’escroquerie en bande organisée acte de prêt arrangé !

Ce n’est pas rassurant ! La justice complaisante

Elle voit tout

Elle entend tout

Elle sait tout

Mais elle laisse tout faire le slogan préféré des politiques "ils ne peuvent intervenir dans les jugements judiciaires en cours " lâcheté extrême  a quoi sert l'article 40 a quoi sert le ministre de la justice ? 

En France, les victimes d'infraction à la loi sont, aux mieux ignorés, plus généralement méprisées, et aux pires enfoncés par la Justice qui a pour vocation première de protéger personnalités, notables, confrères magistrats, avocats, notaires, banques, assurances et autres multinationales.

L'institution judiciaire est toute-puissante puisqu'elle échappe à tout contrôle et qu'il n'existe aucun contre-pouvoir. Or, démocratie et toute-puissance font rarement bon ménage. Si les juges et les auxiliaires de justice sont tout-puissants, où est la démocratie ? Le peuple n'a pas à être dépossédé de sa souveraineté, alors que la justice est rendue en son nom. Il est du devoir des politiques de relayer la voix du peuple, ce qui commence... par l'entendre

« Je ne suis pas là pour rassurer le citoyen, je suis là pour qu’il réagisse. »


Que peut faire le citoyen ?

 « Le citoyen doit descendre dans la rue en disant : assainissement de l’économie. Quand je vois la jeunesse manifester pour le climat, je lui dis de manifester aussi pour la justice et l’assainissement de l’économie. C’est urgent. En plus, les deux se tiennent. À même cause, même effet. Il faut se battre contre la criminalité financière. Il faudrait la Greta Thunberg de l’assainissement économique. Tant que le citoyen n’en prendra pas conscience et ne le dénoncera pas, le monde politique ne bougera pas. C’est comme pour la problématique du climat. Les partis n’ont réellement bougé que quand le public est descendu dans la rue. »

Vincent Liévin


Publié le vendredi 28 Janvier 2022 à 15h10

Le monde politique, comprend-il l’ampleur du problème ?


« Dans ce domaine, je pense que nous sommes confrontés à un manque de formation du monde politique. »

Il faut prévoir des master class pour le monde politique ?

« Nous sommes là pour leur expliquer quand nous allons dans des commissions au Parlement. Certains comprennent, mais ils manquent de moyens d’action. J’entends des politiques se plaindre, mais cela ne suffit pas de se plaindre, il faut des actes et mettre en exécution des lois. »

Cela met en danger la démocratie sociale ?

« Nous allons la perdre à cause de cela. C’est terrible. Il est plus facile pour certains partis politiques de dire, je vais participer à l’assainissement du climat que de dire, je vais prendre des mesures qui vont déplaire à mon électorat. Cela amène de nombreuses faillites aussi. »

Que fait notre ministre actuel ?

« Le ministre de la justice Van Quikenborne a émis une note pour dire ce qu’il allait faire pour lutter contre la criminalité financière. C’est affligeant. “Contre la manipulation, le mensonge, C’est une déclaration d’intention irréalisable et non réalisée. Il annonce l’engagement de 600 policiers, mais ce n’est pas de sa compétence, il annonce l’engagement d’experts… Quand Paul Magnette annonce qu’il va redynamiser le ministère des finances, il annonce un milliard, mais je ne l’ai toujours pas vu. Cette administration souffre d’un manque de moyens et de personnel… »

C’est toudis lès p’tits qu’on spotche ?

« Plutôt que d’emmerder le bistrotier, il faut suivre les transferts des multinationales. »


Avec moins de fraudes, il y aurait plus d’emplois ?

« Tout irait mieux. On rendrait la fiscalité plus simple et moins lourde. »

Comment changer notre fiscalité ?

« Il faut peut-être brûler le code et le réécrire. Si on avait plus de moyens, on pourrait en donner plus à la culture, aux soins de santé, à l’enseignement, à la justice… Nous manquons de personnes au tribunal de première instance. Comment fait-on ? La justice familiale ne fonctionne plus du tout non plus. »

Publié le vendredi 28 Janvier 2022 à 15h13

Un autre projet de livre. – Isopix

« Le roman est un plaisir personnel, le plaisir de l’écrire et une autre manière de sensibiliser le citoyen à cette problématique. J’ai la chance en plus d’avoir des rencontres avec les lecteurs qui sont souvent très riches. »


Il y a une différence entre le juge et l’écrivain ?

« Au lecteur dans mes livres que je dédicace, je signe Michel et les mandats d’arrêt, je signe Claise. »

Un prochain projet de livre ?

« Oui. Mon problème n’est pas la peur de la page blanche, mais d’avoir le temps de l’écrire. Surtout que je suis très investi dans le milieu culturel et que j’ai une vie privée très riche. Quand je travaille sur un livre, je le conçois pendant l’année, je fais des recherches… et j’écris pendant les congés. Je ne m’enferme pas, mais je suis un lève-tôt et je travaille deux trois heures par jour. Je commence à 6h du matin avec de la musique classique. Je dis toujours que c’est une main mystérieuse qui nous pousse dans le dos et qu’il ne faut surtout pas se retourner… »

Encore le temps pour une vie de famille ?

« J’ai deux fils de 30 et 25 ans et je m’entends très bien avec eux. Dernièrement, j’ai rejoint mon fils aîné en Colombie. J’ai été sur la tombe de Pablo Escobar… »

La transmission est essentielle pour vous ?

« J’ai toujours aimé l’enseignement. C’est la transmission. C’est le mot le plus magique du monde. C’est notre part d’immortalité. »

Publié le vendredi 28 Janvier 2022 à 15h14

«La corruption chez nous est à tous les niveaux.» – Photonews

À votre niveau que pouvez-vous faire pour que cela change ?

« Je donne des cours, je participe à des conférences internationales, je prends la parole pour sensibiliser, mais rien ne bouge. Je participe comme expert à la commission des finances de la Chambre.

Nous avons préconisé des choses et rien n’a été pris en considération. Je suis également expert au groupe de répression au Conseil de l’Europe. La Belgique a été évaluée et une trentaine de recommandations nous ont été adressées pour juin 2021. Rien n’a été fait. »

Qu’en tirez-vous comme conclusion ?

« La Belgique est un pays corrompu… et malgré tout, personne ne réagit. Et quand je le dis, on me dit que je fais le lit de l’extrême droite. Quelle bête remarque. Ce n’est pas moi qui fais le lit de l’extrême droite. Quand on prend un mauvais médicament, on meurt du médicament et pas d’avoir lu la posologie. »

Que peut faire la police à son niveau ?

« La corruption chez nous est à tous les niveaux même chez les policiers. Le monde politique n’est pas épargné, vous voyez ce qui s’est passé dernièrement à Liège. Mais ce ne sont que des gouttes d’eau de l’iceberg. Il faut que personne ne se sente à l’abri. La peur du gendarme. »

Comment agir ?


« Il faudrait avant tout prendre en considération le phénomène, ce qui n’est pas le cas actuellement. On manque de moyens policiers et au niveau de la magistrature. C’est une constatation. »

L’état des bâtiments de justice ?

« C’est une excellente question. Ce n’est pas décent. Au-delà des lieux de travail, il y a le manque de moyens techniques : voitures… J’ai beau le dire, jamais personne n’est venu me dire que j’ai tort. Un collègue m’a dit, « ils attendent que tu prennes ta pension. » Je peux vous dire que ce n’est pas tout de suite. »

Comment trouver les moyens ?

« En allant chercher l’argent dans la poche des organisations criminelles et des fraudeurs traditionnels. Il faut arrêter le robinet qui coule et retrouver l’argent. Le monde politique et les citoyens doivent donc comprendre qu’il s’agit d’un phénomène prioritaire. La criminalité financière est crapuleuse avec des gens qui commettent des meurtres, qui blanchissent… »

Publié le vendredi 28 Janvier 2022 à 15h15

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