Plaidoyer pour un Front populaire du 21e siècle

Le contexte politique de notre pays est malsain, nous le savons depuis la montée du FN dans la période où François Mitterrand a préféré choisir l'Europe affairiste que la gauche. A l'époque déjà, nombre de militants se sont retrouvés orphelins que quelque chose. Alors comment sortir de la paralysie à gauche ?

Les militants de la gauche dite traditionnelle se sont souvent dispersés dans les organisations qui ont suivi l'implosion d'hier. Le Front de gauche n'a pas résisté à cette tendance à la dispersion et au chacun pour soi, Jean Luc Mélenchon créant son propre mouvement pour ne pas avoir à dépendre des autres dans une machine électorale qui a fixé son but l'Élysée, dans la droite ligne de la méthode Mitterrand.

Les communistes, de leur côté, ont résisté à l'extinction et retrouvé des forces dans le combat démocratique et social. D'autres on jeté l'éponge, mais tout ce monde s'est retrouvé dans le réveil d'un mouvement social inédit.

Un potentiel énorme, dans la droite ligne d'une histoire française forte, dans lequel les citoyens trouvent leur place, avec les syndicats et/ou les gilets jaunes, est en train de germer malgré la répression de l'État qui ne sait être que policier.

Sur le plan électoral, la menace lepéniste paralyse une partie importante des citoyens. Si elle existe, c'est que la gauche n'a pas compris dans son ensemble l'urgence d'offrir une alternative crédible à la situation actuelle. Et ce décalage crée des illusions dans le confort populiste. L'échéance municipale montre qu'il reste du chemin à faire pour rattraper le temps perdu, d'autant qu'une autre élection risque de créer ensuite l'illusion. Le chacun pour soi risque de jouer à fond en fonction de la poussée ou non des uns et des autres aux élections municipales. On en voit même qui ont peur d'une dissolution de l'Assemblée pour cause de danger lepéniste et freinent des "quatre" pieds pour ne pas sortir du statut quo... Vu l'ambiance délétère, le réflexe "plus écologiste que moi du meurs" se renforce au point de donner des ailes à ceux qui, en France comme dans d'autres pays, n'ont pas peur de s'allier avec la pire droite pour prendre le pouvoir et créer l'illusion d'un capitalisme vertueux bardé de fleurs dont il ne restera en conclusion que les chrysanthèmes.

Dans ce contexte pour le moins inquiétant et déshonorant pour le mouvement social, les communistes jouent un rôle salutaire. Certes, ils n'ont pas encore la force de changer ce tableau marécageux qui permet à Macron d'espérer se maintenir, voir à Marie Le Pen de réaliser un miracle religieux. Mais ils ont fait le choix de faire évoluer les choses dans le bon sens. Au moment où ils peuvent fêter avec fierté les 100 ans de la création du PCF, c'est dans l'action pour un Front populaire du 21e siècle qu'ils prouvent leur grande utilité, n'en déplaise à ceux qui ne les aiment que morts, voir plus, dans le néant.

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