l'Espagne à la croisée des chemins

L'Espagne est rongée par un conflit qui bloque son fonctionnement démocratique. Il faut que la gauche saisisse l'opportunité d'un règlement pour empêcher la droite de revenir au pouvoir. C'est aujourd'hui possible avec ceux qui, parmi les indépendantistes catalans, refusent de pratiquer la politique du pire.

Le roi bourbon a fait savoir son désagrément face aux négociations que mène le socialiste Sanchez avec la gauche catalane indépendantiste, ERC. Nous savons en France, par la voix de Manuel Valls, que le rêve des forces réactionnaires et patronales était de favoriser un accord PP/PSOE pour "sauver" l'unité de l'Espagne, avec le soutien de VOX, extrême droite franquiste qui menace la démocratie espagnole depuis le procès de Madrid notamment.

La gauche espagnole, PSOE et IU-PODEMOS, n'a qu'un seul choix aujourd'hui, celui d'empêcher les nostalgiques de Franco de revenir en force au pouvoir, ce qui serait le cas s'il y avait de nouvelle élections. N'en doutons pas, la question catalane a servi de prétexte à bloquer toute possibilité d'avancée démocratique et sociale dans toute l'Espagne. 

La Catalogne est une région dont l'histoire est emprunte d'une lutte sans merci contre le Franquisme et l'obscurantisme, notamment religieux. Elle l'a payé très cher. Elle ne mérite pas qu'on la classe dans le camp des soit-disant "égoïstes" de la géopolitique. Rien à voir avec la Ligue du Nord en Italie qui s'inspire du fascisme mussolinien. 

Raison de plus pour que la situation se débloque et pour que la Catalogne retrouve toute sa place, notamment par la libération de TOUTES ET TOUS les prisonniers qui ont été condamnés à 104 ans de prison à 9 pour avoir voulu favoriser  l'autodétermination des Catalans face à l'intransigeance du pouvoir central de Madrid investi par le Parti Populaire néofranquiste.

Le 9 décembre, à Montpellier, la LDH organisait, avec le collectif pour la solidarité avec la Catalogne, dans les locaux de l'association coopérative, la Carmagnole, une réunion qui a permis de bien comprendre les tenants et aboutissants d'une situation qui ne peut se satisfaire de raccourcis simplistes. Parmi les intervenants, Dominique Noguères, vice présidente de la LDH ainsi que Mercé Barcelo, professeur de droit constitutionnel à l'Université de Barcelone ont détricoté le processus du procès de Madrid et apporté une analyse historique et juridique étayée de la crise catalane.

 

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