Macron et le séparatisme

En critiquant le séparatisme religieux incarné spécialement aujourd'hui par l'islam, Macron a raison, car il menace la République et sa laïcité. Mais il a tort d'y voir un dévoiement de cette religion. Celle-ci se réclame d'une parole divine, exprimée dans le Coran,qui doit être entendue à la lettre. Or c'est la pire des religions dans ses dogmes, ce qu'on ignore trop souvent.

                                                           Macron et le séparatisme 

Alors que je me situe dans un camp politique totalement opposé au libéralisme économique de Macron (je l’ai écrit ici même) qui en fait un homme politique de droite et lorgnant vers la droite pour se faire réélire président, l’honnêteté intellectuelle à laquelle je tiens beaucoup m’oblige à saluer sa prise de position sur le séparatisme religieux. Il y voit un danger pour la République et la laïcité qui lui est consubstantielle, spécialement lié à l’islam, mais pas seulement puisqu’il s’en prend aussi, à juste titre, au « suprémacisme blanc ».

Un seul regret cependant : qu’il voit dans la menace islamiste un « dévoiement » de cette religion (je le cite) et je voudrais, une nouvelle fois, dire pourquoi, non par une fixation obsessionnelle, d’autres diront « phobique » (tant pis pour eux), sur cette religion mais parce qu’il y a là un vrai problème, chez nous mais aussi à l’échelle de la planète, qu’on ne veut pas voir soit par un calcul visant à gagner l’électorat musulman (même si on peut soupçonner Macron de vouloir, à l’inverse, séduire la droite), mais tout autant par ignorance de ce qu’est l’islam, et l’idée de « dévoiement » lui est due. Sans vouloir répéter des choses que j’ai déjà dites sur ce blog, je voudrais brièvement le montrer ou même le démontrer en deux temps, quitte à étonner dans le second temps.

D’abord, il ne saurait y avoir de dévoiement ou de trahison du message islamique de la part de ses partisans fanatiques, pour une raison simple qu’on ne veut pas admettre, par absence de courage intellectuel : le texte du Coran, fondateur de cette religion, est un texte dit « sacré", formulant un parole divine, celle d’un Dieu, Allah, qui n’est pas susceptible d’être rectifié, corrigé ou « interprété ». Croire l’inverse, c’est le trahir en tant que discours d’un Dieu qui détient la vérité absolue … sauf à ne pas être Dieu, et le texte coranique le proclame explicitement. C’est pourquoi, plus généralement, les trois religions monothéistes ont été longtemps dans cette même posture dogmatique, au point de refuser longtemps les résultats des sciences comme, en particulier, la théorie de l’évolution de Darwin. De ce point de vue, le recours à l’interprétation (ou herméneutique) de ces textes par leurs fidèles ou des intellectuels croyants mais aveuglés, est une imposture : c’est une stratégie visant à les sauver sur l’essentiel, quitte à laisser tomber des points jugés tardivement comme étant de détail. C’est en quoi il y a eu un fanatisme religieux, avec ses outrances, son non-respect de la liberté de pensée et ses crimes. Or s’agissant de l’islam, le drame est que son « credo » est le pire qui soit dans de nombreux domaines : j’évoque à peine sa Charia qui organise la vie collective en ôtant au peuple sa souveraineté politique, la domination proclamée de l’homme sur la femme dans différents registres, avec sa justification de la polygamie, sa condamnation particulièrement atroce de l’homosexualité (que les musulmans pratiquent par ailleurs sans remords), son amour interhumain restreint sans problème aux membres de l’Oumma, c’est-à-dire à la communauté des croyants, etc.

Or,s’agissant de cet amour interhumain totalement restreint, contrairement à celui que préconise l’Evangile chrétien, universel lui, je voudrais indiquer, sans la moindre pudeur, un incident personnel de ma vie, authentique donc, qui m’est arrivé alors que je venais de publier mon livre sur l’islam (chez H§O) et qui m’a marqué définitivement parce qu’il est réellement significatif. Rencontrant en Italie (à Padoue très exactement), dans un jardin public une femme musulmane parlant très bien le français à qui je demandai ce qu’elle pensait de sa religion (je passe sur le détail de cet échange), elle me répondit que si l’on n’était pas convaincu de sa vérité, on était exclu. Et quand je lui demandai ce que cela voulait dire, elle me répondit : « On vous tue », texto. Et elle ajouta que, de toute façon, dans son pays, il n’y  avait pas d’athées. Je pensai par devers moi : interdits ou tués ? Or ce propos ne faisait que traduire ce qu’il y a dans le Coran (hormis quelques passages plus souples) : l’exclusion dans un premier temps, et la mise à mort dans un second temps, des infidèles, partisans d’une autre foi, et, surtout, des incroyants, les athées donc,  condamnés à la mort. Que ceux qui ne me croient pas – je pense ici à E. Pleynel, très islamophile  –  lisent le texte et ils seront ahuris et, comme moi je le suppose, déprimés, voire scandalisés par le fait qu’on ait la moindre complaisance à l’égard de  cette religion inhumaine et mortifère - ce qui ne signifie pas que la majorité des musulmans, de fait, la  pratiquent sur ce mode. Mais sont-ils encore de vrais musulmans?. Ce propos, je le signale, est celui d’un intellectuel de conviction communiste, inspiré par Marx, sa critique intransigeante des religions venant de son souci d’émancipation des hommes et qui regrette de ne pas être entendu dans son propre camp politique, pour l’instant en tout cas.

Toujours est-il qu’il faut combattre tout ce qui peut séparer les hommes dans une communauté républicaine et laïque, et les opposer entre eux sur la base artificielle de convictions religieuses ou non religieuses. Nous avons bien d’autres raisons, profanes , d’être en conflits, hélas. Point n’est besoin d’en rajouter sans raisons objectives !

                                                                  Yvon Quiniou

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