Quelle stigmatisation des musulmans?

Un texte "Cent voix musulmanes" s'en prend d'une manière indigne, malhonnête et violente, à ceux qui critiquent avec courage et lucidité la religion musulmane. C'est refuser de voir les défauts inadmissibles du Coran: son dogmatisme, l'atteinte aux diverses libertés individuelles qu'il préconise ainsi qu'au statut de la femme, etc. Cette critique est donc légitime moralement et politiquement.

                                                  Quelle stigmatisation des musulmans ? 

J’avoue être scandalisé par l’écho donné par Médiapart aux « Cents voix musulmanes », surtout à la suite de ce qui vient de m’arriver et que je raconterai brièvement in fine, en NB. Je vais commenter quelques affirmations de ce texte, proprement ahurissantes, injustifiées, mensongères et indignes. C’est le philosophe progressiste et anti-raciste que je suis depuis  toujours qui s’exprime ici et les lecteurs de Médiapart doivent le savoir.

1 Macron aurait une stratégie politique quand il dénonce le séparatisme islamique ? C’est une critique externe et non directe de sa position et, surtout, qui vaut tout autant pour ceux qui, à gauche, soutiennent l’Islam pour garder ou gagner des électeurs dans les banlieues ouvrières.

2 Le libre choix de l’Islam qu’on ne respecterait pas ? Que dire alors du conditionnement idéologique dont ses partisans sont l’objet depuis leur enfance dans leurs pays respectifs et dans leurs familles respectives ?. Cela est aussi le cas de bien d’autres religions qui endoctrinent les enfants ou les intègrent à leur religion, par exemple s’agissant des catholiques  en les baptisant! Mais l’islam est totalement rigoriste à ce niveau déjà. Se souvient-on de Rousseau, ce magnifique défenseur de la liberté de pensée qui demandait qu’on ne parle pas aux jeunes de religion avant qu’ils ne soient à même, c’est-à-dire en âge  de choisir de croire ou de ne pas croire en toute conscience informée et mûre ?

3  La mise sous contrôle des musulmans ? Inexact au sens où ce qui est contrôlé, à juste titre –et cela vaut pour toutes les religions dans une République – ce sont ses excès de parole et de comportement quand ceux-ci portent atteinte au vivre-ensemble public et au respect humain que les êtres humains se doivent hors de toute croyance ou incroyance. A-t-on oublié les crimes récents dont cette religion a été coupable et dont on va l’innocenter en disant qu’ils relèvent d’extrémistes ? Se rend-on compte que dans « islamisme » il y a « islam », comme dans « christianisme » il y a « chrétien » … sauf qu’il n’y a plus de crimes qu’on puisse attribuer de nos jours à ce dernier ?  Il faut donc s’interroger et l’interroger sur la continuité logique entre l’islam et l’islamisme, continuité logique que seule la lâcheté intellectuelle et politique empêche de percevoir. Il relève donc de l’Etat, dans un état de droit, de se prémunir contre l’islam politique, potentiellement meurtrier, et cela est non seulement légitime, mais nécessaire, impératif et parfaitement normal : conforme aux normes d’un Etat voulant assurer la paix civile et l’égalité des êtres humains, hommes et femmes confondus.  Ou encore,  doit-on ne pas contrôler leurs discours et leur enseignement quand ils s’opposent aux acquis de la science lorsqu’elle touche à l’homme, comme ceux du darwinisme ? Plus largement : veut-on revenir à l’Inquisition concernant les savants  et revenir à l’époque de Galilée, version musulmane ?

4 La critique de leur Dieu ? Mais quel est ce Dieu qui interdit la libre pensée et impose sa loi, la Charia, au peuple et le destitue de sa souveraineté politique, sans compter le dogmatisme absolu de son message qui voue les partisans d’un autre credo comme les polythéistes autrefois, les partisans d’un autre Dieu que le leur et, a fortiori les incroyants ou les athées (ce n’est pareil) à la mort ? Ce que je dis là est dans le texte coranique que beaucoup de ses défenseurs n’ont pas lu. Ce qui ne signifie pas qu’il n’est que cela, mais à 80 pour100, il est dans ce domaine aussi totalitaire.

5 La restriction des libertés ? C’est faux dans une république comme la nôtre… sauf quand ladite « liberté religieuse » porte atteinte à la liberté des autres, en particulier dans le domaine des mœurs ou, en interne, à la liberté des femmes –  liberté que les militantes féministes réclament dans leur propre pays musulman. Où est cette liberté en Algérie, pour ne prendre que cet exemple, quand c’est la loi de l’homme qui prévaut ? Qui impose la polygamie ou l’inégalité dans l’héritage des femmes ?

6 Les services publics seraient le lieu où sévirait la délation ou de dévoiement à des fins de surveillance des individus. C’est là une vision imbécile de la laïcité qui s’impose dans ceux-ci, dont l’Ecole, dans lesquels nul prosélytisme partisan n’est tolérable. Et dans l’Ecole, la neutralité obligatoire dans le domaine religieux (discours, signes vestimentaires, exceptions ou entorses à la vie scolaire, etc.,)  n’a d’autre ambition que de respecter le libre arbitre de chacun. Et elle doit pas être confondue avec une neutralité philosophique : dans les cours de philosophie, par exemple, c’est le pluralisme qui s’impose et non l’interdiction d’avoir une option raisonnée personnelle… ce qui n’est pas le cas dans les écoles musulmanes ! De ce point de vue, les musulmans qui s’expriment dans ce texte ont inventé le symétrique de ce qu’ils croient être l’islamophobie, cette notion injurieuse : la laîcitophobie, qui est bien une « phobie » déraisonnable et fanatique, contrairement à l’autre qui n’est que le nom dévalorisant donné à une critique rationnelle et raisonnable de l’islam animée par un idéal d’émancipation humaine sur tous les plans.

7 Du coup, suprême injure, la critique saine de l’islam relèverait du racisme ! S’exprimer ainsi relève d’une malhonnêteté rare, à nouveau. S’il est vrai que, à l’extrême-droite un pareil racisme existe qui se cache derrière un argumentaire mensonger issu de l’ignorance ou de la haine raciale  (voir Zemmour dont on oublie alors que la justice française le condamne à juste titre), ceux qui, républicains ou de gauche, comme moi, s’en prennent à l’islam sur le fond, non seulement ne sont en rien racistes (j’ai toujours combattu ce sentiment en tant qu’enseignant sur une base morale et théorique) mais, en plus, ils savent que la notion de race et, a fortiori celle de race inférieure, n’a aucun sens scientifique.

7 Enfin, et pour revenir à la cause féminine, la stigmatisation dont la femme musulmane serait soi-disant l’objet, non seulement relève du pur fantasme mais donne lieu à une inversion de sens radicale. Ceux qui protestent contre toutes les obligations faites aux femmes par la religion musulmane comme le port du voile, partiel ou surtout intégral pour cacher leur corps, la demande de se baigner à part des hommes dans des piscines, l’obligation de porter le burkini, etc., ne le font pas du tout pour les brimer dans leur pseudo liberté mais, au contraire, pour les aider recouvrer leur féminité ainsi abîmée !

On voit donc que derrière ces « cents voix » présumées, il y a la conviction que l’histoire ne peut être le lieu d’un progrès dans toute une série de domaines, progrès qui va dans le sens de l’émancipation humaine et d’une émancipation effectivement universelle. Or c’est bien là un enjeu majeur de la critique de l’islam, même si on doit admettre que tous les musulmans ne tombent pas sous le coup de cette critique : il s’agit justement de l’Universel ou de l’Universalisme dont une certaine gauche, peureuse ou islamophile, qui a perdu son « âme », prétend, comme bien  des musulmans donc (pas tous, je le répète, heureusement), qu’il est totalitaire. Et cela au nom d’une nouvelle idéologie de la différence – le différentialisme, voire le racialisme (eh oui !) – dont la conséquence évidente est d’enfermer les groupes humains dans des particularismes substantialisés, qui tend à les opposer ! C’est ainsi aussi que l’on régresse vers le nationalisme ou le communautarisme dont les derniers exemples nous sont fournis par de Villiers ou Onfray, ancien gauchiste, ou encore la revue Eléments d’A. de Benoist. Comme quoi les extrêmes peuvent se rejoindre dans le pire.

                                                             Yvon Quiniou 

NB : Je viens, avant-hier, d’être victime d’une agression verbale proprement inhumaine. Chez un marchand de vin ouvert à la discussion et avec qui je parlais, en bien, des positions de Macron sur le séparatisme, je me suis fait insulter avec une violence inouïe pat une femme musulmane qui était là et avait entendu mes propos. Elle me traita de raciste, de fasciste, me menaça de violences sexuelles d’une grossièreté telle que je ne les précise pas et, pour finir, m’indiqua que si elle avait une kalachnikov, elle l’utiliserait pour me tirer directement dans la tête. J’en fus terriblement meurtri et, hélas, conforté dans mon appréhension critique de l’islam, à un tout petit niveau de ma vie quotidienne… mais terriblement révélateur!

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